Boris Johnson critiqué pour avoir amené une amie en déplacement à l’étranger
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Boris Johnson critiqué pour avoir amené une amie en déplacement à l’étranger

Le Sunday Times révèle que le Premier ministre britannique s'est opposé à ses responsables pour convier Jennifer Arcuri dans des missions commerciales

Boris Johnson, à gauche, et Jennifer Arcuri au sommet InnoTech en 2013 (Capture d'écran/YouTube)
Boris Johnson, à gauche, et Jennifer Arcuri au sommet InnoTech en 2013 (Capture d'écran/YouTube)

Le Premier ministre britannique a été âprement critiqué après la révélation par le Sunday Times qu’il avait intégré une amie dans plusieurs missions commerciales internationales dont deux à Tel Aviv, malgré des règles strictes qui lui interdisaient de le faire.

Selon l’article, Johnson aurait rejeté les responsables de son bureau à plusieurs occasions en accordant à Jennifer Arcuri – une ancienne mannequin américaine devenue entrepreneure dans le secteur high-tech – l’accès à des délégations commerciales, même si elles n’étaient en rien liées à son domaine d’activité et que les réglementations limitent ces participations à une seulement.

Il a également été accusé d’avoir octroyé à ses entreprises plusieurs subventions à hauteur de dizaines de milliers de livres sans déclarer un conflit d’intérêts et en dépit du fait qu’elle n’était pas éligible à une aide de 100 000 livres, son entreprise n’étant pas basée au Royaume-Uni.

Johnson n’a pas fait part non plus d’un conflit d’intérêts en traitant avec elle, a souligné le Times.

« Les deux s’étaient rencontrés dans des conférences du Parti conservateur, dans des événements technologiques à Londres et lors d’une soirée de collecte de fonds », rapporte le Times. « Ils ont passé du temps ensemble à Tel Aviv, New York, Singapour et en Malaisie, ainsi que dans l’appartement de location spacieux et situé au dernier étage d’Arcuri, dans Shoreditch High Street, à l’est de Londres. Ils étaient des amis proches ».

Après la publication de cet article, les responsables du Parti travailliste ont appelé Johnson, qui a été désigné Premier ministre le mois dernier, à répondre de ces accusations.

« Boris Johnson doit maintenant faire le récit détaillé de ses actions en réponse à ces allégations graves et très sérieuses portant sur un mauvais usage des fonds publics dans le cadre de son ancienne fonction de maire de Londres », a ainsi commenté le député travailliste Jon Trickett.

« Le public a le droit de savoir comment et pourquoi cet argent a été utilisé au bénéfice d’une amie personnelle proche et sans raison légitime à première vue », a-t-il ajouté.

Downing Street n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Arcuri, pour sa part, a démenti toute malversation.

Jennifer Arcuri (Capture d’écran/YouTube)

« Toutes les subventions dont mes entreprises ont bénéficié et toutes les missions commerciales auxquelles j’ai pris part ont été uniquement motivées par mon rôle de femme d’affaires… Je suis terriblement déçue que le Sunday Times ne puisse pas évoquer une entrepreneure ayant réussi dans les affaires sans faire appel à des insinuations basées sur des informations ayant fuité de la mairie », a-t-elle déploré.

Johnson se bat actuellement pour garantir que le Royaume-Uni sortira de l’Union européenne en respectant la date limite fixée au mois prochain malgré la série de revers politiques qu’il a essuyés, avec notamment des défections au sein de son propre camp.

Il s’efforce également de convaincre la plus haute instance judiciaire britannique que sa décision de suspendre les activités du Parlement pendant cinq semaines alors que le Brexit se profile à l’horizon n’est ni illégale ni inappropriée. Les opposants au gouvernement clament pour leur part que Johnson l’a suspendu pour empêcher les députés d’examiner minutieusement son projet de Brexit.

Johnson a pris le pouvoir au mois de juillet en promettant que la Grande-Bretagne quitterait l’Union européenne le 31 octobre « quoi qu’il arrive ». Il a juré de sortir d’une impasse créée par les trois rejets de l’accord de Brexit conclu entre l’UE et sa prédécesseure, Theresa May – ce qui avait entraîné la démission de cette dernière.

De nombreux parlementaires estiment qu’un Brexit sans accord préalable serait dévastateur pour l’économie du pays et déstabilisant socialement. Ils ont compliqué la tâche du Premier ministre, portant notamment plainte contre la suspension du Parlement.

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