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Chikli fait appel de son éviction du parti, la considérant antidémocratique

Le député a demandé au tribunal d'examiner les obligations et les allégeances d'un législateur : "Un député se doit d'être loyal envers le public ou envers son parti ?"

Le député Amichai Chikli lors d'une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset concernant la demande du parti Yamina de le déclarer " transfuge ", le 25 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Amichai Chikli lors d'une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset concernant la demande du parti Yamina de le déclarer " transfuge ", le 25 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien député Yamina Amichai Chikli a fait appel lundi de son éviction du parti, déclarant au tribunal de district de Jérusalem que le caractère démocratique du pays était en jeu et qu’il n’avait pas été entendu de manière équitable par la commission de la Chambre de la Knesset lorsque celle-ci a approuvé son éviction.

Chikli, qui a voté contre la formation du gouvernement en juillet dernier et a continué à voter contre par la suite, a finalement été exclu de Yamina en avril. Cette décision entraîne d’importantes sanctions personnelles à l’encontre de Chikli. Entre autres mesures punitives, il lui sera désormais interdit de se présenter aux prochaines élections dans une faction existante de la Knesset.

Le législateur, désormais indépendant, a accusé la commission de la Knesset d’avoir approuvé la demande de Yamina de l’évincer et d’avoir été motivé par des considérations politiques plutôt que par le règlement. Dans son appel, il a également soulevé la question de savoir si un membre de la Knesset est tenu de faire allégeance au chef du parti, ou aux électeurs qui l’ont élu député.

« Les députés ont-ils le droit de voter à la Knesset en fonction de leur opinion, de leur croyance, de leur conscience, de la plate-forme du parti et de la promesse faite à leur électorat, ou sont-ils simplement des marionnettes manipulées par les chefs de leur faction ? », a écrit Chikli dans l’appel déposé par son équipe juridique.

Chikli a demandé à la Cour d’examiner les « questions constitutionnelles essentielles » posées par son exclusion du parti, telles que la question de savoir si, dans le système démocratique israélien, « le corps législatif est composé de 120 députés qui expriment la volonté de l’électorat, ou d’un nombre limité de chefs de faction qui peuvent décider de tout selon leurs souhaits et décisions personnels ».

« Le membre de la Knesset est-il loyal envers le public ou envers le parti ? » a-t-il demandé.

Chikli a également contesté le pouvoir des chefs de parti d’exclure des membres, se demandant si la Knesset « avait l’intention de donner aux chefs de faction une sanction aussi dramatique contre les membres de leur faction » pour maintenir la discipline.

Il a affirmé qu’il n’avait pas bénéficié d’une audition équitable et que la commission était « guidée par des considérations politiques uniquement ».

L’expulsion de Chikli a été largement considérée à l’époque comme un avertissement à l’adresse des autres législateurs de Yamina de rester dans le rang après que l’ancienne cheffe de la coalition, la députée Idit Silman a plongé la coalition dans une spirale infernale en démissionnant et a privée la coalition de sa majorité début avril. Yamina a déposé sa demande d’éjection de Chikli du parti un jour après le départ de Silman ; il en a été expulsé peu après.

En quittant la coalition, mais pas son parti, Silman a laissé le gouvernement avec 60 sièges à la Knesset, soit autant que l’opposition.

Depuis lors, le gouvernement a du mal à faire passer des lois, les partis d’opposition de droite ayant juré de s’opposer à tous ses projets de loi, quel que soit leur contenu.

En conséquence, des lois essentielles ont été rejetées par la Knesset, parfois avec l’aide de législateurs rebelles issus d’autres partis de la coalition du Premier ministre Naftali Bennett composée de huit partis disparates.

La semaine dernière, un projet de loi essentiel pour renouveler une mesure de longue date étendant la loi israélienne aux résidents d’implantation de Cisjordanie a été bloqué par l’opposition avec l’aide de deux législateurs de la coalition qui ont voté contre et d’autres qui ont manqué la session.

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