Cisjordanie: 7 attaques de pro-implantations durant la nuit selon les Palestiniens
Au moins deux Palestiniens auraient été hospitalisés pour des blessures subies lors d'attaques contre des maisons, des véhicules et d'autres biens

Des Palestiniens ont rapporté une série de violences commises par des résidents d’implantation dans toute la Cisjordanie dans la nuit de jeudi à vendredi, soulignant une tendance à la poursuite des attaques malgré les récentes condamnations de la part des responsables israéliens et en dépit des promesses de poursuivre les auteurs – qui restent largement impunis.
Dans le nord de la Cisjordanie, plusieurs bâtiments ont été incendiés dans le village de Luban a-Sharqiya, causant d’importants dégâts matériels. Aucun blessé n’a été signalé. Non loin de là, à Abu Falah, près de Ramallah, un bâtiment agricole a également livré aux flammes. Les auteurs de l’incendie seraient des partisans du mouvement pro-implantation.
Plus au nord, à Deir Sharaf, près de Naplouse, une pépinière a été vandalisée. À Huwara, plus d’une dizaine de véhicules appartenant à des Palestiniens ont été incendiés dans un parking. Des témoins ont rapporté avoir vu des résidents d’implantation masqués quitter les lieux.
Des partisans du mouvement pro-implantation ont également été filmés en train de mener un raid dans le village de Beit Furik, se livrant à des actes d’intimidation sur les habitants, et ce en dépit de la situation du village dans la zone B, à laquelle les citoyens israéliens n’ont pas le droit d’accéder. Par ailleurs, dans le village de Markaz, situé dans les collines du sud d’Hébron, plusieurs Palestiniens auraient été battus à coups de matraque par des hommes masqués. Un habitant souffrant de blessures modérées a été transporté à l’hôpital.
Dans un incident distinct survenu à la sortie du village de Susya, des résidents d’implantation auraient renversé un Palestinien de 85 ans qui se rendait à la mosquée et son âne, causant des blessures qui ont nécessité une hospitalisation. Quelques jours plus tôt, des partisans du mouvement pro-implantation avaient tagué des graffitis en hébreu sur des bâtiments voisins.
Aucune arrestation en lien avec ces incidents n’a été signalée.
דיווחים פלסטיניים כי מתנחלים הציתו בין לובן אל שרקיה לאמוריה מספר מבני מגורים חדשים. נזק נגרם לרכוש, אין דיווח על פצועים.
קרדיט 27 א pic.twitter.com/58tc1MJkox— Matan Golan (@MatanGolanPhoto) November 21, 2025
Intensifiant encore les tensions, une chaîne WhatsApp publique gérée par des extrémistes juifs a diffusé une vidéo se vantant du nombre d’attaques perpétrées contre des Palestiniens au cours du mois hébreu de Heshvan, qui s’est achevé jeudi.
Dimanche, au cours d’une réunion hebdomadaire du cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël « agira avec toute la force nécessaire contre les émeutes visant les soldats de l’armée israélienne — contre les Palestiniens, et contre les soldats de l’armée israélienne —, car nous sommes un État de droit, et un État de droit agit conformément à la loi », marquant ainsi son premier commentaire public sur la question.
Sa déclaration a fait suite à la condamnation des récentes attaques par le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, selon lequel elles « franchissaient une ligne rouge, détournant l’attention de nos forces de leur mission ».
Selon des informations publiées jeudi, les autorités israéliennes chargées de la sécurité ont, en raison de la forte hausse des incidents graves au cours de l’année écoulée, rédigé une série de nouvelles recommandations visant à lutter contre la criminalité nationaliste juive et contre la violence des résidents d’implantations en Cisjordanie.
Les litiges juridiques se sont également intensifiés. Une famille palestinienne du nord de la Cisjordanie a déposé un recours devant la Cour Suprême pour se plaindre que Tsahal a saisi son bétail pour le donner à des résidents d’implantation voisins.
Selon ces mêmes résidents d’implantation, installés dans un avant-poste agricole illégal, les vaches en question leur appartiennent depuis toujours, ce que conteste la famille palestinienne, assurant que l’armée n’a apporté aucune preuve de ce droit de propriété lorsque les soldats ont saisi le bétail dans le village de Sanur, non loin de Jénine, le mois dernier.
Ces avant-postes agricoles se sont multipliés en Cisjordanie en toute liberté et sont devenus des foyers d’attaques répétées contre les Palestiniens.
Dans son recours, déposé par l’Association pour les droits civiques en Israël, la famille palestinienne assure par ailleurs que la saisie du bétail s’est faite dans la violence, avec des personnes interpelées, des animaux maltraités et des biens détruits.
חיילי צה"ל לוקחים עדר פרות מהכפר סנור בגדה המערבית, אשר מתנחלים טענו כי נגנב מהם pic.twitter.com/7MFTHdclvf
— הארץ חדשות (@haaretznewsvid) November 20, 2025
« Les jours passent et les demandeurs demeurent privés de leur gagne-pain. Pire encore, plus le temps passe, plus les chances de retrouver les vaches qu’ils élèvent depuis des années et constituent leur unique source de revenus s’amincissent. Alors que les voleurs, ou tout du moins ceux auxquels le troupeau volé a été remis, en profitent,” peut-on lire dans le recours initialement révélé par Haaretz.
חיילים עוצרים שני פלסטינים בעלי עדר פרות בכפר סנור בגדה המערבית, לאחר שמתנחלים טענו כי הפרות במקום נגנבו מהם pic.twitter.com/4BoBh0FB0G
— הארץ חדשות (@haaretznewsvid) November 20, 2025
« Ce sentiment d’impunité, cet usage illimité du pouvoir et de la force à des fins illégales, ainsi que le mépris total et violent envers les droits humains et protections dont bénéficient les habitants, trouvent leur expression la plus pure dans cette ignoble affaire », a déclaré Reut Shaer, de l’Association pour les droits civiques en Israël, dans une déclaration pour le journal Haaretz.
« Au lieu de protéger les droits des habitants et de garantir l’ordre public, les soldats agissant au nom des défendeurs et soumis à leur autorité se comportent comme les pires émeutiers. »
La communauté internationale, pour sa part, a fermement condamné ces violences. Singapour a fait part de son intention d’imposer des sanctions financières et des interdictions d’entrée sur son territoire à quatre dirigeants du mouvement pro-implantation israélien — Meir Mordechai Ettinger, Elisha Yered, Bentzi Gopstein et Baruch Marzel — pour ces « actes monstrueux d’une très grande violence » commis contre les Palestiniens. Des actes de nature à compromettre les perspectives d’une solution à deux États, selon le ministère des Affaires étrangères de Singapour.
Les quatre individus cités ont déjà fait l’objet de sanctions de la part de l’Union européenne. Ettinger, Yered et Gopstein ont également été sanctionnés par le Canada. Certains ont en outre été visés par des sanctions des États-Unis.







