Chypre : Une jeune Britannique déclarée coupable de fausse accusation de viol
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Chypre : Une jeune Britannique déclarée coupable de fausse accusation de viol

Un tribunal chypriote a déclaré lundi une adolescente britannique coupable d'avoir faussement affirmé avoir été victime d'un viol collectif par un groupe de touristes israéliens

Une Britannique de 19 ans, au centre, se couvre le visage en quittant le tribunal de Famagouste après son procès, à Paralimni (Chypre), le 30 décembre 2019. (Crédit : AP/Philippos Christou)
Une Britannique de 19 ans, au centre, se couvre le visage en quittant le tribunal de Famagouste après son procès, à Paralimni (Chypre), le 30 décembre 2019. (Crédit : AP/Philippos Christou)

Un tribunal chypriote a déclaré lundi une adolescente britannique coupable d’avoir faussement affirmé avoir été victime d’un viol collectif commis par un groupe de touristes israéliens, dans une affaire qui a suscité des allégations de mauvais traitements policiers.

La jeune fille de 19 ans a été condamnée pour « méfait public », ce qui entraîne une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et une amende d’environ 1 700 euros. La sentence a été ajournée jusqu’au 7 janvier.

L’accusée, qui a plaidé non coupable, a allégué que 12 Israéliens l’avaient violée le 17 juillet dans un hôtel à Ayia Napa.

Mais les Israéliens, âgés de 15 à 18 ans, ont été libérés sans accusation le même mois après l’arrestation de la femme, soupçonnée d’avoir « fait une fausse déclaration au sujet d’un crime imaginaire ».

Les adolescents israéliens disculpés d’accusations de viol à Chypre retrouvent leur famille à l’aéroport Ben Gurion, le 28 juillet 2019. (Crédit : Flash90)

« Les déclarations que vous avez faites étaient fausses », a déclaré le juge à la femme au tribunal de district de Famagusta à Paralimni, dans le sud-est de Chypre, dans des remarques traduites par un interprète.

Elle semblait contrariée par la durée de la peine, en le disant à son avocat : « Il a déjà pris sa décision ! Je croyais qu’on allait infliger une amende. »

« De nombreuses violations »

La défense a dit qu’elle ferait appel auprès de la Cour suprême.

« Nous pensons qu’il y a eu de nombreuses violations dans la procédure et que les droits à un procès équitable ont été violés », a déclaré l’avocate de la femme, Nicoletta Charalambidou.

Les groupes de défense des droits ont fait valoir que l’adolescente a été humiliée et maltraitée par la police et les médias.

Ils ont demandé une enquête sur le traitement de l’affaire par la police et ont critiqué la manière dont les cas et les victimes de viol sont traités à Chypre.

Des activistes organisent une manifestation devant un tribunal de Paralimni, à Chypre, le 30 décembre 2019, pour soutenir une Britannique de 19 ans qui a été reconnue coupable d’avoir fabriqué des allégations selon lesquelles elle aurait été violée par 12 Israéliens. (AP Photo/Philippos Christou)

Plus d’une douzaine de femmes d’une association de protection des femmes se sont présentées à la cour en portant des foulards blancs sur lesquels était imprimée une image de lèvres cousues.

Alors que l’accusée était conduite hors du tribunal avec le visage couvert d’un bandeau pour masquer son identité, 20 manifestants ont scandé des slogans : « Nous sommes avec vous » et « Nous vous croyons ».

« La façon dont le cas de cette jeune femme a été traité par la police et le gouvernement chypriote était erronée », a déclaré l’une des manifestantes, Maria Mappouridou.

Une autre manifestante, Helena Gonata, a déclaré : « Tout le monde trouvera une raison de ne pas la croire. C’est le cas avec le viol… personne ne vous croira. »

« Nous essayons d’encourager les femmes à parler. Beaucoup de femmes ont peur de se manifester. »

Les avocats de la femme avaient affirmé qu’elle avait subi des pressions pour signer une rétractation écrite par un détective.

Mais le juge a déclaré pendant le procès que la police avait agi correctement à tout moment, sans qu’aucune pression ne soit exercée pour faire changer d’avis la femme au sujet de sa plainte initiale pour viol.

L’accusée avait dit que la police était « hostile et négative » et lui avait demandé de signer une déclaration qu’elle n’avait pas vue.

Le groupe d’aide juridique britannique Justice Abroad, qui soutient cette femme, a déclaré que la défense porterait l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme si nécessaire.

« Malgré le revers subi aujourd’hui, l’adolescente qui a passé plus d’un mois en prison et six mois où elle n’a pas pu quitter Chypre est déterminée à ce que justice soit faite dans son cas ainsi qu’à aider à changer la culture envers les victimes de délits sexuels à Chypre », a déclaré Michael Polak, de Justice Abroad, dans un communiqué.

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