Ce qu’il faut savoir sur les Juifs réformés américains
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Ce qu’il faut savoir sur les Juifs réformés américains

Voici quelques faits sur le plus grand courant de la religion juive aux Etats-Unis

Le rabbin Rick Jacobs lors de sa nomination à la tête du mouvement réformé, en 2012. (Crédit : Clark Jones/ Union pour un judaïsme réformé)
Le rabbin Rick Jacobs lors de sa nomination à la tête du mouvement réformé, en 2012. (Crédit : Clark Jones/ Union pour un judaïsme réformé)

NEW YORK – Quelque 5 000 Juifs réformés se sont réunis du 4 au 8 novembre à Orlando, en Floride, pour la conférence biennale de l’Union pour le judaïsme réformé [URJ – Union for Reform Judaism].
 
Avec environ un Juif américain sur trois s’identifiant comme réformé, le mouvement constitue le plus grand courant de la religion juive aux Etats-Unis.

Lisez la suite pour en savoir plus sur le mouvement et son leadership :

Le mouvement est dirigé par un pilote et un danseur

Deux des trois principales institutions réformées américaines, l’Union for Reform Judaism (URJ), le bras des communautés, et l’Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion (HUC), l’école rabbinique phare, sont dirigées par des hommes qui viennent de la même synagogue de Scarsdale.

Les deux hommes, le rabbin Rick Jacobs de l’URJ et le rabbin Aaron Panken de l’HUC, ont aussi des passe-temps originaux : Panken est un pilote professionnel agréé et possède un diplôme en génie électrique. Jacobs est un ancien danseur et chorégraphe.

Le judaïsme réformé accueille les familles de mariages mixtes …

Le rabbin Aaron Panken qui dirige l'Hebrew Union College (Crédit photo: JTA/Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion
Le rabbin Aaron Panken qui dirige l’Hebrew Union College (Crédit photo: JTA/Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion

Actuellement, la moitié des Juifs réformés mariés ont des conjoints non-juifs, et 80 % de ceux qui se sont mariés entre 2000 et 2013, ont des conjoints non-juifs.

Dans le même temps, le mouvement s’est éloigné de la politique décourageant les mariages mixtes et a mis l’accent sur l’accueil de leurs familles.

En 1973, le bras rabbinique du mouvement, la Central Conference of American Rabbis, a publié une résolution non contraignante s’opposant à la participation à des mariages mixtes.

En 2010, un groupe de travail rabbinique réformé a recommandé de tendre la main aux couples mixtes et d’adapter le rituels pour inclure les membres non-juifs de la famille. Aujourd’hui, la plupart des rabbins réformé célébrent des mariages interconfessionnels.

… Mais n’ordonne pas de rabbins mariés à des non-Juifs

Les rabbins réformés peuvent épouser des non-Juifs après l’obtention de leur diplôme et sans faire face à des sanctions

L’école rabbinique du mouvement n’accorde pas d’ordination à des rabbins qui sont mariés à des non-Juifs.

Cependant, les rabbins réformés peuvent épouser des non-Juifs après l’obtention du diplôme sans faire face à des sanctions.

Panken, le président de l’Hebrew Union College, a indiqué que le réexamen de l’interdiction de longue date sur l’ordination des rabbins mariés à des non-Juifs était à l’étude. (Le Reconstructionist Rabbinical College a récemment abandonné sa propre interdiction concernant les élèves rabbins mariés à des non-Juifs, devenant le premier courant juif des États-Unis à prendre cette décision.)

Pour les convertis, le mikvé (et, parfois, la circoncision) sont encouragés – mais facultatifs

Chaque année, au moins 800 personnes se convertissent au judaïsme réformé, selon les archives du mouvement, et environ 9 % de tous les Juifs réformés ont grandi comme non-Juifs.

Les exigences de conversion et les rituels varient. L’immersion dans un bain rituel du mikvé est recommandée mais pas obligatoire.

Certains hommes subissent également une circoncision ; d’autres déjà circoncis médicalement subissent une extraction de sang appelée hatafat dam pour symboliser l’alliance.

Ni l’une, ni l’autre n’est obligatoire.

Ceux qui se convertissent au judaïsme réformé doivent faire une déclaration publique d’engagement envers le peuple juif, de vivre comme un Juif et selon les valeurs juives. Ils peuvent le faire au mikvé, dans le bureau du rabbin devant un comité religieux de trois personnes ou dans la synagogue devant la communauté.

Dans les cérémonies de conversion à la synagogue, les convertis tiennent généralement la Torah, récitent la prière du Shema, reçoivent un nom hébreu et reçoivent une bénédiction.

The latest additions to Poland's tiny Reform community prepare to toast the end of their conversion process Oct. 11 in Krakow. (Photo credit: Nissan Tzur)
Les derniers ajouts à la minuscule communauté réformée de Pologne se préparent à fêter la fin de leur processus de conversion le 11 octobre 2012 à Cracovie (Crédit photo: Nissan Tzur)

Le camp d’été est un important point de connexion

Le nombre des enfants juifs réformés est en baisse

Chaque été, environ 10 000 enfants participent aux 15 camps d’été du mouvement réformé – et le mouvement a des plans pour ouvrir cinq nouveaux camps d’ici 2020.

Cela correspond à près de trois fois le nombre d’enfants dans les 13 écoles juives réformées du pays.

Entre 2009 et 2014, les inscriptions aux écoles du mouvement ont chuté de 19 % à 3 704 élèves, selon la Fondation Avi Chai, qui recense ces données.

Alors qu’environ un enfant juif réformé sur 10 est inscrit dans une école juive (dont certains dans des écoles qui ne sont pas affiliées au mouvement), un quart environ suit un autre programme d’éducation juive (telles que les talmud torah, en plus du cursus scolaire) et environ un tiers participe à un programme de la jeunesse juive organisée.

Avec un taux de natalité de 1,7 enfant par femme – plus bas que le taux de remplacement et en dessous des deux autres grandes courants juifs (4,1 pour les orthodoxes, 1,8 pour les masorati) – le nombre des enfants juifs réformés est en déclin.

Une fréquentation de la synagogue à la traîne

Si vous prenez un échantillon représentatif de 100 Juifs américains frequentant une synagogue le Shabbat, 13 % sont réformés, contre 21 % massorti, 56 % orthodoxes et 8 % sans dénomination.

Seulement 4 % des Juifs réformés disent qu’ils assistent à des offices religieux au moins une fois par semaine, comparativement à 11 % pour l’ensemble des Juifs américains.

Environ 29 % des Juifs réformés disent qu’ils croient en Dieu avec une certitude absolue, par rapport à 41 % chez les massorti et 89 % des orthodoxes.

Environ la moitié des nouveaux rabbins réformés sont des femmes

La ventilation par sexe des rabbins réformés nouvellement ordonnés est d’environ 50-50 actuellement, selon l’Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion (HUC).

En tout, 3 181 rabbins réformés ont été ordonnés depuis la création de l’HUC au 19e siècle, parmi lesquels 724 femmes et 92 Israéliens (37 d’entre eux sont des femmes).

La première femme-rabbin réformée américaine, Sally Priesand, a été ordonnée en 1972, et la première femme israélienne à recevoir l’ordination du mouvement était Naamah Kelman, en 1992.

L’HUC a formé également 496 chantres, dont 230 femmes, depuis l’obtention de la première femme chantre, Barbara Ostfeld, en 1975.

(Sauf indication contraire, les statistiques citées sont basées sur les données de l’enquête de 2013 de l’institut Pew sur la communauté juive américaine.)

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