Coronavirus : le Hamas exhorte les Gazaouis à éviter tout voyage à l’étranger
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Coronavirus : le Hamas exhorte les Gazaouis à éviter tout voyage à l’étranger

Le ministère de I'Education à Gaza a annulé les cours pour les cinq jours à venir ; l'OMS avertit que l'enclave ne pourra gérer que les cent premiers cas

Un employé du ministère palestinien de la Santé vérifie l'hôpital de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza après qu'il a été fermé le 29 janvier 2018 n'ayant plus d'électricité (Crédit : Mahmud Hams / AFP)
Un employé du ministère palestinien de la Santé vérifie l'hôpital de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza après qu'il a été fermé le 29 janvier 2018 n'ayant plus d'électricité (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a exhorté les Palestiniens de la bande de Gaza à éviter tout voyage à l’étranger, car le coronavirus continue de se propager dans le monde entier.

Aucun cas de ce virus n’a été signalé à Gaza, où vivent plus de 2 millions de personnes, dont beaucoup dans des quartiers très densément peuplés.

« Nous appelons les citoyens à ne pas quitter la bande de Gaza – sauf en cas de nécessité absolue – afin de préserver leur bien-être », a déclaré le ministère dans une déclaration samedi.

Alors qu’Israël maintient des restrictions importantes sur la circulation des personnes à l’entrée et à la sortie de Gaza par le poste-frontière d’Erez, des milliers de Palestiniens titulaires de permis délivrés par les autorités israéliennes se rendent chaque mois sur son territoire et le traversent, y compris pour se rendre en Jordanie et dans d’autres pays.

Selon les responsables israéliens, ces restrictions visent à empêcher les groupes terroristes de transporter des armes et pour éviter tout détournement de matériel à des fins terroristes à destination de Gaza.

Pendant la majeure partie de la dernière décennie, les autorités égyptiennes ont imposé de lourdes restrictions à la circulation des personnes au poste-frontière de Rafah, mais elles ont récemment autorisé quelques centaines de Palestiniens à se rendre quotidiennement en Égypte par ce point de passage.

Le ministère a également déclaré que toutes les personnes retournant à Gaza par le point de passage de Rafah seraient tenues de se mettre en quarantaine chez elles pendant deux semaines.

Il a appelé les Palestiniens à dénoncer les contrevenants, qui, selon lui, seraient placés de force dans une infrastructure destinée à la mise en quarantaine à Rafah.

Des Palestiniens chargent des sacs dans un bus avant de partir pour l’Egypte via le poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 septembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Chine à la fin de l’année dernière, plus de 105 000 cas confirmés ont été signalés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le virus a tué plus de 3 550 personnes, la plupart en Chine, mais des cas ont été recensés dans 101 pays et territoires.

Les gouvernements du monde entier ont pris des mesures importantes pour empêcher sa propagation.

Le ministère de l’Éducation à Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé dimanche que les écoles et les crèches, déjà closes samedi et dimanche, resteraient fermées pour les cinq jours à venir. Il a déclaré que les études reprendraient ce samedi, sauf en cas de « développements » ultérieurs.

Plusieurs universités de Gaza ont également annoncé à la fin de la semaine dernière qu’elles suspendraient les cours pendant un mois.

Gaza ne peut pas assumer la charge de nombreux malades

Abdelnaser Soboh, le chef de la branche de l’OMS à Gaza, a indiqué que le territoire était actuellement prêt à traiter un petit nombre de cas de coronavirus.

« Gaza est prêt à traiter les premiers cas », a-t-il déclaré au Times of Israël lors d’un entretien téléphonique. « Après cela, [l’enclave] aura besoin d’aide supplémentaire. »

Selon Abdelnaser Soboh, l’enclave côtière ne dispose que de 50 kits de diagnostic et d’équipements de protection pour que les professionnels de la santé permettant de traiter 100 cas. Il a également indiqué que le ministère de la Santé a construit un hôpital de campagne au poste-frontière de Rafah avec des équipements provenant des différentes structures médicales du territoire ; il a précisé qu’il dispose de 36 lits, dont six lits de soins intensifs, et qu’il pourrait être agrandi pour en accueillir 150.

Lorsqu’on lui a demandé si Gaza pouvait traiter des centaines ou des milliers de cas, le responsable de l’OMS a répondu par la négative.

Des enfants palestiniens transportent des bidons d’eau dans le camp de réfugiés d’al-Shati dans la ville de Gaza le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

« Le système de santé à Gaza est déjà fragile et fonctionne à peine. Il ne peut pas assumer le fardeau d’un grand nombre de cas », a-t-il affirmé, avertissant qu’un tel scénario pourrait contribuer à son « effondrement ».

« Il est possible de convertir un hôpital en un établissement pour traiter spécifiquement les cas de coronavirus, mais cela créera des problèmes pour les autres », a-t-il dit, faisant remarquer que cela affecterait les personnes en attente d’une opération chirurgicale et d’autres soins.

Les hôpitaux de Gaza manquent souvent de médicaments et d’équipements médicaux en quantité suffisante et comptent souvent sur des générateurs de secours pour maintenir une alimentation en électricité constante.

Abdelnaser Soboh a fait savoir que les établissements de santé à Gaza disposent d’un total de 2 500 lits et de 50 à 60 respirateurs pour adultes.

L’un des symptômes ressentis par de nombreuses personnes chez qui le virus a été diagnostiqué est la détresse respiratoire.

« Nous pensons qu’il est important de faire ce que nous pouvons pour prévenir le virus à Gaza plutôt que d’avoir à y remédier », a-t-il souligné.

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