Brésil : le chef de la diplomatie compare confinement et camps de concentration
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Brésil : le chef de la diplomatie compare confinement et camps de concentration

Sur son blog, Ernesto Araujo a aussi déclaré que les mesures prises pour endiguer la pandémie de coronavirus était un complot communiste

Le ministre des Affaires étrangères brésilien Ernesto Araujo avec Mike Pompeo, le 11 mars 2020. (Crédit : Brazilian Foreign Ministry/ Flickr)
Le ministre des Affaires étrangères brésilien Ernesto Araujo avec Mike Pompeo, le 11 mars 2020. (Crédit : Brazilian Foreign Ministry/ Flickr)

RIO DE JANEIRO — Le chef de la diplomatie brésilienne a comparé la distanciation sociale aux camps de concentration, dans sa critique d’un livre récemment publié par un éditeur italien.

« Selon l’auteur, ‘Arbeit macht frei‘ est le leitmotiv d’une nouvelle ère de solidarité mondiale qui émerge en résultat de la pandémie », a écrit Ernesto Araujo dans une publication datée du 22 avril sur son blog en portugais, Meta Political Brazil. « Les communistes ne reproduiront pas l’erreur des nazis, et cette fois-ci, ils l’utiliseront correctement ».

« Comment ? Peut-être en convainquant les gens que c’est pour leur propre bien qu’ils sont coincés dans leurs camps de concentration, dénués de dignité et de liberté. Il me vient l’idée de proposer une définition : le nazi est un communiste qui n’a pas pris la peine de duper ses victimes », ajoute le ministre.

Il commentait le livre « Virus » du philosophe slovaque d’extrême-gauche Slavoj Zizek.

Plusieurs groupes juifs ont réagi aux propos du ministère des Affaires étrangères, qui a intitulé son texte : « le communi-virus est arrivé ».

Le ministre des Affaires étrangères du Brésil, Ernesto Araujo, s’exprime à la Chambre de commerce de Washington, le 18 mars 2019. (Crédit : Susan Walsh/AP)

« L’étrange comparaison du chancelier Araujo est un exemple clair de la banalisation de ce qu’étaient les camps de concentration, qui ont coûté la vie à tant de personnes et en ont fait souffrir tant d’autres. C’est de mauvais goût, dangereux et témoigne d’une ignorance sur le sujet », a déclaré Ariel Krok, un membre du comité de direction du corps diplomatique juif du Congrès juif mondial.

Le ministre a également critiqué la légitimité des nations qui prêtent des fonds à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui lutte contre le coronavirus dans le monde entier.

« Sous prétexte d’une pandémie, le nouveau communisme tente de construire un monde sans nations, sans libertés, sans esprits, dirigé par une agence centrale de ‘solidarité’ chargée d’observer et de sévir. Un état d’urgence mondial exceptionnel transforme le monde en un camp de concentration géant », a poursuivi Ernesto Araujo.

Le président brésilien Jair Bolsonaro enlève son masque pour s’adresser aux journalistes après une conférence de presse sur le nouveau coronavirus, au Palais présidentiel Planalto à Brasilia, Brésil, le 18 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Andre Borges)

Jews for Democracy, un groupe de gauche opposé au président brésilien Jair Bolsonaro et à son administration, a mis en garde contre la comparaison entre nazisme et communisme.

« Le régime nazi était essentiellement d’extrême-droite. Comparer ceci avec les erreurs du communisme, c’est absurde », peut-on lire dans un document diffusé sur les réseaux sociaux. « Comparer le nazisme et le communisme est l’un des actes de révisionnisme les plus dangereux. Ils ne sont pas et ne seront jamais similaires ».

« Ceux qui insistent à faire de telles analogies se basent sur un argument barbare, manquent de respect à la mémoire de six millions de Juifs [tués] et à leurs familles », a dénoncé Persio Bider, président de l’Organized Jewish Youth, au Times of Israël.

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