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Plusieurs membres de la coalition s’insurgent contre la prochaine Marche du Drapeau

Tibi a décrit la Marche du Drapeau comme "une provocation de pyromanes" et a qualifié les manifestants de "bande de fanatiques qui ont reçu l'approbation du gouvernement Bennett"

La ministre de l'Environnement Tamar Zandberg participe à une discussion sur la violence dans la société arabe, le 23 mai 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
La ministre de l'Environnement Tamar Zandberg participe à une discussion sur la violence dans la société arabe, le 23 mai 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Les membres de la coalition gouvernementale israélienne étaient divisés jeudi à l’approche de la marche annuelle d’Israéliens nationalistes dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui aggrave chaque année considérablement les tensions avec la bande de Gaza.

Dimanche, Israël célèbrera Yom Yeroushalayim – la Journée de Jérusalem, qui célèbre l’unification de la capitale après la guerre des Six Jours de 1967. La journée est marquée par la « Marche du Drapeau », une procession dans la Vieille Ville que ses opposants voient comme une provocation envers la communauté arabe et que ses partisans considèrent comme une célébration justifiée de la souveraineté israélienne sur la ville unifiée.

L’un des principaux points de discorde est l’itinéraire de la marche qui passe par la porte de Damas de la Vieille Ville, puis par le quartier musulman jusqu’au Mur occidental.

La ministre de l’Environnement, Tamar Zandberg, a déclaré à la radio de l’armée que la marche était « un acte de défi » et qu’elle « mettait en danger l’ensemble du Moyen-Orient, l’ensemble de Jérusalem et nous tous ».

Elle s’est interrogée quant à l’itinéraire de la marche : doit-elle passer par la porte de Damas ou ne pourrait-elle pas emprunter un autre itinéraire ?

« Il y a une possibilité de faire cette marche en minimisant les frictions et le danger d’implosion », a déclaré Zandberg, du parti de gauche Meretz.

Des Israéliens agitent des drapeaux lors d’une marche pour Yom Yeroushalayim, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Tout en soulignant que le fait de marquer l’unification de Jérusalem est légitime, elle a déclaré : « Lorsque nous sommes confrontés à un tel danger, nous devons le gérer de manière à le minimiser. »

Un autre membre du Meretz, le vice-ministre de l’Economie Yair Golan, a déclaré à Kan que la marche était depuis longtemps devenue une manifestation nationaliste accompagnée d’appels à « la mort des Arabes » et de vandalisme sur les propriétés arabes situées le long du parcours de la marche. Il a déclaré que c’était une « mauvaise décision » de faire passer la marche par la porte de Damas.

Cependant, la ministre de l’Economie Orna Barbivai de Yesh Atid a déclaré à Ynet que la marche « n’est pas un acte de défi, et quiconque le prétend fait de la provocation ».

« Il est légitime pour les Juifs de marcher à Jérusalem, y compris à la porte de Damas », a-t-elle ajouté.

Soutenant également l’événement, le vice-ministre de la Défense Alon Schuster, membre du parti Kakhol lavan, a déclaré à la radio de l’armée que la marche s’inscrivait dans une longue tradition de célébration du jour de Jérusalem.

« Nous défilerons en confiance, en toute sécurité, sans provocation aucune », a-t-il déclaré.

Walid Taha, président de la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement de la Knesset, à la tête d’une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Mossi Raz du Meretz a déclaré à la station de radio Kol Baramah, qui s’adresse principalement à la communauté ultra-orthodoxe, qu’il serait prêt à participer à la marche si elle se tenait uniquement à Jérusalem ouest.

Avec l’itinéraire de la Vieille Ville, la marche vise à « susciter une provocation », a-t-il déclaré, et il a comparé cela à la tenue d’une marche avec des drapeaux palestiniens dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem. « Je m’y opposerais de la même façon », a-t-il dit.

Le député Walid Taha, du parti islamiste Raam, membre de la coalition, a également qualifié la marche de « provocation honteuse ».

« Nous faisons partie intégrante du peuple palestinien et nous la rejetons », a déclaré Taha lors d’une interview pour Kan.

Il est prévu que des milliers de policiers sécurisent l’événement qui se déroulera de 16 à 19 heures dimanche.

À l’annonce de l’itinéraire, les groupes terroristes palestiniens ont mis en garde contre la tenue de l’événement. Le Hamas et le Jihad islamique palestinien auraient mis leurs unités de tir de roquettes en état d’alerte. Le Hamas avait procédé à des tirs de barrage de roquettes sur Jérusalem au cours de la marche de l’année dernière, ce qui avait entraîné son interruption et sa reprogrammation, un mois plus tard.

Israël, par l’intermédiaire de médiateurs, a déclaré au Hamas que le pays ne cherchait pas le conflit, mais a également averti le groupe terroriste en charge à Gaza qu’il y aurait une réponse à toute attaque. L’armée a déployé des batteries de systèmes antimissile du Dôme de fer et aurait préparé des plans d’attaque.

La coalition dirigée par le Premier ministre Naftali Bennett est un mélange diversifié de partis de la gauche, du centre et de la droite, et comprend également le parti Raam. Les partis membres ont des idéologies variées sur de nombreuses questions nationales majeures.

Dans l’opposition, Ahmad Tibi, député de la Liste arabe unie, a décrit la Marche du Drapeau comme « une provocation de pyromanes » et a qualifié les manifestants de « bande de fanatiques qui ont reçu l’approbation du gouvernement Bennett ».

Le député du parti Sionisme religieux Bezalel Smotrich a lui félicité le gouvernement pour avoir pris la mesure « logique » d’autoriser la marche dans le quartier musulman.

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