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Congrès sioniste mondial: Querelles et report de vote à la demande de groupes de droite

Les délégations adoptent très lentement les motions critiques de la réforme judiciaire ou qui soutiennent les Juifs LGBTQ. Les votes auront lieu en ligne, la semaine prochaine

Délégués au Congrès sioniste mondial à Jérusalem, le 20 avril 2023. (Capture d’écran de Twitter : utilisée conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
Délégués au Congrès sioniste mondial à Jérusalem, le 20 avril 2023. (Capture d’écran de Twitter : utilisée conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

Une réunion du Congrès sioniste mondial à Jérusalem a été émaillée, jeudi, de scènes chaotiques lorsque des délégués se sont querellés à propos de résolutions qui auraient dû être adoptées facilement, et dont ils ont retardé le vote.

Le vote, par voie électronique, devait porter sur plusieurs résolutions, parmi lesquelles une motion critique du projet de réforme judiciaire israélien, une autre favorable aux Juifs LGBTQ, une autre encore soutenant la version actuelle de la loi du retour et une dernière, enfin, reconnaissant la pleine validité des conversions réformistes et conservatrices.

C’était sans compter les délégations de droite représentées au Congrès sioniste mondial, qui ont déposé un recours pour que chaque résolution fasse l’objet d’un tour de scrutin individuel, au lieu d’une procédure allégée.

Une vidéo de la conférence donne à voir et entendre des délégués, opposés à ces méthodes dilatoires, qui huent et crient « C’est une honte ».

En raison des tours de scrutin supplémentaires que supposait cette demande, il est clair que le but était d’empêcher l’adoption des motions avant la fin de l’événement, ce vendredi.

Les groupes de droite défavorables aux résolutions ont admis que le changement de mode de vote avait pour but de faire traîner les procédures au Congrès, dès lors qu’à défaut, les résolutions seraient adoptées de manière expéditive.

Suite aux protestations de centaines de délégués présents à cette conférence, à laquelle ont pris part plus de 2 000 dirigeants juifs et jeunes d’Israël et du monde entier, le présidium du groupe, qui détermine la procédure, a voté l’organisation d’un vote en ligne dans les tout prochains jours.

« C’est une victoire pour le bloc centre-gauche-libéral qui se traduira par l’adoption des résolutions critiques des politiques du gouvernement, sans aucune concession », a déclaré le vice-président du Congrès Sioniste Mondial, Yizhar Hess, dans un communiqué.

« La droite a, dès le début, essayé d’empêcher le congrès de procéder aux votes. Ils ont échoué. Ils ont de nouveau échoué aujourd’hui. »

Cette réunion extraordinaire s’est tenue à quelques jours du 75e anniversaire de l’indépendance d’Israël, que célébrera Yom HaAtsmaout la semaine prochaine.

Jeudi, des délégués avaient défilé entre le Centre international des congrès de Jérusalem et la Cour Suprême, en soutien aux manifestants anti-réforme qui, depuis des mois, organisent des actions dans tout le pays pour dire leur vive opposition aux tentatives du gouvernement de remodeler le système judiciaire.

Si elles étaient adoptées, les propositions actuelles placeraient la plupart des nominations judiciaires sous contrôle politique et limiteraient grandement le pouvoir de contrôle de la Cour Suprême sur le gouvernement.

La tentative du gouvernement intransigeant du Premier ministre Benjamin Netanyahu de réformer le système judiciaire israélien divise profondément les Israéliens et provoque des bouleversements sans précédents au sein de la société israélienne.

Bien que le Premier ministre ait suspendu les travaux législatifs sur le sujet à la fin du mois dernier, avant les vacances de Pessah de la Knesset, pour tenter de trouver un compromis avec l’opposition, les membres de la coalition se sont engagés à reprendre les travaux dès le début de session de la Knesset, ce mois-ci.

Les partenaires de coalition de Netanyahu, qui comptent notamment des partis d’extrême droite et ultra-orthodoxes en plus du Likud et du membre d’un parti ouvertement anti-LGBTQ, ont par ailleurs alimenté les tensions avec les communautés juives du monde entier en demandant de limiter l’influence des courants juifs non orthodoxes, de ne plus reconnaitre à titre officiel les conversions non orthodoxes effectuées en dehors du Grand Rabbinat en Israël et de supprimer la « clause du grand-père » de la loi du retour, qui permet d’accorder la nationalité à toute personne ayant au moins un parent ou un grand-parent juif, sous réserve de ne pas pratiquer une autre religion.

L’alliance de Netanyahu avec les partis d’extrême droite, y compris ceux qui souhaitent la limitation des droits des Arabes israéliens, des Israéliens LGBTQ et des Juifs non orthodoxes, suscite de vives inquiétudes au sein de la diaspora, tout comme les tentatives du gouvernement d’affaiblir le système judiciaire, très actif dans la protection des minorités.

Les partisans de la réforme assurent qu’elle est indispensable pour rétablir « l’équilibre » entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et réfréner les ardeurs d’un système judiciaire qui, selon eux, outrepasse ses limites.

Ses critiques craignent qu’il ait pour conséquence de politiser la Cour Suprême, de supprimer les contre-pouvoirs à l’exécutif et d’altérer le caractère démocratique d’Israël.

La procureure générale a expliqué que l’ensemble des projets de loi de la coalition aurait pour conséquence de donner au gouvernement un pouvoir pratiquement illimité, sans protection institutionnelle des droits individuels.

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