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Bonbonnes de gaz retrouvées à Paris : la principale suspecte avait prêté allégeance à l’EI

Les trois femmes voulaient venger la mort du porte-parole et numéro deux de l'EI, Abou Mohammed al-Adnani, surnommé "le ministre des attentats"

Vue sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris (Crédit : GuidoR/CC BY-SA 3.0/Wikimedia commons)
Vue sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris (Crédit : GuidoR/CC BY-SA 3.0/Wikimedia commons)

La principale suspecte interpellée dans l’enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz retrouvée à Paris et qui, selon les autorités, préparait un attentat imminent, avait prêté allégeance aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

La jeune femme de 19 ans interpellée jeudi soir dans des conditions mouvementées avec deux complices présumées, est la fille du propriétaire de la voiture retrouvée dimanche au coeur du Paris touristique. Elle a été blessée par balle après avoir poignardé un des policiers venus l’arrêter à Boussy-Saint-Antoine, à 25 km au sud-est de Paris.

Interrogé sur place dans la soirée par une journaliste de l’AFP, un riverain, Joachim Fortes Sanchez, 21 ans, dit avoir vu les trois femmes avant leur interpellation.

Elles « avaient l’air stressées, elles regardaient partout autour d’elles », raconte-t-il. Au moment de l’arrestation, « une jeune femme a sorti un couteau et a frappé un policier au niveau du ventre. Ça s’est passé très rapidement ».

Les policiers ont aussi perquisitionné un appartement de Boussy-Saint-Antoine.

La principale suspecte avait prêté allégeance à l’EI, selon une source proche de l’enquête. Les policiers ont retrouvé sur elle une lettre en ce sens, selon la radio RTL qui précise que les trois femmes voulaient venger la mort du porte-parole et numéro deux de l’EI, Abou Mohammed al-Adnani, surnommé « le ministre des attentats ».

La mort de ce stratège de l’EI, âgé de 39 ans, a été annoncé fin août par le groupe jihadiste. Washington et Moscou se disputent la responsabilité de la frappe qui l’a visé dans le nord de la Syrie.

Agées de 39, 23 et 19 ans, les trois femmes « radicalisées, fanatisées », « préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes », a déclaré jeudi soir à la presse le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

M. Cazeneuve a salué « l’action exemplaire » des services d’enquête et de renseignements dans ce qu’il a qualifié de « véritable course contre la montre ».

« Dépôt d’engins explosifs »

Un message d’alerte sur un risque d’attentat dans les gares parisiennes et en banlieue avait été envoyé dans la journée aux policiers, a souligné une source policière, qui estime que le réseau, activé de l’étranger, préparait un attentat ce jeudi.

Les enquêteurs anti-terroristes cherchent toujours à comprendre pourquoi une voiture aux feux de détresse allumés et sans plaques d’immatriculation a été garée dimanche matin en plein coeur de Paris, à quelques centaines de mètres de la cathédrale Notre-Dame.

A l’intérieur de la voiture, ils ont retrouvé cinq bonbonnes de gaz et trois bouteilles de gasoil mais sans système de mise à feu.

Le propriétaire de la voiture, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, a été relâché mardi soir à l’issue de sa garde à vue, mais les policiers étaient à la recherche de deux de ses filles.

Quatre personnes ont déjà été arrêtées et se trouvaient encore jeudi soir en garde à vue. « Il s’agit de deux frères et de leurs compagnes », a également précisé à l’AFP une source proche de l’enquête, sans préciser quel était leur rôle éventuel dans cette affaire.

La découverte de cette voiture est prise très au sérieux dans le contexte de menaces d’attentats en France, après de multiples attaques jihadistes depuis janvier 2015 (238 morts).

Après les mitraillages, les attaques au couteau ou à la veste explosive, les services spécialisés craignent « une nouvelle forme d’attaque » avec « le dépôt d’engins explosifs » dans des lieux rassemblant une foule importante, a admis le patron des services de renseignements français Patrick Calvar en mai devant une Commission de l’Assemblée nationale.

La France est une cible de choix pour le groupe Etat islamique, qui accumule depuis plusieurs semaines les revers militaires sur le terrain. Plusieurs centaines de Français ont rejoint ou ont cherché à rejoindre l’organisation jihadiste et Paris est régulièrement menacé de représailles pour sa participation à la coalition internationale qui la combat en Syrie et Irak.

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