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Chaim Kanievsky : pas d’urgence à mettre les étudiants en quarantaine

Le chef ultra-orthodoxe, qui voulait maintenir les yeshivot ouvertes à l'apparition du virus, s’oppose au confinement des étudiants ayant été en contact avec des porteurs du virus

Le rabbin Chaim Kanievsky chez lui dans la ville de Bnei Brak à l'occasion de son 92ème anniversaire, le 11 janvier 2019. (Crédit : Shlomi Cohen / Flash90)
Le rabbin Chaim Kanievsky chez lui dans la ville de Bnei Brak à l'occasion de son 92ème anniversaire, le 11 janvier 2019. (Crédit : Shlomi Cohen / Flash90)

Un éminent dirigeant de la communauté ultra-orthodoxe a demandé aux dirigeants des yeshivot et d’autres institutions haredi de ne pas se précipiter pour envoyer en quarantaine réglementaire mandatée par le gouvernement les étudiants ayant été en contact avec des porteurs du coronavirus, car cela pourrait nuire à l’étude de la Torah.

Selon la loi, les Israéliens doivent se mettre en quarantaine pendant 14 jours après avoir été exposés à une personne testée positive pour le coronavirus.

Selon les reportages des médias en hébreu, le rabbin Chaim Kanievsky a déclaré mardi que l’envoi d’étudiants en quarantaine légalement requise pourrait « porter atteinte à l’étude de la Torah, Dieu nous en préserve ».

Kanievsky, considéré comme l’un des dirigeants les plus influents de la branche non-hassidique du judaïsme ultra-orthodoxe en Israël, a ajouté qu’« il est du devoir des dirigeants de yeshiva de favoriser [la poursuite de] l’étude d’une manière qui ne soit pas dangereuse », sans développer.

Kanievsky a fait ces commentaires alors que les enfants israéliens retournaient à l’école après les vacances d’été, sur fond d’angoisse des responsables que les étudiants deviennent les principaux vecteurs d’infection au coronavirus.

Le rabbin Chaim Kanievsky chez lui à Bnei Brak, le 15 avril 2018. (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)

En mars, alors que la pandémie commençait à se propager en Israël, Kanievsky a annoncé par l’intermédiaire d’un porte-parole que les yeshiva devaient rester ouvertes, car « supprimer l’étude de la Torah est plus dangereux que le coronavirus ».

Son édit, qu’il a par la suite annulé, a été tenu partiellement responsable des taux d’infection élevés dans les communautés ultra-orthodoxes d’Israël, notamment dans sa ville natale de Bnei Brak.

Selon les chiffres du ministère de la Santé, les communautés ultra-orthodoxes sont en tête en termes de taux d’infection, bien que les niveaux de mortalité aient baissé ces derniers mois.

Plusieurs villes classées zones à risque par le plan mis en œuvre en début de semaine sont ultra-orthodoxes, notamment l’implantation Beitar Illit en Cisjordanie.

Lundi, la ville a protesté contre l’ordre de conserver les écoles fermées après avoir été classée « ville rouge », ou zone à fort taux d’infection, dans le cadre du programme de « feux de circulation » du responsable en charge de la lutte contre le coronavirus Ronni Gamzu.

Le programme vise à permettre au pays de lutter contre le coronavirus tout en évitant un confinement total, en classifiant les villes, les agglomérations et les conseils régionaux en zones rouges, oranges, jaunes ou vertes selon le nombre de cas confirmés par habitant et le taux de propagation du virus dans chaque communauté.

Le maire de Beitar Illit Meir Rubinstein (au centre) sur les lieux d’un incendie meurtrier dans l’implantation de Cisjordanie le 9 octobre 2018. (Municipalité de Beitar Illit)

En réponse à la désignation de sa ville comme « zone rouge », le maire de Beitar Illit, Meir Rubinstein, a rédigé une lettre cinglante au ministre de la Santé Yuli Edelstein demandant pourquoi sa ville avait été marquée comme une zone à forte infection.

« Actuellement, à Beitar Illit, il y a 187 patients, dont environ la moitié sont dans des hôtels, alors qu’il y a de nombreuses villes avec un nombre plus élevé de patients, qui n’ont pas été classées ‘villes rouges’ ».

Rubinstein a affirmé qu’il « aimerait comprendre les calculs effectués au ministère de la Santé, mais l’inégalité entre les villes et le fait que Beitar Illit soit sur la liste des ‘villes rouges’ sans aucune justification nécessite une rectification immédiate. »

Sam Sokol et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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