Rechercher

Climat, COVD, communauté arabe : Les objectifs du gouvernement

La coalition diffuse un document de 213 pages qui orientera le travail des ministères et qui promet de meilleurs services, un coût de la vie plus bas et plus d'égalité

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les villages bédouins non reconnus autour de la zone industrielle de Ramat Hovav, dans le sud d'Israël, souffrent d'un niveau élevé de pollution atmosphérique en raison des bassins d'évaporation chimique à proximité et d'une centrale électrique d'Israel Electric Company, le 28 décembre 2017. (Yaniv Nadav/Flash90)
Les villages bédouins non reconnus autour de la zone industrielle de Ramat Hovav, dans le sud d'Israël, souffrent d'un niveau élevé de pollution atmosphérique en raison des bassins d'évaporation chimique à proximité et d'une centrale électrique d'Israel Electric Company, le 28 décembre 2017. (Yaniv Nadav/Flash90)

Le gouvernement a rendu public, dimanche soir, un plan présentant ses priorités et ses objectifs dans de nombreux domaines politiques. Le changement climatique y apparaît largement.

Un porte-parole du Premier ministre Naftali Bennett a indiqué au Times of Israel qu’avec la diffusion de ce document de 213 pages qui est intitulé : « 36è gouvernement : Les principes politiques », le Premier ministre espérait se concentrer particulièrement sur les questions du climat, de la pandémie de COVID-19 et de la communauté arabe.

« Tout comme il est impossible d’avancer dans une direction sans boussole, les ministres du gouvernement doivent eux aussi définir, pour eux comme pour le public, quels sont les objectifs qu’ils veulent atteindre et quels sont les principaux domaines où ils investiront de l’énergie et des ressources », écrit Bennett en introduction du plan.

« Tous les citoyens sont actionnaires de ce miracle appelé l’État d’Israël et il relève du droit et de la responsabilité de tous les Israéliens de savoir dans quelle direction avance le pays », ajoute Bennett.

Le document vise à améliorer la synchronisation entre responsables élus et personnels des divers bureaux gouvernementaux. Il servira aussi à orienter les ministères dans leur travail sur leurs plans annuels respectifs pour 2022.

Le bureau du Premier ministre avait demandé aux ministères de commencer à travailler sur ce projet quand le nouveau gouvernement avait pris ses fonctions au mois de juin et chaque ministre, au sein de cette coalition diverse, avait eu la responsabilité de son propre domaine de compétence.

Des plans plus détaillés présentés par chaque ministère seront publiés dans les prochains mois.

Le dirigeant de Yamina, Bennett, et le leader de Yesh Atid avaient formé un gouvernement au mois de juin, mettant un terme à douze années passées au poste de Premier ministre par Benjamin Netanyahu – un record- ainsi qu’à une crise politique qui avait entraîné quatre élections dans le pays en l’espace de moins de deux ans.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, avec Yair Lapid, Premier ministre d’alternance et ministre des Affaires étrangères, à gauche, lors d’une réunion du cabinet à la Résidence du Premier ministre de Jérusalem, le 20 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le changement climatique occupe une place prédominante dans le document, figurant auprès de plusieurs ministères et des plans politiques.

« Administrer un secteur de l’énergie propre, fiable et durable pour chaque foyer en Israël est une lutte déjà en cours », écrit la ministre de l’Énergie Karine Elharrar, « en particulier au vu de notre combat et au combat du monde entier contre la crise climatique qui continue à empirer et qui affecte la vie de chacun d’entre nous ».

Parmi ses objectifs, l’avancée vers les énergies renouvelables, l’augmentation des investissements dans la Recherche & Développement dans le secteur de l’énergie, la gestion responsable des ressources significatives de gaz naturel dans le pays, l’amélioration de la coopération et de l’interopérabilité régionales, et l’amélioration de la sécurité et de l’autonomie énergétiques au sein de l’État juif.

« La crise du climat est au sommet de sa force, » avertit la ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg, qui évoque de surcroît « une menace tangible sur nos vies ».

La ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg sur le site d’une fuite de pétrole dans le sud d’Israël, le 31 août 2021. (Crédit : ministère de la Protection environnementale)

Zandberg a promis que le gouvernement ferait du changement climatique l’une des premières menaces stratégiques autour desquelles est définie la politique de sécurité nationale.

Elle a aussi indiqué qu’elle allait s’efforcer de faire adopter une loi sur le climat exhaustive qui comprendrait la déclaration de l’état d’urgence climatique.

Néanmoins, Zandberg n’a pas précisé ce que comprendrait cette loi importante et de quelle façon une déclaration de l’état d’urgence climatique pourrait toucher l’économie israélienne ainsi que le quotidien des citoyens.

Les objectifs du ministère de la Protection environnementale présentés dans le document incluent des réformes du recyclage, l’amélioration des normes environnementales dans les villes et dans les villages arabes, la protection des écosystèmes naturels et la mise en conformité des normes environnementales, dans le pays, avec les normes internationales.

Le gouvernement présente aussi dans son plan une série d’autres initiatives en direction des communautés arabes.

Le ministère de la Santé promet de continuer de mettre en œuvre la décision prise par le gouvernement en 2015 d’améliorer les services de santé au sein des communautés arabes, et il s’engage à embaucher plus de personnel arabophone, en particulier dans le domaine des soins psychiatriques.

Les manifestants dans les rues d’Umm al-Fahm protestent contre l’incapacité présumée de la police à lutter contre le crime organisé et les violences dans les communautés arabes, le 5 mars 2021. (Crédit : Liste arabe unie)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev s’engage de son côté à combattre les violences croissantes au sein de la société arabe à travers un renforcement de la présence des forces de l’ordre en plus d’initiatives communautaires qui seront prises dans les secteurs de l’éducation, des affaires sociales et de l’emploi. Il promet aussi de s’attaquer aux racines des activités des groupes mafieux et autres comportements criminels.

D’autres initiatives, venant notamment de l’Autorité israélienne de l’Innovation, cherchent à augmenter le nombre d’Arabes, de femmes et de haredim dans le secteur hi-tech tandis que le ministère des Affaires et du patrimoine de Jérusalem présente son programme de développement des quartiers de Jérusalem-Est.

Les effets de l’épidémie de COVID-19 en cours se font également ressentir dans ce plan politique.

Le ministère de l’Éducation, qui entame sa troisième année scolaire dans l’ombre de la pandémie, établit une série d’initiatives visant à minimiser les souffrances sociales et émotionnelles subies par les élèves en résultat de la fermeture fréquente des écoles et autres perturbations. Il s’engage ainsi à mettre en œuvre un programme conjoint avec le ministère de la Santé, le Commandement intérieur et les municipalités qui vise à interrompre le moins possible le cycle de l’année scolaire.

La ministre de l’éducation Yifat Shasha-Biton arrivait à la résidence du président à Jérusalem, pour une photo de groupe du gouvernement israélien nouvellement assermenté, le 14 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton écrit également que son bureau compte développer un plus grand nombre d’outils d’enseignement à distance, qu’il tentera d’identifier et de diminuer les écarts apparus entre les élèves en résultat du coronavirus, et qu’il offrira aux écoles de la flexibilité dans le développement de leur propre réponse aux conséquences de la pandémie.

La ministre de l’Économie, Orna Barbivai, se concentre sur les effets de la COVID-19 sur l’économie, notant qu’elle n’a pas été touchée de manière uniforme par la pandémie.

Parmi ses objectifs, accélérer la croissance économique, améliorer les compétences des travailleurs israéliens dans le cadre de l’économie moderne, renforcer la concurrence, abaisser le coût de la vie par le biais de réformes des régulations et faire baisser le chômage.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...