Citant le 7 octobre, Katz annonce le maintien de troupes en Syrie pour défendre le nord d’Israël
Le ministre de la Défense campe sur ses positions durant les négociations visant à conclure un accord de sécurité avec Damas ; un mort dans une frappe israélienne sur un village près de la frontière du Golan signalé

Mardi, Israël a annoncé qu’il n’avait pas l’intention de se retirer des postes militaires en territoire syrien, au sommet du mont Hermon et dans d’autres zones de l’autre côté de la frontière, alors que des informations font état de pourparlers avancés entre Jérusalem et Damas en vue de conclure des accords de sécurité le long de cette frontière sensible.
Ces déclarations du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, interviennent au lendemain de la condamnation par la Syrie de l’incursion de dizaine de soldats israéliens à l’est des contreforts du mont Hermon, une incursion que Damas a qualifiée « d’escalade dangereuse ».
Le Qatar a « fermement condamné » les incursions présumées de Tsahal en territoire syrien, les qualifiant de « violation flagrante » de la souveraineté et exhortant la communauté internationale à « prendre des mesures décisives » pour contraindre Israël à s’abstenir de ce qu’il décrit comme des agressions répétées.
« L’État du Qatar condamne fermement l’incursion des forces d’occupation israéliennes dans les territoires de la République arabe syrienne sœur, la considérant comme une violation flagrante de la souveraineté de la Syrie, une violation flagrante du droit international et un défi à la volonté internationale de soutenir la reconstruction, le développement et l’établissement de la paix dans la région », a écrit le ministère qatari des Affaires étrangères dans un communiqué publié le réseau social X.
Doha a appelé la communauté internationale à « prendre des mesures décisives » contre Israël « afin de le contraindre à mettre fin à ses agressions répétées sur les territoires syriens et à ses actions irresponsables, qui constituent une grave menace pour la sécurité régionale et internationale ».
Les médias syriens ont rapporté de nouvelles violences mardi matin. Israël aurait bombardé une maison dans le village de Tranjah, au nord de Qouneitra, près de la frontière avec le plateau du Golan.
Selon certaines informations, une personne aurait été tuée dans l’attaque d’une maison du village. Il s’agirait d’un « jeune homme », n’appartenant pas aux forces de sécurité syriennes. Sur des photos, on peut voir les dégâts causés à une partie du deuxième étage de ce qui semble être une maison inoccupée.
L’armée israélienne n’a fait aucun commentaire sur cette frappe présumée.
Dans une publication sur X, Katz a écrit : « Tsahal restera au sommet du [mont] Hermon ainsi que dans la zone de sécurité essentielle pour défendre les communautés du Golan et de Galilée contre les menaces provenant du côté syrien. »
La nécessité pour Israël de maintenir une présence dans cette région est « la principale leçon à tirer des événements du 7 octobre [2023] », a ajouté le ministre, qui s’était précédemment engagé à conserver indéfiniment une présence militaire au sommet du mont Hermon.
Des milliers de terroristes du Hamas ont envahi Israël le 7 octobre 2023, prenant l’armée au dépourvu, saccageant les communautés situées à proximité de la frontière avec Gaza. Plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées lors de ces massacres. Deux cent cinquante et une autres ont été enlevées et emmenées de force à Gaza.
Selon l’État juif, le Hezbollah, groupe terroriste chiite libanais crée et financé par la République islamique d’Iran, avait projeté une invasion similaire de la Galilée depuis le Liban.
Katz a en outre mentionné la décision d’Israël de continuer à défendre la communauté druze en Syrie.
Tsahal a pris le contrôle du sommet syrien du mont Hermon après la chute du dictateur syrien Bashar el-Assad, en décembre, et y est depuis.
Des soldats ont également été déployés sur différents postes dans le sud syrien, tout près de la frontière, principalement dans une zone tampon placée sous la surveillance de l’ONU à la frontière entre les deux pays.
Les soldats ont mené des opérations dans des zones entrant jusqu’à 15 kilomètres en territoire syrien, dans le but de saisir toutes les armes qui, selon Israël, pourraient constituer une menace pour le pays si elles tombaient entre des mains hostiles.
Même s’il est, tout comme Jérusalem, opposé au Hezbollah et aux autres groupes terroristes soutenus par la République islamique d’Iran qui menaçaient le nord d’Israël sous Assad, le gouvernement syrien, dirigé par Ahmed al-Sharaa – également connu sous son nom de guerre, Abu Mohammed al-Jolani, qui n’était autre que le chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’ex branche d’Al-Qaïda en Syrie, suscite toutefois la méfiance d’Israël.
L’État juif s’est néanmoins engagé dans des pourparlers, sous l’égide des États-Unis, visant à parvenir à un accord avec Damas et à désamorcer les conflits potentiels – ce qui, selon certains, permettrait d’ouvrir la voie à des pourparlers de normalisation plus larges.
Lundi, Sharaa a fait savoir aux journalistes arabes de la chaîne de télévision Sky News que son gouvernement menait des négociations « avancées » avec Israël au sujet d’un accord de sécurité, ajoutant qu’un tel accord devrait rétablir les « lignes de désengagement » qui constituent la frontière de facto entre les deux pays depuis 1974.
Sharaa s’est ensuite entretenu à Damas, avec l’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, au sujet de l’évolution de la situation dans le pays et dans la région.
Tom Barrack se trouvait en Israël dimanche, où il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour parler des questions de la Syrie et du Liban.
Interrogé par le média américain Axios, Barrack a répondu qu’Israël et la Syrie « ont des intentions et des désirs communs mais qu’à l’heure actuelle, il reste encore beaucoup à faire » avant d’aboutir à un accord de sécurité.
« L’établissement d’un dialogue constructif entre ces États-nations permettra d’ouvrir la voie à une entente durable, qui sera elle-même le prélude à la stabilité et à la prospérité de la région », a-t-il ajouté.
Dans la matinée, le ministère syrien des Affaires étrangères a quant à lui condamné ce qu’il a qualifié de tentative d’Israël d’étendre sa sphère de contrôle autour du mont Hermon, affirmant que 60 soldats avaient été déployés sur une colline à l’emplacement stratégique, en surplomb de Beit Jinn.
D’après des habitants, Israël a procédé à l’arrestation de six Syriens.
Selon un porte-parole de Tsahal, les soldats ont mené des opérations de routine dans une zone au sud de la Syrie, mais ne sont pas intervenus à Beit Jinn, une région située à environ 7 kilomètres à l’est de la frontière avec Israël, où les militaires ont mené des raids dans le passé.
L’armée a également affirmé n’avoir procédé à aucune arrestation durant cette opération dans le sud de la Syrie. Les soldats auraient en revanche interpellé une personne pour l’interroger après que plusieurs suspects ont été vus s’approchant de la zone, d’une manière jugée menaçante par les militaires.
« Il s’agit d’une escalade dangereuse, considérée comme une menace directe pour la paix et la sécurité de la région », a rapporté le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Les États-Unis s’efforcent pour leur part d’apaiser les tensions entre Israël et la Syrie depuis que l’armée israélienne est intervenue le mois dernier pour défendre la communauté druze de Syrie, bombardant le ministère de la Défense à Damas et visant les forces du régime qui, selon l’État juif, se préparaient à commettre des massacres dans la province à majorité druze de Soueïda.
Selon la chaîne d’information N12, un accord entre Jérusalem et Damas pourrait conduire à la démilitarisation de la partie syrienne du plateau du Golan, l’armée syrienne se voyant alors interdire toute opération dans les zones sensibles.
Israël demande également l’interdiction des armes stratégiques en Syrie et la mise en place d’un corridor humanitaire vers les zones druzes du sud syrien. En contrepartie, la Syrie bénéficierait d’une aide à la reconstruction apportée par les États-Unis et les pays du Golfe.
La question du corridor humanitaire a été évoquée la semaine dernière lors de pourparlers trilatéraux entre Barrack, le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, et le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad al-Chaibani, a rapporté le média Axios lundi.







