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Blinken, en visite en Algérie, a salué les avantages des accords d’Abraham

Vantant les accords d'Abraham, le secrétaire d'État américain a déclaré que les liens auront des avantages pratiques, et s'attend à ce que d'autres leur emboîtent le pas

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken écoute une question lors d'une conférence de presse, à l'ambassade des États-Unis à Alger, en Algérie, le 30 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken écoute une question lors d'une conférence de presse, à l'ambassade des États-Unis à Alger, en Algérie, le 30 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, concluant son voyage en Algérie mercredi soir, a salué les avantages des accords d’Abraham, qui ont enclenché la normalisation des relations entre Israël et quatre nations arabes.

Lors d’une conférence de presse à la fin de sa visite dans la nation nord-africaine, Blinken a été interrogé sur le Sommet du Néguev qui s’est déroulé en début de semaine et a profité de l’occasion pour souligner les avantages de l’adhésion aux accords parrainés par les États-Unis, qui ont commencé en 2020 en établissant des liens entre Israël et les Émirats arabes unis, suivis de près par Bahreïn. Le Maroc a signé un accord similaire avec Israël en décembre de la même année, incitant l’Algérie à rompre ses liens avec son voisin au milieu d’autres griefs entre les deux pays concernant le territoire contesté du Sahara occidental.

Blinken a reconnu que la normalisation des relations avec Israël est une décision que chaque pays doit prendre par lui-même, ajoutant cependant que le sommet du Néguev a été un exemple de ce qu’ils ont à gagner. Les ministres des Affaires étrangères de quatre pays arabes ont assisté à la conférence dans le sud d’Israël, aux côtés de Blinken.

« Cela va avoir des avantages réels et pratiques pour les habitants des pays participant à cet effort qui ont normalisé leurs relations avec Israël », a déclaré Blinken à propos des accords d’Abraham. « Nous voyons cela prendre vie grâce aux connexions qui se sont développées très rapidement entre les gens, entre les entreprises, entre les étudiants, les touristes… et ce même [pendant le] COVID. »

« Je parie que lorsque d’autres pays qui ne font pas encore partie de ce processus verront cela prendre forme, ils concluront que c’est quelque chose dont ils veulent faire partie… mais, bien sûr, c’est à nous de démontrer que cela fonctionne vraiment et qu’il produit des résultats. Je crois que ce sera le cas », a-t-il ajouté.

Le haut diplomate américain était arrivé mercredi matin en Algérie, en provenance du Maroc.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita s’expriment lors d’une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Rabat, Maroc, le 29 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Les relations entre Washington et Alger se sont détériorées à la suite de l’accord de normalisation du Maroc, négocié sous le président de l’époque, Donald Trump.

En contrepartie de la normalisation, l’administration Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, un territoire désertique riche en phosphates où l’Algérie soutient depuis longtemps le mouvement indépendantiste Polisario.

Mardi à Rabat, Blinken a exprimé son soutien à un plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, qu’il a qualifié de « sérieux, crédible et réaliste ».

Mercredi à Alger, il s’est abstenu de mentionner le plan marocain et a plutôt exprimé le soutien de Washington à la médiation des Nations unies.

« Nous sommes très concentrés sur la diplomatie et sur l’avancement d’une résolution par la diplomatie », a-t-il dit, insistant sur le fait qu’il n’y avait eu « aucun changement » dans la position de Washington.

Des responsables algériens, partisans de longue date de la cause palestinienne, ont exprimé leurs inquiétudes quant à la normalisation du Maroc avec Israël, en particulier quant à la possibilité que leur rival puisse accéder à la technologie militaire israélienne de pointe.

Après une réunion pour le sommet du Néguev, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullatif bin Rashid al-Zayani, à gauche, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry, le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid, le secrétaire d’État américain Antony Blinken, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita et les Émirats arabes unis Le ministre Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, parle en posant pour une photo le lundi 28 mars 2022, à Sde Boker, en Israël. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin, Piscine)

Blinken a déclaré mercredi qu’il espérait que les « avantages pratiques réels » de la normalisation encourageraient d’autres nations arabes à emboîter le pas.

Mais il a de nouveau souligné que le processus de normalisation « ne se substitue pas à la gestion du conflit entre Israéliens et Palestiniens » et à la recherche d’une solution à deux États.

Les Palestiniens ont décrit les accords de 2020, qui ont rompu avec des décennies de consensus arabe sur le fait qu’Israël ne devrait pas être reconnu en l’absence d’un accord de paix créant un État palestinien, comme un coup de poignard dans le dos.

Israël souhaitait présenter le Sommet du Néguev, auquel assistaient les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, du Maroc, de Bahreïn et des Émirats arabes unis, comme une alliance de puissances contre son ennemi juré, l’Iran.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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