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Clôture de l’enquête sur le policier qui a tué un Arabe de 17 ans en mai 2021

Le département des enquêtes internes a déclaré qu'il n'y a pas assez de preuves pour poursuivre l'enquête sur Muhammad Kiwan ; le père a qualifié la décision de "maltraitance"

Muhammad Mahameed Kiwan, 17 ans, mort de ses blessures par balle à Umm Al-Fahm, en mai 2021. (Crédit : Autorisation)
Muhammad Mahameed Kiwan, 17 ans, mort de ses blessures par balle à Umm Al-Fahm, en mai 2021. (Crédit : Autorisation)

Le département des affaires internes de la police affilié au ministère de la Justice (PIID) a déclaré jeudi qu’il avait clos l’enquête sur la mort d’un adolescent arabe israélien tué d’une balle dans la tête tirée par un policier l’année dernière, invoquant un manque de preuves.

La mort de Muhammad Mahameed Kiwan, 17 ans, est survenue alors que des émeutes et des affrontements entre Juifs et Arabes s’étaient propagés dans tout le pays, dans le cadre des pires violences ethniques que le pays ait connues depuis de nombreuses années. Les troubles s’inscrivaient dans un contexte de conflit avec la bande de Gaza et de tensions autour du mont du Temple, à Jérusalem.

Le 23 mai 2021, un officier a tiré une balle dans la tête de Kiwan alors qu’il était assis dans une voiture près de la ville arabe d’Umm Al-Fahm.

La famille de Kiwan maintient qu’il était un spectateur innocent, tandis que l’officier impliqué avait affirmé qu’il pensait que le véhicule avait été utilisé pour une attaque à la voiture bélier, raison pour laquelle il avait ouvert le feu.

« Il a été jugé que dans de telles circonstances, le tir était justifié », a déclaré le PIID dans un communiqué, ajoutant qu’il n’a pas pu établir si la manière dont il a été effectué posait problème, et a donc décidé de classer l’affaire.

« Il leur a fallu un an et demi pour nous maltraiter », a réagi Mahmoud, le père de Kiwan, sur la Douzième chaîne. « Un officier a tiré sur un enfant et l’a assassiné et ils veulent que nous croyions en leur système judiciaire. »

Albert Nahas, l’avocat représentant la famille Kiwan, a immédiatement demandé à consulter les documents de l’enquête afin de pouvoir faire appel de la décision, a rapporté la chaîne.

Les forces de sécurité israéliennes aspergeant des émeutiers palestiniens avec de l’eau lors de confrontations dans la ville majoritairement arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, le 19 mai 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le PIID a déclaré que le jour où la fusillade s’est produite, il y a eu une « désobéissance civile violente » au carrefour de Mei Ami sur la route 65, au cours de laquelle des feux ont été allumés et des émeutiers ont jeté des pierres sur les passants. Lorsque les forces de sécurité sont arrivées, les émeutiers ont pris la fuite vers un parking.

« Muhammad Mahameed et deux autres personnes sont montés dans une voiture – Muhammad s’est assis côté passager – et ont fui les lieux », avait indiqué le communiqué.

Le PIID a indiqué qu’en quittant le parking, « le véhicule a heurté un officier, mais malgré cela, il a continué à rouler à grande vitesse et a même fait une embardée en direction de l’officier de police qui a été dans l’obligation de tirer ».

Il a précisé que le policier, « qui se sentait au milieu d’un incident mettant sa vie en danger et qui pensait également qu’il s’agissait d’une attaque à la voiture bélier, a tiré deux fois sur la voiture avec l’intention de l’arrêter ».

« L’une des balles a pénétré dans la voiture et a touché la tête de Muhammad, entraînant sa mort regrettable », a indiqué le communiqué.

Le PIID a déclaré avoir mené une enquête approfondie sur l’incident et « après un examen complet des preuves et de l’ensemble des circonstances, il a été décidé de classer l’affaire ».

Le Centre Mossawa, qui défend les droits des Arabes en Israël, a déclaré dans un communiqué que 46 citoyens arabes non armés ont été tués au fil des ans par des policiers et que dans deux cas seulement, des actes d’accusation ont été déposés. Ceux-ci, a-t-il dit, « se sont soldés par des peines ridicules ».

« Il s’agit de la gâchette facile des policiers israéliens face à des citoyens arabes », a-t-il ajouté, précisant que le système judiciaire « échoue dans sa lutte contre les violences policières ».

Quelques jours après la mort de Kiwan, sa famille a fait don de certains de ses organes pour qu’ils soient transplantés à six patients, dont cinq Juifs, seul un bébé était Arabe.

Son cœur a été donné à un homme de 37 ans et ses poumons à un malade de 66 ans, et les deux greffes ont été réalisées à l’hôpital Sheba. Son foie a été donné à un homme âgé de 69 ans à l’hôpital Beilinson. Un lobe de son foie a été transplanté sur un petit garçon âgé d’un an au sein de l’hôpital pédiatrique Shneider, un de ses reins a été donné à une jeune fille de 16 ans à l’hôpital Rambam et l’autre à une femme de 35 ans à l’hôpital Ichilov.

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