Clinton fait de sa capacité à convaincre Israël un argument politique
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Clinton fait de sa capacité à convaincre Israël un argument politique

La candidate démocrate à l'investiture pour les élections présidentielles insiste sur ses négociations passées avec Israël

La candidate démocrate Hillary Clinton lors d'un rassemblement de campagne à North Liberty, dans l'Iowa le 24 janvier 2016 (Crédit : AFP / JIM WATSON)
La candidate démocrate Hillary Clinton lors d'un rassemblement de campagne à North Liberty, dans l'Iowa le 24 janvier 2016 (Crédit : AFP / JIM WATSON)

WASHINGTON – Hillary Rodham Clinton a fait de sa capacité à convaincre le leadership d’Israël à renoncer à une action militaire une pièce maîtresse de ses réussites en politique étrangère.

Clinton, était présente lundi soir à un événement à l’université Drake à Des Moines, dans l’Iowa, où on l’a été invitée à exposer sa conception de la politique étrangère.

Deux des exemples qu’elle a cités étaient tirés de sa carrière en tant que secrétaire d’Etat lors du premier mandat du président Barack Obama. Elle a présenté deux cas où elle a convaincu le gouvernement d’Israël de renoncer à mener une action militaire, à laquelle les États-Unis étaient opposés.

Le premier exemple a eu lieu à l’époque des négociations sur l’accord nucléaire avec l’Iran, pendant laquelle selon Clinton, elle a joué un rôle central dans la mise en forme et pour réunir le soutien pour des sanctions qui pourraient isoler l’Iran et l’amener à revenir sur son programme nucléaire.

« Vous ne pouvez pas imaginer à quel point l’ambiance était tendue parce que beaucoup de nos amis et de nos partenaires dans la région voulaient juste mettre fin à ce programme en les bombardant. Juste les bombarder. Les renvoyer quelques années en arrière. Juste l’arrêter », a-t-elle expliqué. « J’ai passé beaucoup de temps à expliquer à nos amis pourquoi cela n’était pas une bonne idée ».

Il y avait une grande opposition à l’accord émergent avec l’Iran dans la région mais le seul pays qui a planifié une opération de bombardement était Israël.

Clinton a noté que l’accord sur le nucléaire iranien a été achevé avant de proposer « un autre exemple rapide ».

En 2012, trois ans après que la guerre terrestre d’Israël contre le Hamas à Gaza ait troublé la région, des roquettes ont de nouveau frappé Israël, et le système de défense anti-missile d’Israël, même s’il fonctionnait, n’a pas pour autant atténuer les inquiétudes de son gouvernement.

« Donc les Israéliens me disaient : ‘écoutez, nous devons y retourner. Nous devons à nouveau mener une invasion terrestre à Gaza’ », s’est remémorée Clinton. « Je leur ai dit, non, s’il vous plaît, ne faites pas cela. Essayons de comprendre comment pouvons-nous résoudre cela ».

Les Israéliens ont résisté et Clinton a expliqué qu’elle s’est rendue en visite d’urgence dans l’Etat juif.

« Je me suis envolée du Cambodge, où je me trouvais avec le président, [pour aller en] Israël, en pleine nuit, pour aller voir le Cabinet israélien et travailler avec eux sur ce qu’ils accepteraient et ensuite aller voir le président de l’Autorité palestinienne, travailler avec lui pour être sûr qu’il accepte, retourner à Jérusalem pour finaliser la transaction. Je suis allée au Caire, j’ai rencontré le président [Mohamed] Morsi, le président des Frères musulmans d’Egypte, pour négocier l’accord, l’annoncer à environ une heure avant la date limite que nous avions », a-t-elle décrit. « Ils ont eu un cessez-le-feu. Il n’y avait aucune invasion. Voilà ce que vous avez à faire ».

Clinton a fait face à la pression de ses adversaires démocrates, le sénateur Bernie Sanders, I-Vt., et l’ancien gouverneur du Maryland, Martin O’Malley, en raison de son vote en tant que sénatrice de New York en 2002 pour autoriser l’invasion américaine en Irak.

Clinton est toujours la favorite nationale mais Sanders pose un sérieux défi pour elle dans l’Iowa, dont l’assemblée votera, le premier état de la nation, le 1er février et dans le New Hampshire, le prochain état à voter.

Sanders, qui est intervenu plus tôt lors de l’événement, où chaque candidat s’est présenté séparément, a fait de son opposition à la guerre en Irak la pièce maîtresse de ses crédits en politique étrangère.

« La vérité est que le vote le plus important et le problème concernant la politique étrangère que nous avons vu dans ce pays dans l’histoire moderne a été le vote sur la guerre en Irak », a-t-il déclaré.

« J’ai voté contre la guerre en Irak et si vous allez sur mon site, écouter le discours que j’ai donné quand je siégeais à la Chambre en 2002, en disant, oui, il était facile de se débarrasser d’un dictateur comme Saddam Hussein, mais il y aura un vide politique, il y aura de l’instabilité », a poursuivi Sanders. « Hillary Clinton a voté pour la guerre en Irak ».

Clinton, qui dit qu’elle regrette maintenant son vote, a déclaré que les États-Unis avaient néanmoins peu de choix mais que d’affirmer son rôle de leader dans le monde.

« Nous vivons maintenant dans un monde très interconnecté où nous savons tout ce qui se passe et où les gens se tournent vers les Etats-Unis pour les aider » a-t-elle souligné.

« Nous devons donc diriger. Et cela signifie que nous devons être intelligent sur la façon dont nous essayons de faire valoir notre pouvoir pour qu’elle soit constructive, faire une différence et conduise vers une plus grande paix et à la prospérité ».

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