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Campagne gouvernementale anti-tabac chez les enfants haredi à Pourim

La cigarette occasionnelle proposée aux enfants à l'occasion de la fête - malgré les mises en garde de rabbins - peut déclencher une dépendance à vie, selon le ministère de la Santé

Un garçon ultra-orthodoxe déguisé fumant une cigarette le jour de Pourim 2011. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Un garçon ultra-orthodoxe déguisé fumant une cigarette le jour de Pourim 2011. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le ministère de la Santé a lancé une campagne très médiatisée contre le phénomène des jeunes ultra-orthodoxes qui fument pendant Pourim.

La fête qui dure 25 heures, et qui commence mercredi soir, est une journée de fêtes costumées. Il est de tradition que les enfants inversent l’ordre naturel des choses. Par exemple, dans certaines écoles, les enfants prennent le rôle des enseignants pendant une journée avant la fête.

Et dans cet esprit, il est admis, par certains pans de la communauté haredi, que les enfants essayent de fumer comme les adultes. Cette pratique est largement considérée comme une exception excentrique aux règles.

Une campagne du ministère de la santé déconseille toutefois cette pratique. Les caisses de santé mènent des campagnes antitabac générales adaptées à la communauté haredi, avec le soutien des rabbins qui affirment que ces efforts permettent de sauver des vies.

Les publicités placées par le ministère dans les médias haredi citent des recherches suggérant qu’un enfant fumeur sur dix est devenu dépendant suite à sa première cigarette.

« Ne suivez pas la foule au détriment de votre santé », insiste le ministère.

Deux garçons ultra-orthodoxes déguisés fumant une cigarette le Pourim de 2011. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le texte suggère qu’au milieu de l’atmosphère joviale de la fête, et entouré d’amis, on a souvent l’impression qu’essayer une cigarette n’est pas grave, et que fumer avant l’âge légal est une façon d’observer la tradition consistant à mettre les choses sens dessus dessous pour Pourim.

« Mais après la première cigarette de Pourim, le processus de dépendance a commencé, et les gens regrettent ce moment », indique la campagne.

L’éminent rabbin de Bnei Brak, Yitzchok Zilberstein, a envoyé un message à la caisse de santé Maccabi pour saluer sa campagne antitabac menée avant Pourim dans la communauté religieuse.

« Si un seul jeune homme s’abstient de fumer à Pourim, vous aurez sauvé une vie en Israël et votre récompense spirituelle sera grande », a-t-il écrit.

Ces dernières années, les rabbins haredi se sont montrés de plus en plus fermes pour décourager le tabagisme. La principale autorité en matière de loi juive, le rabbin Aharon Yehuda Leib Steinman, décédé en 2017, avait signé une lettre signalant les dangers du tabac, ainsi que Nissim Karelitz, décédé en 2019.

Mais certains experts affirment que le message des rabbins ne passe pas, et que la pression du gouvernement pourrait avoir un succès limité.

Yehoshua Pfeffer, un rabbin qui dirige la division Haredi Israël au Tikvah Fund, une fondation philanthropique axée sur l’éducation, a déclaré au Times of Israël qu’il n’était pas convaincu du succès de la campagne.

« Il y a incontestablement un problème d’enfants qui fument à Pourim ; c’est une relique du passé car c’est ce qui se passait lorsque fumer était très courant dans les yeshivot et les enfants se comportent comme des adultes à Pourim. »

« C’est très perturbant mais c’est comme ça. Mais une campagne gouvernementale sera-t-elle utile ? Elle attirera l’attention de certains, mais l’impact sera limité », a déclaré M. Pfeffer.

« Peut-être que parmi les haredim les plus modernes, cela aura un effet, mais parmi les autres qui sont moins engagés avec l’État et le gouvernement – qui sont en fait ceux qui sont les plus susceptibles de fumer car ils sont moins influencés par les normes sociales en dehors de la société haredi – les gens seront moins susceptibles d’écouter », a-t-il ajouté.

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