Cabel appelle l’Union sioniste à l’annexion de blocs d’implantations
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Cabel appelle l’Union sioniste à l’annexion de blocs d’implantations

Pour l'élu, le parti travailliste ne reviendra pas au pouvoir à moins qu’il ne devienne réaliste ; il appelle à un gel des constructions en dehors des blocs d’implantations

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président de la commission des affaires économiques, le député Eitan Cabel (Union sioniste), dirige une réunion de la commission, à la Knesset, à Jérusalem, le 26 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de la commission des affaires économiques, le député Eitan Cabel (Union sioniste), dirige une réunion de la commission, à la Knesset, à Jérusalem, le 26 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le député travailliste Eitan Cabel a invité son parti à adopter une position en faveur de l’annexion de ce que l’on appelle les « blocs d’implantations ».

Regrettant que le Parti travailliste ait seulement dirigé Israël pendant six ans au cours des quatre dernières décennies, Cabel a invité ses collègues à « revenir sur terre et à oublier » leur position sur le paradigme de la « terre contre la paix » des Accords d’Oslo à l’époque d’Yitzhak Rabin.

C’est seulement quand le Parti travailliste aura « une vision du monde qui reflète la réalité », a-t-il écrit, qu’il pourra espérer voir les électeurs le ramener au pouvoir.

Selon le député travailliste, qui a exposé sa pensée dans une lettre ouverte publiée vendredi par le quotidien Haaretz, Israël « ne peut pas attendre la partie palestinienne car Abu Mazen [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] a déjà abandonné la solution à deux états ».

Ainsi, Cabel a introduit ce qu’il a appelé son « initiative de désillusion » et a invité le parti travailliste à suivre ses recommandations.

La proposition verrait tout d’abord Israël définir ce que constitue exactement des « blocs d’implantations » – les zones très peuplées en Cisjordanie qui sont très proches de la Ligne Verte d’avant 1967 et dont tous les dirigeants israéliens pensent qu’elles resteront dans l’Etat juif dans tout accord de paix futur.

Il a suggéré que les blocs doivent inclure les implantations de Gush Etzion et de la Vallée du Jourdain, les villes-implantations de Maale Adumim et Ariel, et la communauté de Karnei Shomron au nord de la Cisjordanie où 7 500 Israéliens vivent actuellement. Au total, a-t-il écrit, environ 300 000 habitants vivent dans ces zones.

Dans les autres implantations plus isolées où environ 25 % des 400 000 habitants d’implantations vivent (selon les chiffres de Cabel), il a appelé à un gel strict de la construction.

Vue des quartiers de Maale Adumim à proximité de Jérusalem, le 3 octobre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une fois annexés, des plans spécifiques de constructions devraient être proposés pour les blocs, afin de légaliser les constructions établies illégalement et permettre le développement complet de ces communautés.

Cabel a avancé l’argument que l’annexion des blocs, et le gel de la construction en dehors de ces zones, marqueraient clairement que « ce qui est au-delà de la nouvelle ligne sera sujet aux négociations entre nous et les Palestiniens ».

« Je crois qu’une initiative dans cet esprit permettra à Israël de préserver son identité en tant qu’Etat démocratique et juif avec une majorité juive bien établie, a écrit le député. Faisant référence aux préoccupations selon lesquelles si Israël ne peut se séparer des Palestiniens, il risque de perdre sa démocratie ou sa majorité juive, Cabel a ajouté que ses parents n’ont pas émigré du Yémen pour vivre dans un pays à majorité arabe.

Traditionnellement, le Parti travailliste a défendu l’idée que si les blocs d’implantations devraient faire partie d’Israël dans n’importe quel accord futur, le gouvernement devrait uniquement leur appliquer la souveraineté dans le contexte d’un accord de paix afin qu’ils puissent bénéficier d’une totale légitimité internationale.

Le nouveau chef élu du Parti travailliste israélien Avi Gabbay (à droite) avec l’ancien dirigeant Isaac Herzog le 12 juillet 2017. (FLASH90)

Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay et le chef de l’opposition Isaac Herzog ont tous les deux décliné les demandes du Times of Israël de commenter la proposition de Cabel.

Naftali Bennett, le chef du parti HaBayit HaYehudi, a bien accueilli la lettre ouverte, tweetant que c’était une étape dans la direction de sa propre initiative diplomatique qui verrait le gouvernement annexer la Zone C administrée par Israël – environ 60 % de toute la Cisjordanie – et donner une semi-autonomie aux Palestiniens dans le reste du territoire.

Cabel a tweeté en réponse qu’il était content que le député de droite appréciait son plan, mais il a incité Bennett à le soutenir totalement en appelant à un gel des constructions en dehors des blocs d’implantations.

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