« Charlie Hebdo » : Macron défend « la liberté de blasphémer » en France
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« Charlie Hebdo » : Macron défend « la liberté de blasphémer » en France

"Un président de la République en France n'a jamais à qualifier le choix éditorial d'un journaliste ou d'une rédaction car il y a une liberté de la presse," a déclaré le président

Emmanuel Macron, le 6 août 2020 à Beyrouth. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Emmanuel Macron, le 6 août 2020 à Beyrouth. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Emmanuel Macron a de nouveau défendu mardi « la liberté de blasphémer » en France à propos de la republication par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet, lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

« Depuis les débuts de la Troisième République il y a en France une liberté de blasphémer qui est attachée à la liberté de conscience. Je suis là pour protéger toutes ces libertés. Je n’ai pas à qualifier le choix de journalistes. J’ai juste à dire qu’en France on peut critiquer des gouvernants, un président, blasphémer, etc », a-t-il répondu.

« Demain, nous aurons tous une pensée pour les femmes et les hommes lâchement abattus » lors de l’attaque de Charlie Hebdo en janvier 2015, a ajouté le chef de l’Etat, à la veille de l’ouverture du procès de l’attentat qui avait décimé la rédaction du journal satirique.

« Un président de la République en France n’a jamais à qualifier le choix éditorial d’un journaliste ou d’une rédaction car il y a une liberté de la presse à laquelle vous tenez à juste titre profondément », a ajouté M. Macron.

Il a cependant estimé, tout en soulignant que sa remarque ne s’appliquait pas aux caricatures de Charlie Hebdo, que cette liberté « implique en revers une décence commune, une civilité, un respect » et qu’avec « la liberté d’expression, il y a le devoir de ne pas avoir de discours de haine », citant notamment les réseaux sociaux.

Mardi, Charlie Hebdo a décidé de republier, en Une, les douze caricatures de Mahomet qui en avaient fait une cible des jihadistes et provoqué des manifestations parfois mortelles dans plusieurs pays musulmans.

« Nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais », a déclaré le directeur de l’hebdomadaire satirique, Riss. Le Pakistan a condamné cette décision mardi soir avec « la plus grande fermeté ».

Le procès de l’attentat jihadiste contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts le 7 janvier 2015, suivi le lendemain des attaques contre une policière à Montrouge et un supermarché casher, s’ouvre mercredi à Paris et durera jusqu’au 10 novembre, pour juger quatorze accusés.

Emmanuel Macron a revendiqué à plusieurs reprises depuis son élection « le droit au blasphème » et à la liberté d’expression, la dernière en date à propos d’une adolescente menacée de mort en février sur les réseaux sociaux pour des propos hostiles à l’islam.

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