Biden s’en prend à Trump en lançant sa campagne
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Biden s’en prend à Trump en lançant sa campagne

L'ancien vice-président a critiqué l'incapacité du président américain Donald Trump à dénoncer les néo-nazis de Charlottesville

Joe Biden dans la vidéo d'annonce de campagne, le 25 avril 2019. (Capture d'écran : YouTube)
Joe Biden dans la vidéo d'annonce de campagne, le 25 avril 2019. (Capture d'écran : YouTube)

WASHINGTON (JTA) — Joe Biden a lancé sa campagne présidentielle en accusant le président américain Donald Trump de ne pas avoir réussi à dénoncer clairement les néo-nazis qui ont défilé il y a deux ans lors de violentes manifestations.

Ce lancement de campagne a souligné la place que la bataille pour les électeurs juifs occupe déjà dans la campagne, et plus généralement, comment chaque parti cherche à mettre en avant les problèmes d’antisémitisme de l’autre parti.

« Charlottesville en Virginie est la ville d’origine de l’auteur de l’un des plus grands documents de l’histoire humaine », a déclaré l’ancien vice-président dans une vidéo de trois minutes et demi qu’il a publiée jeudi matin. Il faisait référence à Thomas Jefferson, qui a notamment activement contribué à la Déclaration d’Indépendance.

« Charlottesville a aussi été le lieu d’un moment grave pour ce pays au cours des dernières années, a-t-il déclaré. Cela s’est produit en août 2017 que nous avons vu des membres des Ku Klux Klan, des suprémacistes blancs et des néo-nazis se montrer en plein jour ».

Biden s’exprimait sur des images montrant des manifestants déclarant les « Juifs ne nous remplaceront pas ». Il les a décrits comme « les crochets du racisme, scandant la même haine antisémite entendue à travers l’Europe dans les années 1930 ».

Des manifestants nationalistes blancs utilisent des boucliers pour garder l’entrée du parc Lee à Charlottesville en Virginie, le 12 août 2017 (AP Photo/Steve Helber, File)

Biden faisait référence au meurtre de Heather Hyer, une contre-manifestante, qui a été tuée quand un des manifestants a foncé dans la foule avec sa voiture.

« Et c’est quand nous avons entendu les mots du président des Etats-Unis qui ont choqué le monde et la conscience de cette nation. Il a dit qu’il y avait, je cite, ‘des gens très bien des deux côtés’. Des gens très bien des deux côtés ? »

« Par ces mots, le président des Etats-Unis a établi une équivalence morale entre ceux qui diffusent la haine et ceux qui ont le courage de se dresser contre elle. Et à ce moment-là, j’ai su que la menace qui pèse contre cette nation est différente de toutes celles que j’ai vues pendant ma vie ».

Pendant les événements du week-end à Charlottesville, le président a commencé par critiquer la violence dans les deux camps, un jour après, il a condamné le Ku Klux Klan et les néo-nazis, et le mardi suivant il a déclaré qu’il y avait « des gens très bien » dans les deux camps.

Biden est le 20e Démocrate à entrer dans la course pour 2020, et le débat a jusqu’à présent traité une multitude de question, dont l’emploi, la santé, les interventions militaires à l’étranger et les enquêtes de corruption qui visent Trump.

Pourtant, l’ouverture de la campagne de Biden montre à quel point les Démocrates veulent utiliser ce qui a été perçu comme des attaques de Trump vis-à-vis des Musulmans, des Hispaniques, des noirs, des handicapées mais aussi des Juifs dans la course à 2020. Biden, même avant son annonce, était en tête des sondages, et d’autres candidats dans la course n’ont pas hésité à traiter Trump de raciste.

Le président Donald Trump lève le pouce au moment d’embarquer à bord d’Air Force One, sur la base aérienne d’Andrews, dans le Maryland, le 18 avril 2019 (Crédit : AP/Pablo Martinez Monsivais)

Les Républicains veulent changer cette dynamique. Trump et les membres du Congrès se sont focalisés sur des déclarations perçues comme antisémites par une nouvelle élue, Ilhan Omar, et les critiques dures d’Israël par certains candidats démocrates à la présidentielle, en particulier le sénateur Bernie Sanders, qui est juste derrière Biden dans les sondages. Les Républicains ont affirmé que le parti n’a pas fait assez pour censurer Omar et Trump a qualifié les Démocrates « d’anti-juif ».

Biden, qui a des liens profonds avec les Juifs américains et les communautés pro-Israël, a déclaré dans la vidéo que la présidence de Trump était un point de bascule.

« Nous sommes dans une bataille pour l’âme de cette nation, a déclaré Biden. Je crois que l’histoire regardera les quatre années de ce président et tout ce qu’il défend comme un moment d’aberration dans notre histoire. Mais si nous laissons Donald Trump huit années à la Maison Blanche, il transformera pour toujours et fondamentalement le caractère de cette nation, qui nous sommes, et je ne peux pas rester là sans rien à faire et regarder ce qui se passe ».

Trump a utilisé l’expression « gens très bien des deux côtés » trois jours après la violence, dans une conférence de presse au cours de laquelle il cherchait à défendre ses commentaires initiaux du jour de la manifestation quand il a critiqué la violence sur des « nombreux camps ».

« Si vous aviez fait un reportage précis, vous auriez dit que les néo-Nazis ont commencé cela, a-t-il dit lors d’une conférence presse à la Tour Trump à New York. Ils sont venus à Charlottesville. Excusez-moi. Ils ne se sont pas pris pour des néo-nazis. Vous aviez des gens très mauvais dans ce groupe. Vous aviez aussi des gens bien dans les deux camps. Vous aviez des gens dans ce groupe qui étaient là pour protester contre le retrait de la statue, d’une statue qui est très, très importante pour eux et pour protester contre la modification du nom d’un parc de Robert E. Lee en un autre nom ».

Les mots de Trump ont choqué beaucoup d’Américains, et cela a entraîné l’un de ses conseillers juifs, Gary Cohn, à envisager de démissionner.

Ses soutiens ont depuis souligné qu’au moment de dire « gens très bien », il a dit, « vous aviez des gens et je ne parle pas des néo-nazis et des suprémacistes blancs. Ils devraient être totalement condamnés. Vous aviez beaucoup de gens dans ce groupe autre que les néo-nazis et des suprémacistes ».

Même si les manifestations avaient été présentées comme étant là pour défendre la statue des confédérés, un groupe suprémaciste blanc a ouvertement demandé à l’autorisation à manifester. La couverture télévisée en temps réel a permis de montrer que des manifestants portaient des drapeaux néo-nazis, des torches en scandant des slogans racistes et antisémites.

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