Cisco soutient une start-up israélienne de cyber-sécurité dirigée par une experte d’origine iranienne
Zafran Security développe des logiciels destinés à détecter et à atténuer les cybermenaces en harmonisant les outils de sécurité existants, alors que l'avancée de l'IA réduit le temps donné aux responsables de la sécurité pour réagir
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

La start-up israélienne Zafran Security, qui a développé une plateforme de gestion des risques liés aux cybermenaces basée sur l’IA, a décroché un investissement stratégique de la part du géant américain de la technologie Cisco Systems Inc.
C’est par l’intermédiaire de sa filiale de capital-risque Cisco Investments que le fabricant américain de logiciels et de matériel réseau a investi dans Zafran, a fait savoir la start-up dans la soirée de mercredi. Si le montant de cet investissement n’a pas été divulgué, il devrait porter le financement total de Zafran, précédemment annoncé à 130 millions de dollars, à plus de 140 millions de dollars, selon les médias israéliens.
Cisco Investments vient ainsi s’ajouter à la liste des investisseurs existants, parmi lesquels figurent Sequoia Capital, Cyberstarts, Menlo Ventures, PSP Growth, Vintage Investment Partners et American Express Ventures.
Zafran a été fondée en 2022 par Sanaz Yashar, ancienne chercheuse en cyber-sécurité d’origine iranienne et PDG de l’entreprise, avec Snir Havdala et Ben Seri. La start-up a développé une plateforme de gestion et d’atténuation des risques, qui propose de détecter et de corriger les failles de sécurité logicielles en quelques heures seulement – au lieu de plusieurs semaines. La plateforme adapte, coordonne et synchronise l’ensemble des outils de sécurité existants d’une organisation afin de la protéger contre les cyberattaques.
Janey Hoe, vice-présidente de Cisco Investments, a déclaré que cet investissement dans Zafran visait à « créer un écosystème de sécurité mieux unifié et axé sur le renseignement, qui permette à nos clients de mieux détecter les vulnérabilités et de réduire les risques au sein de leur infrastructure ».
« Alors que le spectre des menaces gagne en complexité à l’ère de l’IA, le défi pour les équipes de sécurité ne se limite plus à l’identification des vulnérabilités : il s’étend désormais à la gestion efficace de leur correction », a ajouté Hoe.

La plateforme de Zafran utilise l’IA et les technologies d’automatisation pour gérer l’exposition aux menaces et leur atténuation, dans un contexte où l’IA accélère à la fois la rapidité et la capacité des développeurs et des acteurs malveillants à détecter les failles logicielles. L’un des principaux défis auxquels doivent faire face les entreprises est que les pirates sont beaucoup plus rapides à exploiter les failles de sécurité critiques que les sociétés ne le sont à les corriger, a souligné Cisco dans un récent article de blog.
En 2025, le délai médian nécessaire aux entreprises pour corriger une vulnérabilité critique est passé à 43 jours, contre 32 jours en 2024, a révélé le rapport annuel de Verizon sur les violations de données.
« Les entreprises ont réalisé d’énormes investissements dans la cyber-sécurité au cours de ces dix dernières années. L’opportunité qui se présente aujourd’hui est de faire en sorte que ces investissements fonctionnent en synergie », a expliqué Yashar. « L’IA a fondamentalement changé la manière dont les pirates opèrent, en augmentant la vitesse, l’ampleur et la complexité de leurs attaques. »
« Notre objectif, en créant Zafran, était d’en faire le centre névralgique qui aide les organisations à évaluer leur vulnérabilité, à déterminer les priorités d’action et à déployer les contrôles de sécurité dont elles disposent déjà afin de réduire les risques avant même que les attaques ne se concrétisent », a ajouté Yashar.
Après avoir fui Téhéran pour Israël avec sa famille à l’âge de 17 ans, Yashar a servi pendant 15 ans au sein de l’unité d’élite 8200 de l’armée israélienne, spécialisée dans le renseignement en cyber-sécurité.
Elle a également occupé des postes à responsabilité au sein des sociétés de détection des cybermenaces FireEye, Mandiant et Cybereason, où elle a enquêté sur des attaques commanditées par les États russe et iranien.
En mai, Cisco a annoncé le rachat de la start-up israélienne de cybersécurité Astrix Security, marquant ainsi la 20e acquisition réalisée par le géant technologique ces dernières années. L’entreprise américaine dispose de centres de R&D à Césarée, Netanya et Tel Aviv.
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