Les organes de l’ado arabe, qui aurait été tué par la police, ont été donnés
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Les organes de l’ado arabe, qui aurait été tué par la police, ont été donnés

Le père de Muhammad Mahameed Kiwan a dit qu'il a été "naturel" pour lui de tenter de sauver des vies quand il a compris que son fils ne survivrait pas

Muhammad Mahameed Kiwan, 17 ans, qui est mort des suites de blessures par balles à Umm Al-Fahm, au mois de mai 2021. (Autorisation)
Muhammad Mahameed Kiwan, 17 ans, qui est mort des suites de blessures par balles à Umm Al-Fahm, au mois de mai 2021. (Autorisation)

Les organes d’un adolescent arabe israélien qui a été tué au cours de ce qui, selon sa famille, a été une « fusillade policière » ont été donnés à six patients, dont cinq Juifs, a fait savoir dimanche la presse israélienne.

Muhammad Mahameed Kiwan s’est éteint, mercredi dernier dans la soirée, suite à une blessure à la tête contractée une semaine auparavant au cours des heurts qui avaient agité sa ville natale d’Umm al-Fahm.

Son cœur a été donné à un homme de 37 ans et ses poumons à un malade de 66 ans, et les deux greffes ont été réalisées à l’hôpital Sheba. Son foie a été donné à un homme âgé de 69 ans à l’hôpital Beilinson. Un lobe de son foie a été transplanté sur un petit garçon âgé d’un an au sein de l’hôpital pédiatrique Shneider, un de ses reins a été donné à une jeune fille de 16 ans à l’hôpital Rambam et l’autre à une femme de 35 ans à l’hôpital Ichilov.

Seul le bébé était arabe.

« C’est vrai que mon fils est mort mais je veux permettre à des gens de vivre », a déclaré au site d’information Walla le père de Kiwan, Mahmoud. « Parce qu’ils ne doivent pas mourir, Dieu nous en préserve ».

La père a dit qu’aussitôt qu’il avait compris que son fils ne pourrait pas être sauvé, « il m’est paru naturel de donner ses organes de manière à sauver d’autres vies ».

Capture d’écran d’une vidéo de Mahmoud, père de Muhammad Mahameed Kiwan, 17 ans, mort des suites d’une blessure par balle dans la ville arabe israélienne d’Umm al-Fahm. (Crédit: Walla news)

« Chacun mérite le respect, et je respecte tout le monde, Juifs et Arabes », a dit Mahmoud, évoquant les greffes et recommandant vivement à tous les citoyens d’adopter ce point de vue de respect mutuel.

Kiwan laisse derrière lui ses parents et une sœur et deux frères aînés. Des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles, jeudi dernier.

La police israélienne a indiqué que deux agents avaient ouvert le feu sur une voiture qui roulait à grande vitesse en leur direction le jour où Kiwan a été mortellement blessé. Les forces de l’ordre ont précisé que l’origine des tirs meurtriers restait indéterminée et qu’il était encore difficile de dire si le jeune homme se trouvait dans le véhicule qui avait pris pour cible la police.

Selon les forces de l’ordre, les agents appelés sur les lieux d’une émeute avaient ouvert le feu « sur une voiture en circulation qui a foncé sur le commandant et sur un agent présents, n’entraînant miraculeusement que des blessures légères ».

La voiture en question doit encore être retrouvée. Une enquête est encore en cours.

La famille de Kiwan raconte, pour sa part, une histoire très différente. Selon Nadia – la tante du jeune homme qui s’est entretenue, la semaine dernière, avec le Times of Israel au nom de la famille – les amis de Kiwan l’avaient convaincu de prendre la voiture pour aller au carrefour de Mei Ami, sur la Route 65, pour regarder les affrontements entre les manifestants et la police.

« Lui-même ne participait pas aux heurts. Il était avec quelques amis et ils se trouvaient dans une voiture, à proximité du carrefour Mei Ami. Ils ont été approchés par les deux agents de police, ils ont eu peur et ils ont démarré. La police a ouvert le feu sur la voiture », a dit Nadia.

Le département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice, a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur les coups de feu en direction de la voiture, ajoutant ne pas avoir pu déterminer si Kiwan était mort sous les balles des policiers ou d’autres.

En signe de deuil, la ville natale de Kiwan, Umm al-Fahm, s’est mise en grève jeudi. Les magasins sont restés fermés dans les rues de la ville et des milliers de résidents ont assisté à des funérailles massives, dans la soirée, au cours desquelles la foule a scandé : « Nous ne sommes pas nés pour vivre dans la soumission, nous sommes nés pour vivre libre ».

La mort de Kiwan est survenue lorsque des émeutes et des affrontements entre Juifs et Arabes s’étaient propagés dans tout le pays, au cours des pires violences ethniques connues par le pays depuis plusieurs années.

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