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Ciel de feu à Haïfa pour une nouvelle nuit de guerre en Israël

Salves répétées, alertes nuit et jour, pour des millions d'Israéliens du nord et du centre du pays, particulièrement ciblés, la routine s'installe

Des traînées de roquettes dans le ciel au-dessus de Netanya le 5 mars 2026, lors d'une attaque menée à l'aide d'armes à sous-munitions lancée par l'Iran. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des traînées de roquettes dans le ciel au-dessus de Netanya le 5 mars 2026, lors d'une attaque menée à l'aide d'armes à sous-munitions lancée par l'Iran. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Il est environ 20H00, il fait déjà nuit noire à Haïfa et soudain, une équipe de l’AFP est témoin, dans la grande cité côtière, d’une impressionnante salve de missiles ou roquettes tirées sur le nord d’Israël.

La troisième ville du pays, dont les quartiers en terrasses s’étendent des bords de la Méditerranée aux pentes nord du mont Carmel, est connue pour sa mixité ancienne entre Juifs et Arabes, ainsi que ses sensibles installations portuaires, avec une raffinerie de pétrole et une base navale.

Les musulmans terminent leur iftar (repas de rupture du jeûne du ramadan), les restaurants de la ville basse servent déjà leurs derniers dîners.

Mercredi, en ce douzième jour de guerre israélo-américaine contre l’Iran, et des représailles iraniennes à coups de missiles vers Israël, l’activité nocturne est sérieusement réduite.

A une trentaine de kilomètres de la frontière libanaise, Haïfa est aussi la cible régulière des roquettes du Hezbollah, mouvement terroriste chiite allié de la République islamique et ennemi juré d’Israël, contre lequel l’armée israélienne est en train d’intervenir au sol dans le sud du Liban en plus de bombardements massifs jusqu’à Beyrouth.

Météorites

Plusieurs éclairs orange déchirent tout d’un coup le ciel nocturne. Des fils d’or tracent comme un peigne à l’horizon, vers la Méditerranée toute proche, effrayantes et étranges météorites qui incitent immédiatement les badauds à se mettre à couvert.

De sourdes explosions résonnent légèrement en décalé au-dessus de la ville, qui secouent les vitres comme les tripes. On devine que les missiles intercepteurs du « Dôme de fer » (système de défense sol-air) sont en action, avec des tracés qui partent à la verticale vers les projectiles.

La lancinante sirène des alertes anti-aériennes se déclenche dans la foulée.

Si les systèmes d’alerte sont efficaces pour repérer les missiles venus d’Iran, ils n’ont pas toujours le temps de prévenir des roquettes et drones tirés par le Hezbollah depuis le Liban tout proche.

Les derniers clients attablés aux terrasses se précipitent à l’abri, l’AFP trouve refuge dans une cave de pierres voûtée du temps des Mamelouks. Plus accoutumés aux roquettes, les serveurs regardent le ciel, mais restent prudemment sur le perron, comme si cela pouvait les protéger des shrapnels.

Roquettes, drones ou missiles ? Vue de l’avenue Ben-Gurion et de ses restaurants sous les arbres, difficile d’avoir une idée de la nature de la frappe. Une seule certitude, à en croire le tracé des projectiles, l’attaque venait clairement du nord, depuis le Liban.

Brouillard et censure

Selon l’armée israélienne, le Hezbollah a tiré mercredi soir depuis le Liban, « simultanément » avec l’Iran, sa plus vaste attaque depuis le début de la guerre : les chiffres font état d’environ 200 roquettes et 20 drones. Les services de secours ont dit avoir pris en charge deux blessés.

L’incident est relativement ordinaire à Haïfa, cible régulière de ces frappes depuis le début de la guerre, sous les tirs croisés venus du Liban et de l’Iran.

Il raconte le quotidien de cette guerre, faite de salves répétées et d’alertes nuit et jour, pour des millions d’Israéliens du nord et du centre du pays, particulièrement ciblés.

Alors que les réseaux sociaux sont noyés d’images, souvent manipulées par une propagande grossière, et que la diffusion de ce genre de scènes reste soumise à la très stricte censure israélienne, il illustre aussi la difficulté de rendre compte de ce conflit pour la presse en Israël. L’armée refuse notamment de donner la moindre statistique sur la géographie des frappes et leur nombre exact pour ne pas aider l’ennemi.

« Au cours des dernières 24 heures, et en particulier au cours des dernières heures, les tirs de roquettes vers Israël depuis l’Iran et depuis le Hezbollah au Liban se sont poursuivis », a commenté en soirée le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne.

Appelant une nouvelle fois à « respecter strictement les consignes » de « se mettre à l’abri dans les espaces protégés », il a reconnu un « volume important de tirs ces derniers jours, à la fois du Hezbollah au nord et de l’Iran », des tirs en « grande majorité interceptés ».

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