Chef du Shin Bet : pour le Hamas, Pessah est une fenêtre pour le terrorisme
Nadav Argaman prévient que la baisse des incidents sécuritaires en 2016 est “trompeuse” ; les groupes terroristes veulent toujours mener des attaques

Le patron du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, Nadav Argaman a estimé lundi que le « calme relatif actuel » était « trompeur ».
Nadav Argaman, qui s’exprime très rarement en public, a ainsi mis en garde les membres de la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset contre toute euphorie que pourrait provoquer la baisse ces derniers mois du niveau des violences.
« Nous sommes juste avant la fête de Pessah, et il ne fait aucun doute que les infrastructures terroristes, principalement celles qui sont établies, et particulièrement le Hamas, tenteront d’agiter la région et de mener des attaques », a déclaré Argaman.
« Notre objectif, bien sûr, est d’assurer des fêtes calmes pour chaque citoyen de l’Etat d’Israël », a-t-il ajouté.
Les forces de sécurité israéliennes préviennent régulièrement que les fêtes sont des opportunités d’attaques pour les groupes terroristes. L’armée israélienne avait déjà donné une telle mise en garde avant Pessah l’année dernière.
Des pèlerins juifs se rendent souvent sur le mont du Temple de la Vieille Ville de Jérusalem pendant la fête, déclenchant souvent des affirmations palestiniennes selon lesquelles des « colons font irruption » sur le lieu saint, ce qui peut inciter des attaquants potentiels à passer à l’action. Pendant les interrogatoires, les terroristes palestiniens ont affirmé que la situation du mont du Temple était l’un des facteurs de leurs attaques.
Pendant les fêtes, en particulier pendant celles qui durent une semaine comme Pessah, les familles vont souvent voyager et se promener, et il existe donc un risque d’attaques accru.
Par conséquent, pour la grande partie des fêtes juives, l’armée israélienne ferme les checkpoints entre la Cisjordanie et Israël.
Argaman, qui a pris la tête du Shin Bet en mai 2016, a décrit à la commission que les activités de son organisation pendant l’année écoulée, dans un contexte de « changements géostratégiques très importants » dans la région résultant de la lutte entre les Etats-Unis et la Russie et de l’accord nucléaire iranien signé en 2015.
L’année dernière, a-t-il déclaré, a vu la poursuite de la « vague de terrorisme » qui a commencé à l’automne 2015 mais s’est dissipée ces derniers mois.
Le calme et les succès des forces de sécurité pour l’instant sont cependant trompeurs, a déclaré Argaman.
« Le calme relatif actuel est trompeur. Il induit en erreur : le Hamas et le Jihad mondial agissent quotidiennement pour commettre des attentats sur le territoire israélien et en Judée-Samarie », a affirmé le chef du Shin Bet, dont les propos ont été diffusés par la radio publique.
Nadav Argaman a affirmé que ce calme résulte des nouvelles méthodes utilisées par son service chargé notamment de la lutte anti-terrorisme.
« Nous avons appris à nous confronter avec le terrorisme individuel, et nous avons procédé à des changements grâce à des développements technologiques, opérationnels et dans le domaine du renseignement », a-t-il ajouté.
« Nous avons arrêté plus de 400 auteurs d’attentats potentiels avant qu’ils ne passent à l’action », a-t-il ajouté.
« Et pourtant, je dois dire que l’année dernière, malheureusement, 16 citoyens et un ressortissant étranger sont morts après des attaques terroristes », a ajouté Argaman.
Depuis octobre 2015, 40 Israéliens, deux Américains, un Palestinien et un Erythréen ont été assassinés dans des attaques au couteau, à main armée et à la voiture bélier.
La série d’attaques palestiniennes qui a commencé en octobre 2015 a été surnommée l’intifada des « loups solitaires », car beaucoup des attentats ont été menés par des individus qui n’étaient liés à aucun groupe terroriste.
Les attaques avaient d’abord été attribuées aux tensions en raison des craintes palestiniennes qu’Israël ne cherche à changer le statu quo en vigueur sur le mont du Temple à Jérusalem. Israël a catégoriquement démenti cette affirmation à mainte reprise. Les dirigeants palestiniens ont affirmé que la principale cause des attaques pendant cette période état le désespoir causé par l’occupation militaire israélienne de la Cisjordanie.
Le groupe terroriste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, continue de dire que chaque attaque s’inscrit dans le cadre de l’ « Intifada de Jérusalem ».







