B’Tselem veut montrer la « réalité » de la Cisjordanie aux Nations unies
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B’Tselem veut montrer la « réalité » de la Cisjordanie aux Nations unies

Le dirigeant du groupe de défense des droits de l’Homme a déclaré que la situation "n’est pas une affaire israélienne interne"

Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)
Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Le groupe de défense des droits de l’Homme de gauche, B’Tselem a défendu ses prises de position lors d’une apparition à la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Critiquant les propos de l’ambassadeur israélien aux Nations unies, le groupe a déclaré que le monde devrait être au courant de ce qui se passe en Cisjordanie.

« Je vais parler de la réalité dans les Territoires », a déclaré le directeur général du groupe, Hagai El-Ad, à propos de la Cisjordanie, après les accusations de l’ambassadeur de l’ONU, Danny Danon de « coopération avec les ennemis d’Israël » de son groupe.

El-Ad est invité par la Bolivie, qui préside actuellement le Conseil de sécurité, à représenter la société civile israélienne lors d’une session consacrée à l’état du conflit au Proche-Orient, le 18 octobre prochain. Ce sera la première fois que le groupe parle lors de la réunion d’un conseil officiel, bien qu’il ait déjà pris la parole de manière informelle devant certains de ses membres par le passé.

B’Tselem, qui emploie des photographes et des réalisateurs palestiniens pour documenter le comportement de soldats et des habitants des implantations israéliens en Cisjordanie, a mis souvent le gouvernement israélien en colère.

« Je n’ai jamais vu un seul fait des faits que nous avons présentés remis en cause à l’étranger », a déclaré El-Ad à un média israélien. « Nous voulons que la communauté internationale agisse différemment sur ce sujet. »

Il a ajouté que ce qui se passe en Cisjordanie « n’est pas une affaire israélienne interne , le monde entier est au courant. »

Une vidéo montre un Palestinien, le visage rempli de bleus, gardé par des soldats de l’armée israélienne après avoir été prétendument agressé par Dean Issacharoff qui est aujourd’hui le porte-parole de Breaking the Silence, au mois de mars 2014 (Capture d’écran : /B’Tselem)

B’Tselem a également publié une déclaration qui affirme que le groupe « continuera à documenter la réalité de l’occupation que le gouvernement s’efforce de dissimuler. Ce sera également le cas cette semaine, alors qu’Israël projette de commettre un crime de guerre, celui de détruire la communauté de Khan al-Ahmar et d’expulser ses habitants. Le fait de refuser des droits politiques à des millions de personnes et de les maintenir sous un régime militaire pendant des générations n’est pas une affaire interne à Israël, c’est clairement un problème international. »

Khan al-Ahmar, un village bédouin de Cisjordanie, devrait être évacué et rasé par les autorités israéliennes dans les prochains jours, malgré un tollé international. Israël affirme que le hameau est construit illégalement sur des terres qui appartiennent à l’État, et veut déplacer les habitants ailleurs.

Le bureau de Danon a critiqué la décision d’inviter l’organisation, et a promis de révéler les “mensonges” des Palestiniens et de B’Tselem.

« Le groupe B’Tselem, qui a prouvé par le passé qu’il coopère avec les ennemis d’Israël, le fait cette fois avec un pays qui qualifie les soldats de Tsahal de ‘meurtriers’. C’est non seulement honteux pour l’organisation, mais c’est aussi le franchissement de lignes rouges par des pays étrangers qui ont une feuille de route anti-israélienne », a déclaré Danon.

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies Danny Danon assiste à une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU le 15 mai 2018 au siège de l’ONU à New York. AFP PHOTO / HECTOR RETAMAL)

El-Ad a suscité la colère en Israël depuis son intervention en 2016 lors d’une session du Conseil de sécurité sur les implantations israéliennes, au cours de laquelle il a exhorté l’ONU à prendre des mesures contre ces implantations et dénoncé la « violence quotidienne invisible et bureaucratique qui domine la vie palestinienne du berceau à la tombe », y compris le contrôle israélien sur l’entrée et la sortie des territoires, et les droits agricoles.

« À chaque souffle, les Palestiniens respirent l’occupation », a alors déclaré El-Ad.

Les propos d’El-Ad ont suscité une vive condamnation de la part de certains politiciens israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a promis d’interdire aux volontaires du service national de travailler avec B’Tselem.

En 2017, El-Ad a déclaré lors d’une conférence à l’ONU qui marquait les
« 50 ans d’occupation », qu’Israël tente de minimiser les critiques internationales à l’encontre de sa politique en Cisjordanie en les qualifiant d’antisémites.

Hagai El-Ad, le directeur de B’TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Les Palestiniens qui s’opposent à l’occupation sont des terroristes, les Israéliens qui s’opposent à l’occupation sont des traîtres et ceux dans la communauté internationale qui s’opposent à l’occupation sont bien sûr antisémites », a déclaré El-Ad.

En avril, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré qu’il a demandé au procureur général d’enquêter sur les dirigeants du groupe car ils ont demandé aux soldats israéliens de refuser l’ordre d’ouvrir le feu sur les émeutiers palestiniens lors d’affrontements à la frontière avec la bande de Gaza.

Il faisait allusion aux annonces que B’Tselem avait publiées dans des journaux israéliens. Au début des manifestations à la frontière, désormais régulières, B’Tselem a fait paraître des déclarations dans lesquelles il exhorte les soldats à refuser de sortir leurs armes contre des manifestants non armés.

« Cette organisation subversive et marginale, avec les ennemis d’Israël et les médias internationaux, tente de délégitimer nos soldats, dont le comportement est à la fois légal et moral dans une situation extrêmement complexe », a déclaré Liberman.

« Nous allons mettre fin à cela. »

L’organisation a réagi en déclarant que Liberman lui-même est coupable d’incitation à la haine car il exige que les soldats exécutent des ordres illégaux.

Le JTA a contribué à cet article.

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