Bennett: le Premier ministre est distrait, manque de vision et accuse les autres
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Bennett: le Premier ministre est distrait, manque de vision et accuse les autres

Le dirigeant de Yamina compare Netanyahu de manière défavorable aux anciens dirigeants israéliens ; Lapid dit qu'Israël n'est plus un pays qui fonctionne

Naftali Bennett en visite dans la ville ultra-orthodoxe d'Elad, le 6 septembre 2020. (FLASH90)
Naftali Bennett en visite dans la ville ultra-orthodoxe d'Elad, le 6 septembre 2020. (FLASH90)

Les dirigeants de l’opposition ont critiqué mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour la gestion par son gouvernement de la pandémie de coronavirus, l’un des rivaux du Premier ministre l’accusant d’avoir été distrait de la tâche à accomplir.

Le député Naftali Bennett, dont le parti sioniste-religieux Yamina a fait un bond dans les sondages après avoir critiqué la façon dont le gouvernement gérait le virus depuis qu’il l’a quitté en mai, a violemment reproché au Premier ministre de rejeter la responsabilité de la situation sur quelqu’un d’autre que lui-même.

« Nous sommes au plus fort de la crise la plus grave qui a frappé Israël et le Premier ministre dit que tout le monde est responsable et que c’est la faute de tout le monde », a déclaré M. Bennett. « Ils sont également responsables du fait que depuis le mois d’avril, nous n’avons pas ajouté un seul lit dans les hôpitaux.

« C’est juste un manque de leadership », a-t-il dit. « Et ensuite il envoie ses représentants partout [pour accuser les autres]. »

Le mois dernier, une commission de la Knesset a appris qu’Israël avait seulement réussi à augmenter sa capacité hospitalière de 19 lits depuis le début de la pandémie de coronavirus. Alors que les hôpitaux sont débordés dans tout le pays, le ministre de la Défense Benny Gantz a ordonné lundi à l’armée de se préparer à créer un hôpital de campagne pour les patients atteints de coronavirus.

Le personnel du Centre médical Shamir dans le service de traitement du coronavirus de l’hôpital à Beer Yaakov, près de Tel Aviv, le 20 août 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Bennett a attaqué le Premier ministre, disant qu’il ne s’occupait pas de la pandémie.

« Je ne me souviens d’aucun dirigeant en temps de guerre – ni Begin, ni Eshkol, ni Golda – qui se soit occupé d’autres questions », a déclaré M. Bennett, en citant d’anciens Premiers ministres.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une cérémonie à la mémoire de l’ancienne Première ministre Golda Meir au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem, le 18 novembre 2018. (Menahem Kahana/AFP)

Netanyahu est sous le feu des critiques pour sa gestion de la pandémie alors qu’il est accusé de corruption, ainsi que pour s’être rendu aux États-Unis pour la signature d’accords avec les Émirats arabes unis et le Bahreïn alors que le pays se dirigeait vers un deuxième confinement national.

Bennett a critiqué la réaction du pays aux coronavirus depuis qu’il s’est retrouvé dans l’opposition à la suite des élections de mars. Il était auparavant sous la direction du Premier ministre depuis 2013.

Il a été une épine dans le pied de Netanyahu, et est considéré par certains comme un possible challenger du Premier ministre lors des prochaines élections, au même titre que le leader de l’opposition Yair Lapid, qui a déclaré mardi que les actions du gouvernement avaient privé le public de son droit de vivre dans un Etat qui fonctionne.

Le chef de l’opposition Yair Lapid de Yesh Atid-Telem est photographié lors d’un entretien avec l’AFP à son bureau de la Knesset, à Jérusalem, le 14 septembre 2020. (Emmanuel DUNAND/AFP)

« Ils nous ont enlevé le droit de vivre dans un pays qui fonctionne, avec un gouvernement qui fonctionne et un Premier ministre qui fonctionne. Nous méritons mieux », a déclaré M. Lapid.

En plus des attaques des députés, Netanyahu est confronté à des semaines de protestations publiques contre son leadership et sa gestion de la crise du virus.

Malgré les premiers succès obtenus dans la lutte contre la pandémie, Israël est devenu ces dernières semaines l’un des pays ayant le plus grand nombre de cas quotidiens par habitant, et a dépassé les États-Unis ces derniers jours en ce qui concerne le nombre total de cas par habitant.

Israël est entré vendredi dans la deuxième phase de bouclage national du pays contre le coronavirus, marquant la première fois dans le monde qu’un pays avancé impose un bouclage supplémentaire pour enrayer la pandémie.

Le gouvernement de Netanyahu avait essayé diverses mesures au cours des derniers mois pour éviter un bouclage total, comme les fermetures le week-end, mais il a fait marche arrière à plusieurs reprises face à l’opposition.

Au début de ce mois, la coalition a tenté d’imposer des bouclages localisés dans des endroits où le taux d’infection est élevé, pour ensuite déclasser la mesure en couvre-feux et en fermetures d’écoles après avoir fait face à d’importantes pressions de la part de responsables ultra-orthodoxes, dont le Premier ministre a besoin du soutien.

Des juifs ultra-orthodoxes pendant la prière du matin dans une synagogue lors d’un confinement national de trois semaines pour freiner la propagation du coronavirus, à Bnei Brak, le 21 septembre 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Le gouvernement a également été confronté à un recul important de la part de nombreuses petites entreprises, affirmant qu’elles ne survivront pas à la difficulté économique d’une nouvelle fermeture prolongée et qu’elles ne croient guère aux promesses du gouvernement concernant d’éventuelles compensations.

L’agence de l’emploi a déclaré mardi que plus de 28 000 Israéliens s’étaient inscrits aux allocations de chômage au cours des 24 heures précédentes, ce qui porte le nombre total de chômeurs à 802 314, dont 472 734 placés en congé sans solde par les employeurs. Plus de 70 000 personnes ont été licenciées depuis jeudi, un jour avant le début du bouclage national.

Des cafés et restaurants fermés à Tel Aviv, le 22 septembre 2020. (Miriam Alster/Flash90)
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