Copé : « Alerte absolue » face à la montée des actes antisémites en France
Rechercher

Copé : « Alerte absolue » face à la montée des actes antisémites en France

Après que le Premier ministre français a évoqué une hausse de 69 % des actes antijuifs, l'ex-ministre a appelé à une "mobilisation totale de l'ensemble des pouvoirs publics"

Jean François Copé, en 2012. (Crédit : AP/Thibault Camus)
Jean François Copé, en 2012. (Crédit : AP/Thibault Camus)

« Alerte absolue », a lancé vendredi le maire de Meaux et ancien ministre Jean-François Copé (LR) face à la nette hausse des actes antisémites depuis le début 2018.

« Tout simplement: alerte absolue », a-t-il réagi sur France 2. « La montée de l’antisémitisme dans des proportions aussi fortes révèle une société dont la violence, la permissivité et la banalisation de ce type de comportements et actes doivent être immédiatement stoppés ».

« Il n’y a pas 36 solutions: c’est la mobilisation totale de l’ensemble des pouvoirs publics », a-t-il estimé, en rappelant que sous la présidence de Jacques Chirac, face à une telle tendance, « c’était devenu une cause nationale » avec « tout le gouvernement mobilisé, avec des procédures, des instructions données au parquet, à la police, aussi à l’Education nationale ».

Il a par ailleurs « salué la qualité du texte publié par le Premier ministre et qui montre que sur ces sujets-là la République ne prend pas les choses à la légère ».

C’était il y a 80 ans, jour pour jour. Le 9 novembre 1938, les nazis livrèrent l’Allemagne à une nuit de violences…

Posted by Édouard Philippe on Thursday, 8 November 2018

Après deux années de baisse, les actes antisémites en France sont en très forte hausse (+69 %) sur les neuf premiers mois de 2018, ss’est alarmé le Premier ministre Edouard Philippe dans une tribune publiée vendredi sur Facebook.

« Chaque agression perpétrée contre un de nos concitoyens parce qu’il est juif résonne comme un nouveau bris de cristal », a-t-il affirmé dans cette tribune diffusée exactement 80 ans après la funeste nuit de Cristal et ses exactions nazies contre les Juifs en Allemagne, le 9 novembre 1938.

Marine Le Pen a estimé pour sa part, que « refuser de désigner la cause » de la montée de l’antisémitisme, identifiée comme étant « l’islamisme radical » par son compagnon Louis Aliot, revenait à « se condamner à l’impuissance et donc renoncer à le combattre ».

Louis Aliot, vice-président du Front national, à Nîmes, en décembre 2015. (Crédit : Pascal Guyot/AFP)

« Pour lutter contre l’antisémitisme, il faut se concentrer sur sa source et avoir le courage de le combattre. Ouvrir les yeux sur la cause est déjà une première étape. Contre l’islamisme radical pas de faiblesse ! », a réagi dans un tweet le député des Pyrénées orientales et membre du bureau exécutif du Rassemblement national (RN) Louis Aliot.

« Toute ma sympathie à nos compatriotes visés par cette haine », a ajouté M. Aliot.

Dans un tweet distinct, Mme Le Pen a estimé que « refuser de désigner la cause de cette montée de l’antisémitisme, c’est se condamner à l’impuissance et donc renoncer à le combattre ».

La dirigeante du Front national (aujourd’hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d’extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)

L’antisémitisme du parti d’extrême droite s’est estompé sous la présidence de Marine Le Pen, l’ennemi numéro un étant devenu « l’islamisme ». Mme Le Pen est même allée jusqu’à exclure en 2015 son propre père du parti, qui avait tenu des propos polémiques répétés sur la Shoah.

Les réflexes antisémites semblent cependant persister chez ses électeurs. Selon une étude de 2014 de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), d’obédience libérale, 49 % des électeurs de Mme Le Pen en 2012 déclaraient vouloir éviter un président de la République juif, contre 21 % dans l’ensemble de l’échantillon.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez a appelé vendredi à « combattre sans relâche » la montée de l’antisémitisme, alimentée selon lui par « la radicalisation islamiste ».

« Notre pays ne peut plus rester spectateur devant cette flambée de violence dont sont victimes les Juifs. Ce nouvel antisémitisme alimenté par la radicalisation islamiste menace notre société tout entière. Nous devons le combattre sans relâche », a-t-il estimé dans un tweet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...