Coronavirus : l’économie est prête pour un éventuel impact, assure Netanyahu
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Coronavirus : l’économie est prête pour un éventuel impact, assure Netanyahu

Le Premier ministre a tenu une réunion sur les possibles répercussions économiques de l'épidémie, appelant à la prudence et à la coopération alors que la bourse chute à Tel Aviv

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, préside une réunion pour débattre de l'impact économique du coronavirus à Jérusalem, le 25 février 2020 (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, préside une réunion pour débattre de l'impact économique du coronavirus à Jérusalem, le 25 février 2020 (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué mardi que l’économie était bien préparée pour une éventuelle épidémie de coronavirus alors que les craintes s’aiguisent concernant de possibles répercussions économiques.

Netanyahu a convoqué une réunion pour traiter le problème, à Jérusalem, en présence du chef du Conseil de la sécurité nationale, Meir Ben-Shabbat, du ministère des Finances, du gouverneur de la banque d’Israël et des représentants du secteur économique privé.

« J’appréhende le problème d’une main ferme », a assuré le Premier ministre. « Nous nous rencontrons quotidiennement, et la répartition entre responsabilité, gestion et soutien est très bien organisée ».

« Je demande à tous les citoyens d’Israël d’écouter les instructions que nous donnons. Nous travaillerons ensemble et nous surmonterons cette crise », a affirmé Netanyahu. « Notre politique est une politique de sur-préparation, et non de sous-préparation, et par-dessus tout de prudence, mais pas d’hystérie ».

C’est Ben-Shabbat qui a été chargé d’organiser les réponses apportées par le groupe en coordination avec le ministère des Finances.

Le docteur Ron Tomer, chef de l’Association des industriels, a indiqué que « l’industrie israélienne se tient aux côtés du gouvernement pour garantir la continuité du fonctionnement du secteur dans tous les scénarios possibles ».

« Nous travaillons avec le ministère de l’Économie afin de garantir un filet de sécurité économique pour le secteur privé qui facilitera la continuité des activités économiques », a soutenu Ron Tomer.

Le ministère de l’Économie a ouvert une cellule de crise pour répertorier les conséquences de l’apparition du virus sur l’économie israélienne. Les responsables sont notamment en charge de trouver des financements pour les transporteurs aériens touchés par le déclin soudain des déplacements.

Des touristes coréens attendent un vol retour à l’aéroport international Ben Gurion, craignant d’être porteurs du coronavirus, 23 février 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

La bourse de Tel Aviv a continué à baisser mardi, l’indice TA-35 chutant de 0,08 % et l’indice TA-125 de 0,32 %.

Le ministère des Finances a estimé, lundi, que l’épidémie serait susceptible d’entraîner une baisse allant jusqu’à 1 % du taux de production économique. Les pertes pourraient, selon certaines estimations, s’élever entre 3,6 et 14 milliards de shekels.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a convoqué une réunion en urgence sur le virus lundi, à Jérusalem, s’entretenant à cette occasion avec les autorités financières et la Banque d’Israël.

Shira Greenberg, économiste en chef au ministère des Finances, a expliqué que les activités macro-économiques n’avaient pas été touchées par l’épidémie. Mais le ministère a reçu des informations de la part d’entreprises sur des dégâts potentiels relatifs au coronavirus, et de grandes entreprises ont d’ores et déjà rapporté des pertes.

Le ministre des Transports Bezalal Smotrich a déclaré, la semaine dernière, que la compagnie aérienne El Al avait déjà perdu 50 millions de dollars.

Un responsable du budget a indiqué que le ministère de la Santé devrait constater une augmentation significative en termes de dépenses du fait du virus. Les budgets gouvernementaux sont actuellement gelés à cause de l’impasse politique dans laquelle est plongée le pays depuis un an. Certains craignent, par ailleurs, que les Israéliens soient, la semaine prochaine, dissuadés de se rendre aux urnes par peur d’une éventuelle contamination.

Le professeur Amir Yaron de la banque d’Israël a indiqué, lors de la réunion, que si la crise devait continuer et frapper davantage de pays, et qu’Israël devait adopter des mesures de prévention plus strictes, l’impact économique serait significatif tout en restant difficile à estimer.

Le tourisme, en particulier, devrait connaître un déclin, et moins d’étrangers devraient s’aventurer sur le sol israélien. L’État juif a déjà fermé ses frontières aux résidents de Chine, de Corée du Sud et d’ailleurs.

Kahlon a ordonné la formation d’une équipe, au sein de son ministère, pour surveiller les développements de l’épidémie.

Les économies des partenaires commerciaux d’Israël, notamment la Chine, devraient être grandement touchées en raison de la crise du coronavirus, qui pourrait ultérieurement frapper Israël. L’incertitude et la crainte pourraient réduire les investissements, et les employés pourraient être obligés de rester chez eux.

Plus de 80 000 personnes ont été contaminées dans le monde par ce virus qui a fait son apparition en Chine, à la fin de l’année dernière, et plus de 2 600 personnes en sont mortes en Chine continentale.

Le coronavirus a également fait son entrée dans des dizaines d’autres pays, notamment au Moyen-Orient, où l’Iran a fait état de dizaines de cas. Il est apparu pour la première fois mardi en Croatie, en Autriche et en Suisse.

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