Berlin : Une école admet n’avoir pas réagi contre le harcèlement d’un élève juif
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Berlin : Une école admet n’avoir pas réagi contre le harcèlement d’un élève juif

Un élève de troisième aurait été harcelé avec des dessins de croix gammées, et on lui aurait dit de penser à ses ancêtres gazés pendant la Shoah

Un participant porte une kippa lors d'un rassemblement "Berlin porte la kippa" pour protester contre l'antisémitisme devant le centre communautaire juif le 25 avril 2018 à Berlin, en Allemagne. (Carsten Koall/Getty Images via JTA)
Un participant porte une kippa lors d'un rassemblement "Berlin porte la kippa" pour protester contre l'antisémitisme devant le centre communautaire juif le 25 avril 2018 à Berlin, en Allemagne. (Carsten Koall/Getty Images via JTA)

Une prestigieuse école internationale de Berlin a reconnu avoir sous-estimé le harcèlement antisémite à l’encontre d’un étudiant juif.

L’administration de l’école John F. Kennedy a confirmé qu’elle a été informée du harcèlement d’un élève de troisième début juin mais qu’elle n’a pas pris de mesures, a rapporté le journal Berliner Zeitung.

Selon certaines informations, le garçon a été intimidé sur le chemin de l’école. Lors d’un incident, un camarade de classe a appuyé une cigarette éteinte sur son visage et a dit à l’adolescent qu’il devrait penser à ses ancêtres qui ont été gazés pendant la Shoah.

Un autre jour, des camarades de classe ont harcelé le garçon avec des dessins marqués de croix gammées. Certains jeunes ont accusé le garçon d’être un « mauvais juif » parce qu’il critiquait à la fois Israël et les Palestiniens dans le cadre du conflit du Moyen-Orient, et il aurait été taquiné pour son physique.

Le Berliner Zeitung a rapporté qu’une jeune fille juive de l’école a également été victime de harcèlement antisémite.

L’administration de l’école a annoncé qu’elle s’occupait de l’affaire avec la municipalité de Berlin et qu’elle prenait des mesures pour éviter que cela ne se reproduise, notamment en discutant avec les éducateurs, les classes et les élèves individuellement. Des rencontres ont eu lieu avec les parents des personnes accusées d’avoir harcelé l’adolescent.

De plus, l’école a entamé des consultations avec l’organisation de surveillance de Berlin, le Forum juif pour la démocratie et contre l’antisémitisme. A partir du prochain trimestre, JFK mettra l’accent sur les valeurs et la discrimination, selon le Berliner Zeitung.

L’école, dont l’anglais et l’allemand sont les langues officielles, compte quelque 1 600 élèves, dont beaucoup sont issus de familles du corps diplomatique, en particulier de l’ambassade des États-Unis. Bien que d’autres incidents récents d’antisémitisme dans les écoles fussent le fait d’élèves musulmans, ce n’était pas le cas ici.

Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, assiste à une conférence de presse après son élection à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne centrale, le 30 novembre 2014. (AFP / Daniel Roland)

Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, a condamné l’incident et a déclaré mercredi qu’il montrait à quel point il était urgent de mettre en place un système de signalement des incidents antisémites dans les écoles.

A LIRE : 73 ans après la Shoah, l’antisémitisme toujours présent en Allemagne

Notant que l’antisémitisme est présent dans toutes les parties de la société, indépendamment de la religion ou de l’origine ethnique, Schuster a déclaré dans un communiqué que « les écoles doivent prendre ces incidents au sérieux et ne pas les mettre sous le tapis ».

Il a ajouté qu’une formation des enseignants et une meilleure vue d’ensemble de la situation contribuerait à la lutte contre l’antisémitisme. À cette fin, il s’est dit en faveur d’un système de signalement à l’échelle nationale pour un large éventail d’incidents, des incidents mineurs aux incidents graves. Il existe déjà quelques services de signalement des incidents.

Le Conseil central des Juifs d’Allemagne, plus tôt cette semaine, a demandé plus de personnel pour aider le nouveau commissaire à l’antisémitisme du gouvernement fédéral.

Les Juifs d’Allemagne « vivent diverses formes d’antisémitisme à plusieurs niveaux » et sur une base quotidienne, a déclaré M. Schuster dans un communiqué mardi.

« Cela ne devrait pas seulement nous préoccuper, nous les Juifs, mais plutôt l’ensemble de la société », a-t-il ajouté.

« Le nouveau commissaire peut apporter une contribution majeure » à la lutte contre la discrimination antijuive, a déclaré M. Schuster, mais seulement s’il bénéficie d’un soutien suffisant de la part du gouvernement.

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