Bennett rejette le « gouvernement du changement » suite aux émeutes
Rechercher

Bennett rejette le « gouvernement du changement » suite aux émeutes

Reprenant les discussions avec le Likud, le leader de Yamina a notamment dit à ses proches que "lorsqu'il y a une vague de pogroms de la part des Arabes, ça change tout"

Le leader de Yamina Naftali Bennett pendant une réunion de faction à la Knesset, le 6 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le leader de Yamina Naftali Bennett pendant une réunion de faction à la Knesset, le 6 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, a exclu jeudi l’option de former un gouvernement avec le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, qui serait venu remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu, citant les émeutes et le chaos qui agitent tout Israël alors qu’extrémistes juifs et bandes arabes vandalisent et terrorisent de nombreuses villes.

Jusqu’au début du conflit avec Gaza, cette semaine, et les violences entre Juifs et Arabes qui ont suivi, Bennett était à un stade avancé de négociations visant la formation d’un gouvernement de partage du pouvoir avec Lapid, et avec le soutien du parti islamiste Raam.

Toutefois, Raam – une branche locale des Frères musulmans qui est affiliée au Hamas – avait mis un terme aux discussions avec l’escalade des combats avec le Hamas, à Gaza.

Bennett a expliqué dans une discussion privée, jeudi, qu’il pensait qu’un gouvernement dépendant du parti arabe ne serait pas en mesure de relever le défi.

« Quand il y a une vague de pogroms de la part des Arabes dans le pays et quand les forces de l’armée israélienne doivent être déployées, ça change tout », a-t-il déclaré, selon une source. « Le gouvernement du changement actuellement en cours de formation ne sera pas capable de prendre cela en charge ».

Il a indiqué que la situation sécuritaire était la priorité et qu’il œuvrait à former « un large gouvernement d’unité nationale ».

Une source politique a fait savoir au Times of Israel, sous couvert d’anonymat, que Bennett avait repris ses négociations avec le Likud suite à la situation d’urgence et que les équipes des deux parties s’étaient rencontrées jeudi.

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, aurait trouvé un accord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le responsable de Raam pour soutenir l’initiative du chef du gouvernement d’organiser des élections directes pour désigner le Premier ministre -une initiative réclamée par Netanyahu, qui permettrait de sortir le pays de l’impasse politique et de cimenter son pouvoir.

Selon la Douzième chaîne, dans le cadre de cet accord, Bennett et sa numéro 2, Ayelet Shaked, auraient des places réservées sur la liste électorale de Netanyahu et ils seraient désignés ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères.

Le type de coalition que Netanyahu pourrait espérer former reste indéterminé – à moins qu’il ne parvienne à convaincre d’autres formations, comme Tikva Hadasha, de se rallier à lui. Tikva Hadasha a juré avant les dernières élections et depuis de ne jamais le faire, mais pourrait subir de nouvelles pressions pour changer son positionnement à cause de la crise nationale.

Réagissant à la nouvelle, Lapid – qui est actuellement chargé de former un gouvernement et qui a jusqu’au 2 juin pour le faire – a promis de continuer ses efforts.

« Bennett a tort et, pour ma part, je continuerai à retourner toutes les pierres pour former un gouvernement », a dit Lapid dans une conférence de presse. « On ne change pas les choses quand c’est agréable, on le fait parce qu’il faut le faire. Je continuerai à œuvrer pour mettre en place un gouvernement et si nécessaire, on ira vers un nouveau scrutin et on l’emportera ».

Le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Le responsable du parti Raam, Mansour Abbas, a dit que Bennett l’avait informé de sa décision. Il a indiqué ne pas exclure de soutenir des élections directes, ajoutant que le parti prendrait en considération une telle proposition si elle incluait un accord suffisamment profitable au public arabe.

Abbas avait dit, jeudi matin, que toutes les discussions de coalition avaient été gelées en raison des violences entre Juifs et arabes israéliens dans tout le pays.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...