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Blocage d’une route de Cisjordanie fermée aux Palestiniens depuis 20 ans

Les habitants de Kedar auraient empêché les autorités de lever le barrage sur la route construite pendant la 2e Intifada pour permettre un accès direct à l'implantation

Des habitants juifs affrontent des soldats israéliens en Cisjordanie. Illustration
Des habitants juifs affrontent des soldats israéliens en Cisjordanie. Illustration

Une route reliant la ville d’al-Eizariya en Cisjordanie à une route menant à Bethléem est restée fermée aux Palestiniens au cours des 20 dernières années. Les habitants des implantations juives empêcheraient actuellement les autorités israéliennes de retirer un barrage qui permettrait ainsi aux Palestiniens de l’emprunter.

La décision de rouvrir la route aux véhicules palestiniens a été prise par le major général Yehuda Fuchs, commandant du Commandement du centre de l’armée israélienne, qui a l’autorité légale officielle sur la Cisjordanie en tant que gouverneur militaire de la région.

Mais la semaine dernière, alors que des travaux étaient prévus pour lever le barrage routier, environ 200 habitants de l’implantation juive de Kedar se sont rassemblés à proximité et ont bloqué la route, empêchant les autorités israéliennes de terminer les travaux, selon l’organisation de surveillance des implantations, La Paix maintenant.

Un rapport publié par le groupe la semaine dernière indique qu’un avocat représentant Kedar a envoyé une demande urgente au ministre de la Défense Benny Gantz pour exiger l’arrêt immédiat des travaux routiers.

La route, construite en 2003 pendant la deuxième Intifada, est censée permettre aux habitants de Kedar, situé juste au nord d’al-Eizariya et où vivent quelque 1 500 personnes, d’accéder directement à l’implantation.

Cette route a toutefois été fermée aux Palestiniens, qui ne peuvent pas traverser Jérusalem en voiture et doivent donc emprunter une autre route appelée Wadi Nar (« la vallée du feu » en arabe) – considérée comme dangereuse en raison de ses virages serrés et de ses pentes abruptes – pour se déplacer entre le sud et le nord de la Cisjordanie.

« Depuis 20 ans, des centaines de milliers de véhicules palestiniens sont contraints d’emprunter quotidiennement une route lente et encombrée, tandis qu’une poignée d’habitants des implantations dispose d’une route alternative et dégagée », a déclaré La Paix maintenant. « Lorsque l’État se décide enfin à ouvrir la route aux Palestiniens, les habitants des implantations les en empêchent en usant de la force. »

Yossi Azar, membre du comité exécutif de Kedar, a déclaré que c’était la quatrième fois que les résidents de l’implantation empêchaient le retrait du barrage routier.

« La route de Wadi Nar est mauvaise. Des Palestiniens l’utilisent et il y a de nombreux villages hostiles dans la région. Le mois dernier encore, quelqu’un a placé une bombe artisanale à proximité. Nous parlons de dizaines de milliers de véhicules, nous deviendrions une minorité », a-t-il déclaré, cité par le quotidien Haaretz.

La décision d’ouvrir la route aux Palestiniens a été prise après que le maire de l’implantation voisine de Ma’ale Adumim a envoyé une lettre à Fuchs lui demandant d’envisager la suppression du barrage routier, ce qui permettrait de réduire les embouteillages dans la zone.

Fuchs a ensuite conclu que cette mesure ne mettrait pas les résidents en danger.

Vue de l’implantation juive de Kedar dans le désert de Judée, le 26 octobre 2019. (Crédit : Sara Klatt/Flash90)

L’ouverture de la route « a pour but d’améliorer la situation en matière de circulation », indique un communiqué publié par Tsahal.

« La demande a été examinée par toutes les entités concernées et après avoir conclu qu’elle ne constituerait pas une menace pour les résidents, il a été décidé de la rouvrir. »

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