Coronavirus : l’épidémie frappe presque tout l’Iran, 92 morts
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Coronavirus : l’épidémie frappe presque tout l’Iran, 92 morts

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 2 922 personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus en Iran, qui compte plus de 80 millions d'habitants

Une infirmière s'occupe des patients dans un service dédié aux personnes infectées par le coronavirus, à l'hôpital Forqani de Qom, Iran, 26 février 2020 (Crédit : Mohammad Mohsenzadeh/Mizan News Agency via AP )
Une infirmière s'occupe des patients dans un service dédié aux personnes infectées par le coronavirus, à l'hôpital Forqani de Qom, Iran, 26 février 2020 (Crédit : Mohammad Mohsenzadeh/Mizan News Agency via AP )

L’épidémie de nouveau coronavirus touche quasiment toutes les provinces en Iran, où les autorités ont annoncé mercredi 92 décès au total liés au Covid-19, le plus important bilan en dehors de la Chine.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé que le virus était à présent « bien établi » en Iran et mis en garde contre le manque d’équipements de protection individuels pour le personnel soignant.

Pour autant, le président iranien Hassan Rouhani a rejeté mercredi une proposition, conditionnelle, d’assistance américaine pour aider son pays à combattre la maladie en dénonçant les sanctions « vicieuses » de Washington ayant un effet direct sur l’accès aux médicaments en Iran.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 2.922 personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus en Iran, qui compte plus de 80 millions d’habitants.

« Le nombre de nouveaux cas confirmés ces dernières 24 heures est de 586 », dont « quinze ont malheureusement perdu la vie, a déclaré le porte-parole du ministère, Kianouche Jahanpour, lors du point de presse quotidien.

Des gens portent des masques pour se protéger du coronavirus dans une rue du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 23 février 2020. (Ebrahim Noroozi/AP)

Le bilan total de morts est de 92, l’Iran comptant le plus grande nombre de décès liés à la maladie, en dehors de la Chine d’où elle est partie.

Avec 253 et 101 nouveaux cas respectivement, les provinces de Téhéran et de Qom, ville sainte chiite à 150 km au sud de la capitale, ont été les plus touchées, selon le porte-parole.

La maladie Covid-19 touche désormais chacune des 31 provinces d’Iran sauf une, celle de Bouchehr (sud-est), en dépit des mesures prises par les autorités pour tenter d’empêcher sa propagation: fermetures des écoles et universités, suspension des événements culturels et sportifs ou encore réduction des heures de travail dans les administrations.

Un employé municipal de Téhéran nettoie une rame de métro pour lutter contre la propagation du coronavirus
COVID-19 le 26 février 2020. (Photo par ATTA KENARE / AFP)

« Le virus n’a pas d’ailes pour voler. C’est nous qui le propageons », a déclaré M. Jahanpour, appelant à « réduire les contacts sociaux inutiles » et rappelant que les autorités demandaient à tous d’éviter de se déplacer.

Samedi, le président américain Donald Trump a affirmé être prêt à aider l’Iran à lutter contre l’épidémie de pneumonie virale, à condition que ce pays en fasse la demande.

Les Affaires étrangères iraniennes avaient rejeté dimanche cette proposition en disant se « méfier des intentions des Américains ».

Ceux « qui ont fait les choses les plus vicieuses contre la nation iranienne ces deux dernières années apparaissent (maintenant) parés du masque de la sympathie », a renchéri M. Rohani lors d’une réunion du cabinet.

« Notre peuple sait bien que vous mentez », a lancé le président iranien à l’adresse de M. Trump sans le nommer.

Le président américain Donald Trump signe un document rétablissant les sanctions contre l’Iran après avoir annoncé le retrait américain de l’accord nucléaire iranien, dans la salle d’accueil diplomatique de la Maison Blanche à Washington le 8 mai 2018. (AFP / Saul Loeb)

Celui-ci a retiré unilatéralement en 2018 son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, avant de rétablir de lourdes sanctions économiques contre Téhéran, que les Etats-Unis ne cessent de durcir.

Sur le papier, les médicaments et équipements médicaux échappent aux sanctions de Washington.

Mais en réalité, ces biens sont frappés comme les autres par ces mesures, les banques internationales préférant généralement refuser une transaction impliquant l’Iran par crainte de représailles aux Etats-Unis.

Comme les jours précédents, un calme inhabituel règne mercredi à Téhéran, où bien des magasins maintiennent leurs portes closes.

Un employé iranien désinfecte le lieu saint Masumeh de Qom le 25 février 2020 pour empêcher la propagation du coronavirus qui a contaminé l’Iran, où il y a des craintes que la situation pourrait être pire que ce que les autorités iraniennes veulent bien reconnaître.
(Photo par MEHDI MARIZAD / FARS NEWS AGENCY / AFP)

Dans les rues où fleurissent les affiches géantes rappelant les règles d’hygiène pour se protéger du virus, nombre d’habitants qui osent sortir portent un masque.

Les premiers cas de contamination au nouveau coronavirus ont été annoncés le 19 février à Qom.

Plusieurs hauts responsables iraniens figurent parmi les personnes infectées par la pneumonie virale, dont Massoumeh Ebtékar, vice-présidente chargée des Femmes et de la Famille, Pirhossein Koulivand, chef du Service national des urgences, ou encore le vice-ministre de la Santé, Iradj Harirchi.

La maladie a même tué un membre du Conseil de discernement, instance d’arbitrage entre les institutions de la République islamique, Mohammad Mirmohammadi, selon l’agence Tasnim.

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