Citant son judaïsme, une famille syrienne appelle à l’aide Israël
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Citant son judaïsme, une famille syrienne appelle à l’aide Israël

Dans un enregistrement, une femme appelle l'état juif à ne pas abandonner ses proches mais l'Agence juive affiche son scepticisme

Un petit garçon syrien est assis avec les objets qu'il a récupéré des ruines de sa maison, dans le quartier Al-Arkoub d'Alep, après une opération des forces pro-régime pour reprendre la ville au rebelles, le 17 décembre 2016. (Crédit : Youssef Karwashan/AFP)
Un petit garçon syrien est assis avec les objets qu'il a récupéré des ruines de sa maison, dans le quartier Al-Arkoub d'Alep, après une opération des forces pro-régime pour reprendre la ville au rebelles, le 17 décembre 2016. (Crédit : Youssef Karwashan/AFP)

Les membres d’une famille piégée dans la ville syrienne d’Alep ravagée par la guerre ont imploré le gouvernement israélien de leur venir en aide pour quitter le pays, affirmant qu’ils sont Juifs et qu’Israël est donc dans l’obligation « de ne pas les abandonner ».

Dans un enregistrement diffusé dans la matinée de dimanche qui a été transmis à la radio militaire par l’un des membres de cette famille qui était parvenu à s’échapper, une femme utilisant le nom de « Razan » appelle Israël à aider la famille à s’enfuir.

“Il n’y a personne qui puisse nous aider à quitter cet endroit. Nous demandons au gouvernement d’Israël de ne pas nous abandonner et de nous aider à quitter ce lieu pour n’importe quel autre pays. Je demande au gouvernement d’Israël d’en appeler au monde. Cette religion [le judaïsme] recueille tout mon amour et toute ma dévotion », dit-elle en arabe.

Razan ajoute que « le gouvernement [d’Israël] est un gouvernement puissant et je pense qu’il n’abandonnera aucun Juif dans le monde entier. Tous les Juifs savent qu'[Israël] ne les négligera pas, parce qu’Israël est le pays le plus puissant sur la surface de la terre et qu’il n’abandonnera pas ses coreligionnaires ».

La synagogue centrale d'Alep en janvier 2016 (Crédit : Autorisation Moti Kahana)
La synagogue centrale d’Alep en janvier 2016 (Crédit : Autorisation Moti Kahana)

Salah, jeune frère de Razan, est celui qui a transmis l’enregistrement à la radio militaire. Vivant dorénavant à Londres après avoir fui Alep il y a plus d’un an et demi en passant par la Turquie, il explique que son père est musulman et que sa mère est juive, et que lui et ses deux soeurs se sont toujours considérés comme Juifs.

“Quand j’étais petit, ma mère me disait que j’étais Juif et je comprenais bien ça. Et avant la guerre, je le disais à tout le monde, tout le monde savait que j’étais Fuif, tous les voisins autour de moi. Après la guerre, je n’ai plus pu le dire parce que c’était très difficile », indique-t-il.

Malgré les appels à l’aide de la famille, les responsables de l’Agence juive – qui ont mené un certain nombre d’opérations pour aider des Juifs à quitter des pays hostiles – ont fait savoir à la radio militaire qu’ils avaient des doutes sur le judaïsme de ces Syriens, parce que des gens dans des positions semblables ont, dans le passé, assuré que leurs identités juives restaient secrètes pour ne pas se mettre plus en danger encore.

Elizabeth Tzurkov, qui étudie la Syrie au sein du think tank israélien Forum for Regional Thinking, a expliqué à la radio militaire qu’elle connaissait des cas similaires à celui de cette femme appelant à l’aide et a mis en doute l’origine du scepticisme affiché par l’Agence juive.

Un homme parmi les ruines après un bombardement sur la ville d'Alep, le 31 janvier 2014. (Crédit : AFP/Mohammed Al-Khatieb)
Un homme parmi les ruines après un bombardement sur la ville d’Alep, le 31 janvier 2014. (Crédit : AFP/Mohammed Al-Khatieb)

“Je ne sais pas sur quelle base l’Agence [Juive] a déterminé que cette histoire n’est pas fiable », a-t-elle déclaré, alors qu » ‘un certain nombre de Syriens sont entrés en contact avec moi, des descendants de femmes juives qui se sont convertis à l’islam ou qui n’ont pas changé leur foi et qui m’ont demandé des informations concernant une éventuelle immigration en Israël ».

Ceux qui avaient été désignés comme étant les derniers Juifs d’Alep avaient quitté le pays en 2015. La même année, on estimait le nombre de Juifs encore en Syrie à environ 20.

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