Cisco rachète une start-up israélienne de cyber-sécurité spécialisée dans l’IA agentique
Le géant US de la tech acquiert Astrix, dont la plateforme sécurise les agents autonomes d’IA disposant d’un accès étendu aux systèmes d’entreprise
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le géant américain des technologies Cisco Systems a accepté d’acquérir la start-up israélienne de cyber-sécurité Astrix Security afin de renforcer ses outils de cyber-sécurité face aux menaces émergentes liées à l’utilisation croissante d’agents d’intelligence artificielle autonomes, ont annoncé mardi les deux entreprises.
Aucun détail financier n’a été communiqué, mais la presse israélienne a estimé la valeur de la transaction à un montant allant de 300 à 400 millions de dollars.
Fondée en 2021 par Alon Jackson, PDG, et Idan Gour, directeur technique – tous les deux d’anciens membres de la célèbre unité de renseignement 8200 de Tsahal – Astrix, basée à Tel Aviv, a développé une plateforme logicielle destinée à combler les failles de sécurité créées par les agents IA ou par les employés numériques bénéficiant d’un accès illimité aux systèmes d’entreprise, sans gouvernance, supervision ni gestion des identités.
« Nous avons fondé Astrix avec une conviction claire : les identités et les identifiants qui alimentent les systèmes d’entreprise modernes – clés API, comptes de service, jetons OAuth – étaient dangereusement sous-sécurisés », a déclaré Jackson. « Ces identités non humaines étaient omniprésentes, se développaient rapidement et demeuraient largement invisibles pour les équipes de sécurité. »
« Nous avons créé Astrix parce que nous pensions qu’il s’agissait de l’un des plus importants défis encore non résolus en matière de sécurité des entreprises », a ajouté Jackson.
La plateforme de la start-up est conçue pour cartographier l’ensemble des agents IA présents dans le réseau d’une entreprise. Elle suit les outils déployés par ces agents pour automatiser certaines tâches, avec notamment l’utilisation d’identifiants qui permettent d’accéder à des données sensibles et d’exécuter des tâches au sein des vastes réseaux de connexions entre machines des entreprises modernes.
Elle détecte les comportements anormaux ou malveillants afin d’identifier les risques et de traiter les menaces de sécurité en temps réel.
« Ce qui avait commencé comme une mission visant à apporter visibilité et contrôle aux NHI [identités non humaines] a évolué vers quelque chose de plus vaste : une plateforme pensée pour l’ère de l’IA agentique, où des agents autonomes opèrent déjà au sein des systèmes les plus sensibles, avec des accès privilégiés, largement invisibles », a déclaré Gour. « Cette faille constitue la prochaine grande surface d’attaque ; la priorité est désormais de la combler. »
Cette acquisition intervient alors que les entreprises intègrent rapidement des assistants autonomes à leurs logiciels, processus métier et flux de travail existants. L’IA agentique, ou agents IA virtuels, fonctionne de manière similaire aux assistants intelligents : elle utilise le raisonnement pour prendre des décisions en temps réel et accomplir des tâches complexes avec une intervention humaine minimale, comme la collecte et l’analyse de grandes quantités de données.
« Nous assistons à une explosion du nombre d’agents IA qui transforment déjà l’entreprise numérique », a déclaré Peter Bailey, directeur général de la division sécurité de Cisco Systems. « Bientôt, chaque membre d’une organisation sera soutenu par un réseau d’agents IA fonctionnant en continu à la vitesse d’une machine, accédant aux données, prenant des décisions et agissant en son nom. »
« Ces agents représentent une catégorie entièrement nouvelle de collaborateurs : capables d’une productivité extraordinaire, mais aussi de provoquer des dommages involontaires ou d’adopter des comportements malveillants s’ils ne sont pas sécurisés », a averti Bailey. « Il s’agit d’une nouvelle surface d’attaque, qui se développe plus rapidement que ne le réalisent la plupart des organisations. »
Bailey a indiqué que Cisco prévoyait d’intégrer la plateforme d’IA agentique d’Astrix à sa propre plateforme de sécurité afin de soutenir ses solutions de gestion des identités et d’architecture « zero trust ».
« L’écart entre les capacités des agents et le niveau de préparation des organisations continue de se creuser », a déclaré Jackson. « Le combler nécessite précisément le type de plateforme, de portée et d’expertise qu’apporte ce rapprochement. »
À ce jour, Astrix, qui emploie 120 personnes, a levé plus de 85 millions de dollars. Parmi ses investisseurs figurent Menlo Ventures, Bessemer Venture Partners, Workday et l’Anthology Fund, un véhicule d’investissement soutenu par Anthropic.
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