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Climat: les pays vulnérables soulignent leur richesse potentielle effacée

La croissance des 55 pays réunis au sein du Climate Vulnerable Forum a été amputée en moyenne d'un point chaque année, effaçant 20 % de leur richesse potentielle

Des amandiers morts gisent dans un champ ouvert après avoir été retirés par un agriculteur en raison du manque d'eau pour les irriguer, à Huron, en Californie, une ville de la vallée centrale frappée par la sécheresse, le 23 juillet 2021. (Crédit : Robyn Beck / AFP)
Des amandiers morts gisent dans un champ ouvert après avoir été retirés par un agriculteur en raison du manque d'eau pour les irriguer, à Huron, en Californie, une ville de la vallée centrale frappée par la sécheresse, le 23 juillet 2021. (Crédit : Robyn Beck / AFP)

Les effets du changement climatique ont fait perdre 20 % de croissance aux pays les plus exposés depuis l’an 2000, ont-ils dénoncé mercredi, alors que la question du financement de ces dommages fait polémique aux négociations climat à Bonn.

La croissance des 55 pays réunis au sein du Climate Vulnerable Forum (CVF) a été amputée en moyenne d’un point chaque année, effaçant 20 % de leur richesse potentielle, selon une étude réalisée pour ce groupe de pays d’Afrique, Asie-Pacifique et Amérique latine et Caraïbes.

Au total, ce manque de croissance est estimé à 525 milliards de dollars, et les plus exposés d’entre eux ont même vu leur croissance amputée de 51%, selon cette étude.

« Nous subissons ce coût économique alarmant alors même que nous avons le moins contribué au changement climatique », souligne en introduction à l’étude le ministre des Finances du Ghana, Ken Ofori-Atta. Et le réchauffement devant encore s’aggraver dans tous les scénarios, selon les scientifiques, les pertes vont encore s’accroitre.

Cette publication intervient alors qu’une session de négociations de l’ONU sur le climat se déroule à Bonn, à cinq mois de la prochaine conférence mondiale climat, la COP27, qui aura lieu à Charm el-Cheikh en Egypte.

Un des chapitres les plus contentieux de ces discussions concerne l’aide des pays riches, souvent les plus gros émetteurs historiques, aux plus pauvres et notamment la revendication d’un financement spécifique des « pertes et préjudices » déjà subis.

A la dernière COP26 à Glasgow, les pays riches avaient bloqué cette demande, n’acceptant qu’un « dialogue » jusqu’à 2024 pour « discuter des modalités pour le financement ».

Un dialogue « crucial » et qui ne doit « pas éviter les questions difficiles », a souligné la patronne de l’ONU-Climat, Patricia Espinosa, en le lançant formellement mardi à Bonn, où trois séances de ces discussions doivent se tenir.

Mais les militants du climat ont immédiatement exprimé leurs craintes sur le déroulement de ce « dialogue », comme Tasneem Essop, directrice du Climate Action Network, plus grande fédération mondiale d’ONG environnementales. « Un simple dialogue serait une trahison, trois ans de blablabla », a-t-elle dénoncé mercredi lors d’une conférence de presse, exigeant que la question soit mise officiellement à l’agenda de la prochaine COP27.

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