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L'IRGC NE SERA PAS RETIRÉ DE LA LISTE NOIRE DES USA

Biden sur l’Iran, la normalisation entre Ryad et Jérusalem et le parti démocrate

Le président américain déclare que la sortie en 2015 du JCPOA était une "erreur gigantesque" de Trump ; les démocrates critiquant Israël sont "peu nombreux" et ont "tort"

Capture d'écran d'une vidéo du président américain Joe Biden, à gauche, parlant avec la présentatrice de la Douzième chaîne, Yonit Levi, à la Maison Blanche à Washington, lors d'une interview diffusée le 13 juillet 2022. (Crédit : Douzième chaîne)
Capture d'écran d'une vidéo du président américain Joe Biden, à gauche, parlant avec la présentatrice de la Douzième chaîne, Yonit Levi, à la Maison Blanche à Washington, lors d'une interview diffusée le 13 juillet 2022. (Crédit : Douzième chaîne)

Le président américain Joe Biden a déclaré à la Douzième chaîne d’information israélienne qu’il n’utiliserait la force contre l’Iran qu’en « dernier recours » pour l’empêcher d’obtenir des armes nucléaires, mais il a souligné qu’il préférait négocier avec les Iraniens.

La présentatrice de la chaîne, Yonit Levi, a interviewé M. Biden quelques heures avant son départ de Washington pour sa première visite en Israël en tant que président. L’interview a été diffusée mercredi soir après l’arrivée de M. Biden dans l’État juif.

A la question de savoir si les Etats-Unis utiliseraient la force pour arrêter le programme nucléaire iranien, Biden a répondu « en dernier recours, oui ».

« L’Iran ne peut pas obtenir l’arme nucléaire », a-t-il dit.

Biden a expliqué pourquoi il pensait que l’accord nucléaire de 2015, qui a échoué, entre l’Iran et les puissances mondiales devrait être ressuscité, en disant que « la seule chose qui soit plus dangereuse que l’Iran actuel est un Iran nucléaire. »

C’était « une gigantesque erreur » pour l’ancien président américain Donald Trump de s’être retiré du pacte, a-t-il ajouté. L’accord de 2015, connu officiellement sous le nom en anglais de Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), a accordé à l’Iran un allègement des sanctions en échange de restrictions de son programme nucléaire visant à l’empêcher d’obtenir des armes atomiques. Il a été signé par l’Iran et les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne.

Après la sortie de Trump du JCPOA en 2018 et le rétablissement de sanctions américaines sévères, l’Iran a laissé tomber nombre de ses engagements, accélérant son programme et augmentant l’enrichissement de l’uranium à un point qui, selon les experts, le rapproche du seuil de fabrication d’une bombe.

« Ils sont plus proches de l’arme nucléaire aujourd’hui qu’ils ne l’étaient auparavant », a déclaré Biden. Mais le retour des États-Unis dans le pacte leur permettra de « les contrôler de près ».

Le président américain Joe Biden s’adresse à ses hôtes à son arrivée en Israël à l’aéroport Ben Gurion de Lod, près de Tel Aviv, le 13 juillet 2022. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Les pourparlers entre les autres signataires de l’accord et l’Iran en vue de relancer le JCPOA sont au point mort, l’une des raisons principales étant le refus de Washington d’accéder à la demande de Téhéran de retirer son Corps des gardiens de la révolution islamique de la liste noire des terroristes américains.

Biden a déclaré que les États-Unis se retireraient des négociations nucléaires qui sont dans une impasse si le retour au pacte était subordonné au retrait de l’IRGC de la liste.

Tout accord permettant aux États-Unis de réintégrer l’accord dépend « désormais de l’Iran », a déclaré Biden.

Levi a demandé au président s’il avait reçu des assurances du Premier ministre Yair Lapid ou de son récent prédécesseur Naftali Bennett qu’Israël ne prendrait pas seul des mesures militaires contre les sites nucléaires iraniens, ainsi qu’il l’en avait menacé, sans en avertir au préalable les États-Unis.

« Je ne vais pas discuter de cela », a répondu Biden. Il n’a pas non plus voulu parler d’une éventuelle participation d’Israël à une éventuelle action militaire des États-Unis pour empêcher l’Iran de devenir nucléaire.

Biden a déclaré qu’il comprenait la position d’Israël, rappelant que l’ancien Premier ministre Golda Meir, aujourd’hui décédée, lui avait dit un jour que l’arme secrète d’Israël était que « nous n’avons nulle part où aller ».

En ce qui concerne son voyage de quatre jours au Moyen-Orient, qui comprendra une étape en Arabie saoudite, Biden a déclaré que cette tournée « vise à assurer la stabilité au Moyen-Orient ».

Les États-Unis ne peuvent pas se retirer du Moyen-Orient et laisser la Russie et la Chine « remplir le vide », a-t-il dit.

« Il est dans l’intérêt des États-Unis de renforcer la stabilité au Moyen-Orient », a déclaré Biden, ajoutant qu’il est également dans l’intérêt d’Israël d’être mieux intégré dans la région.

Le président américain Joe Biden parle au ministre de la Défense Benny Gantz et au Premier ministre Yair Lapid à une exposition des systèmes de défenses israéliens, le 13 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Cette visite pourrait être l’occasion d’annoncer une avancée significative vers la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite, qui est une puissance régionale.

« Plus Israël est intégré dans la région en tant qu’égal et accepté, plus il y a de chances qu’il y ait un moyen de parvenir à un arrangement avec les Palestiniens par la suite », a déclaré Biden.

En ce qui concerne les liens entre Israël et l’Arabie saoudite, il a déclaré que « le renforcement des relations en termes d’acceptation de la présence de l’autre… tout cela me semble logique ».

Mais il a concédé que la normalisation « prendra beaucoup de temps ».

Levi a également demandé à Biden, un démocrate, ce qu’il pensait des membres de son parti qui qualifient Israël d’État d’apartheid et demandent la réduction du financement militaire de l’État juif.

« Il y en a quelques-uns. Je pense qu’ils ont tort, je pense qu’ils font une erreur. Israël est une démocratie. Israël est notre allié et notre ami », a déclaré M. Biden, ajoutant « qu’il est absolument exclu » que le parti démocrate tourne le dos à Israël. Il a déclaré qu’il ne s’excuserait pas pour les milliards de dollars d’aide à Israël, ni pour le financement supplémentaire de Dôme de Fer : « Il est dans notre intérêt qu’Israël soit stable. »

Quant à un éventuel match de réélection contre Trump en 2024, Biden a déclaré : « La seule chose que je sais de la politique, et de la politique américaine en particulier, c’est qu’il n’y a aucun moyen de prédire ce qui va se passer. »

Biden est arrivé en Israël mercredi après-midi et a immédiatement entamé un agenda mouvementé au cours duquel il rencontrera divers dirigeants régionaux pour des entretiens.

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