Benny Gantz : « l’hystérie » sur l’accord nucléaire est injustifiée
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Benny Gantz : « l’hystérie » sur l’accord nucléaire est injustifiée

L'ancien chef d'état-major estime qu'un meilleur accord aurait pu être conclu, mais loue le succès de la diplomatie dans la prévention de la guerre

L'ancien chef d'état-major Benny Gantz au Washington Institute, le 25 septembre 2015 (Crédit : capture d'écran Washington Institute)
L'ancien chef d'état-major Benny Gantz au Washington Institute, le 25 septembre 2015 (Crédit : capture d'écran Washington Institute)

WASHINGTON – L’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz a déclaré vendredi qu’il n’était pas plus préoccupé par la sécurité d’Israël, après la signature de l’accord nucléaire entre Téhéran et les puissances mondiales, ajoutant qu’il a vu les avantages de l’accord, qui selon lui, a empêché la guerre. L’accord, a-t-il dit, était un cas de « coupe à moitié pleine. »

« Je refuse de devenir hystérique » en raison de l’accord sur le nucléaire, a-t-il dit vendredi matin devant un forum de décideurs et d’analystes (la vidéo intégrale ici) à Washington, faisant apparement référence à la condamnation officielle de l’accord par Israël.

Alors que Gantz, qui a terminé en février son mandat à la tête de l’armée israélienne, ait déclaré qu’un meilleur accord aurait été possible, il a également reconnu le succès de l’accord final en prévenant un Iran nucléaire pendant au moins 10 à 15 ans. La diplomatie, selon lui, a empêché la guerre d’éclater.

La position de Gantz semblait éloignée de celles exprimées par la majorité des dirigeants d’Israël depuis la signature de l’accord en juillet. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été un farouche adversaire de l’accord, et sous sa direction des responsables israéliens ont fait fortement pression contre sa mise en œuvre.

Au cours de la conférence au Zeev Schiff Memorial, prononcé au Washington Institute for Near East Policy, Gantz a déclaré qu’il croyait que l’Iran était plus une menace pour le monde et la région qu’il ne l’était pour Israël.

Si Israël parvient à la conclusion « qu’il doit agir, » a-t-il dit dans une session de questions/reponses après son exposé, « alors je suppose qu’il agira. « En tant qu’État souverain, a-t-il précisé, « Israël a le droit d’agir. »

Il a dit qu’Israël et les USA « partagent des intérêts identiques » en ce qui concerne l’Iran, et a recommandé à Israël de maintenir une relation la plus étroite possible avec les États-Unis.

Parlant de la situation stratégique régionale, Gantz a déclaré qu’il n’était « pas inquiet de la situation de la sécurité d’Israël » par rapport au programme nucléaire iranien, mais a plutôt jugé qu’il s’agissait d’un « problème mondial qui affecte le Bab al-Mandeb [détroit entre le Yémen et Djibouti] et les autres routes maritimes. »

« Ensuite, c’est une question régionale, et seulement après un défi israélien », a souligné Gantz.

Tout en reconnaissant que le plan global d’action conjoint conclu cet été avec l’Iran était imparfait, l’ancien chef d’état-major de Tsahal a dit qu’il pouvait aussi regarder le « verre à moitié plein », citant ce qu’il a décrit comme « la réussite d’avoir retardé les Iraniens pour 10 à 15 ans, en limitant leurs capacités nucléaires à un juste prix ».

Gantz a souligné qu’il « considérait l’accord comme un fait accompli, et qu’il fallait regarder vers le futur. »

Dans le nouvel environnement créé par l’accord, Gantz a estimé qu’Israël doit étendre ses capacités de renseignement, tout en continuant à développer des capacités défensives et offensives qui « seront utilisées soit comme moyen de dissuasion soit pour des besoins opérationnels. »
 
En outre, Gantz a affirmé que « nous devons renforcer ceux qui nous entourent et faire tout en notre possible pour éviter la nécessité d’une course aux armements nucléaires. »

« Dernier point et pas des moindres, j’oserais même dire qu’il y a une nécessité d’aller vers le peuple iranien lui-même qui a une très grande base occidentalisée, » suggérant que la population iranienne pourrait peut-être mener à une politique plus modérée.

Tout en préconisant qu’Israël devrait « laisser le monde traiter avec les menaces iraniennes », Gantz a poursuivi en soulignant qu’Israël devait « continuer à promouvoir nos capacités pour faire face à une évolution négative si elle se posait dans l’avenir. »

La même souplesse que Gantz a soulignée dans sa future stratégie envers l’Iran est également une pierre angulaire de ce que Gantz croit être la politique sécuritaire d’Israël dans un Moyen-Orient dynamique.

Face à ce qu’il a décrit comme « l’ambiguïté », l’ancien chef militaire a déclaré : « Israël doit se demander quelle est la manière défensive que vous allez avoir face à un avenir inconnu. » Au cours des dernières années, a-t-il dit, Israël a réussi à conserver une attitude défensive avec des conditions en mutation sur ses frontières égyptienne et syrienne.

Cela, a-t-il dit, exige de sérieuses capacités de défense et de renseignement.

« Cela aurait été plus facile de le faire avec un Etat en face de vous, mais maintenant il y a une pléthore d’acteurs. Cette nouvelle situation nécessite un excellent niveau de renseignement. « Israël, a-t-il dit, devrait chercher à accroître la coopération avec d’autres partenaires étatiques.

Dans le même temps, il a reconnu ce qu’il a décrit comme le soutien « exceptionnel » et « sans précédent » que les États-Unis ont proposé à Israël, notamment à travers son obligation par la loi de maintenir l’avantage militaire qualitatif d’Israël.

Même en discutant de cet aspect, Gantz est retourné à son thème de dynamisme opérationnel.

« Nous devons nous assurer que nos forces soient très hybrides. Nous ne pouvons pas avoir des forces qui traitent de choses militaires, et d’autres forces qui traitent de la terreur », a-t-il expliqué. « Nous devons être très équilibrés entre les armées de l’air, de terre, la cyber-securité , et la marine, » a-t-il soutenu.

« Les scénarios que nous allons voir sont très différents de ceux que nous avions prévus, » a-t-il poursuivi. « Nous allons devoir nous adapter très rapidement à l’avenir. »

En ce qui concerne les Palestiniens, il a reconnu qu’il était davantage question de « coordination » que de « coopération » sur les questions de sécurité, et a déclaré que les Palestiniens devaient savoir que « avec la souveraineté vient la responsabilité. »

La direction palestinienne doit faire preuve de responsabilité, « si elle veut que les Israéliens croient qu’il puisse y avoir un progrès diplomatique. »

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