Confusion au Soudan sur une ouverture en vue d’une normalisation avec Israël
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Confusion au Soudan sur une ouverture en vue d’une normalisation avec Israël

Le ministre soudanais des Affaires étrangères a démenti les déclarations du porte-parole Haider Badawi

Le général Abdel Fattah al-Burhane, prend la tête de la transition au Soudan en deux jours, est un militaire respecté par ses pairs mais inconnu du grand public. (Crédit : capture d'écran TV5 Monde)
Le général Abdel Fattah al-Burhane, prend la tête de la transition au Soudan en deux jours, est un militaire respecté par ses pairs mais inconnu du grand public. (Crédit : capture d'écran TV5 Monde)

Les autorités soudanaises ont créé mardi la confusion en faisant des déclarations contradictoires sur l’existence de contacts avec Israël en vue d’une normalisation des relations entre les deux pays.

Israël s’est empressé de se féliciter des déclarations du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Haider Badawi, qui a implicitement admis des contacts directs entre le Soudan et Israël et qui a estimé qu’il n’y avait « pas de raison pour la poursuite de l’hostilité entre le Soudan et Israël ».

Mais quelques heures après ces propos, le ministre soudanais des Affaires étrangères Omar Qamareddine a diffusé un communiqué dans lequel il affirmait que « la question des relations avec les Israéliens n’a jamais été discutée par le gouvernement soudanais ».

« Les déclarations du porte-parole Haider Badawi nous ont étonnés car il n’a jamais été mandaté pour parler de cette question », a-t-il ajouté.

Interrogé auparavant par l’AFP à Khartoum s’il y avait bien des contacts directs entre le Soudan et Israël, M. Badawi avait répondu : « Je ne peux pas le nier ». Et il avait eu la même réponse à la question de savoir si le Soudan avait entrepris des démarches pour signer un accord avec l’Etat hébreu.

Sur la décision des Emirats d’établir des relations avec l’Etat hébreu, M. Badawi s’était félicité « d’une démarche courageuse sur la bonne voie pour réaliser la paix au Moyen-Orient et dans le monde ». « La paix entre Israéliens et Arabes favorisera la paix dans le monde », avait-il ajouté.

Sur la chaîne Sky News Arabia, il avait dit qu’il n’y avait « pas de raison pour la poursuite de l’hostilité entre le Soudan et Israël », des mots qui ont aussitôt suscité des réactions côté israélien.

Capture d’écran d’une vidéo du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’ouverture de la réunion de faction du Likud à la Knesset, le 3 août 2020 (Crédit : Chaîne de la Knesset)

« Israël, le Soudan et toute la région vont bénéficier de l’accord de paix et vont construire ensemble un avenir meilleur pour tous les peuples de la région », a déclaré Benjamin Netanyahu, semblant faire référence à un éventuel accord avec Khartoum.

« Nous ferons ce qui est nécessaire pour transformer cette vision en réalité », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les « trois non »

M. Netanyahu avait affirmé en février avoir convenu « d’entamer une coopération qui normalisera les relations entre les deux pays » au terme d’un entretien en Ouganda avec le dirigeant soudanais Abdel Fattah al-Burhane. Mais le gouvernement soudanais avait ensuite démenti que la question de la « normalisation » eut été abordée.

Israël et le Soudan n’entretiennent pas de relations. La Ligue des Etats arabes a historiquement fait du règlement du conflit israélo-palestinien la condition d’une normalisation avec l’Etat hébreu.

Après la guerre des Six-Jours, qui a vu en 1967 Israël s’emparer notamment de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza, la majeure partie des dirigeants arabes s’était réunie au Soudan pour adopter la résolution de Khartoum connue pour ses « trois non » : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non aux négociations avec l’Etat hébreu.

« Cinquante-trois ans après la déclaration de Khartoum (…) il y a un changement fondamental à l’oeuvre au Moyen-Orient en général et au Soudan en particulier », a tweeté le chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkénazi.

L’Egypte et la Jordanie ont été les premiers pays arabes à signer un traité de paix avec Israël, respectivement en 1979 et en 1994.

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