Coronavirus: Un général de l’armée a vu Netanyahu après un séjour en Italie
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Coronavirus: Un général de l’armée a vu Netanyahu après un séjour en Italie

Le chef des opérations militaires, Aharon Haliva, est revenu d'Italie en février et a rencontré le Premier ministre avant sa mise en quarantaine par le ministère de la Santé

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Naftali Bennett et autres hauts-responsables des services de sécurité israéliens avec notamment le général de division Aharon Haliva, au centre-gauche, se rencontrent pour discuter des tensions croissantes avec les groupes terroristes de la bande de Gaza au siège militaire de Tel Aviv, le 23 février 2020 (Crédit : Tal Oz/ministère de la Défense)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Naftali Bennett et autres hauts-responsables des services de sécurité israéliens avec notamment le général de division Aharon Haliva, au centre-gauche, se rencontrent pour discuter des tensions croissantes avec les groupes terroristes de la bande de Gaza au siège militaire de Tel Aviv, le 23 février 2020 (Crédit : Tal Oz/ministère de la Défense)

Un général israélien, qui a reçu ultérieurement l’instruction de se mettre en quarantaine après un séjour en Italie, a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts-responsables, la semaine dernière.

L’armée israélienne a confirmé que le haut-gradé, le général de division Aharon Haliva, chef de l’administration des opérations de l’armée israélienne, est revenu il y a douze jours d’un voyage personnel en Italie, qui a connu une forte poussée de la maladie COVID-19.

Aharon Haliva est revenu d’Italie le mois dernier et il a rencontré le Premier ministre avant que le ministère de la Santé n’exige de sa part une mise en quarantaine personnelle et obligatoire.

Le 23 février, il a participé à des consultations sécuritaires de haut-rang avec Netanyahu, le ministre de la Défense Naftali Bennett, le chef d’Etat-major de l’armée israélienne Aviv Kohavi et d’autres hauts-responsables de la sécurité au cours de la bataille de deux jours menée par l’Etat juif contre le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, comme l’a montré une vidéo de la rencontre distribuée par le ministère de la Défense.

Trois jours plus tard, le 26 février, le ministère de la Santé a annoncé que toutes les personnes revenant d’Italie et d’un certain nombre d’autres pays touchés par le coronavirus étaient dans l’obligation de se mettre en quarantaine.

Tsahal a fait savoir que Haliva avait immédiatement obtempéré et qu’il restait, depuis, à l’isolement dans son habitation. Il terminera sa quarantaine à la fin de la semaine.

Le général de division Aharon Haliva, chef de l’administration des opérations de l’armée israélienne, sur une photographie non-datée (Crédit : Armée israélienne)

Netanyahu n’aura pas à se mettre lui-même en quarantaine, le ministère de la Santé n’exigeant actuellement une telle mesure que si une personne a été en contact avec un individu contaminé – et non, comme dans le cas de Haliva, si la personne rencontrée doit elle-même se placer en quarantaine.

Netanyahu n’a pas serré la main de Haliva au cours de la rencontre et n’a eu aucun contact physique avec lui.

Le Premier ministre a par ailleurs arrêté de serrer des mains fin février, alors qu’il était en campagne.

Une vidéo publiée par la chaîne Kan, filmée pendant une visite à Hébron, le 24 février, l’a pourtant montré en train de saisir les mains de ses partisans.

Une source de la campagne de Netanyahu a dit au Times of Israel que le Premier ministre lui-même avait pris cette décision « responsable » parce qu’il rencontre des milliers d’activistes quotidiennement ».

Selon l’armée israélienne, 406 soldats étaient en quarantaine, mardi soir, la majorité d’entre eux suite à des séjours dans des pays ayant beaucoup de cas de coronavirus. Les militaires ont noté que 91 autres avaient déjà terminé leur quarantaine de deux semaines et qu’ils étaient repartis dans leurs unités.

Une soldate a été testée positive au coronavirus au début de la semaine après avoir été en contact avec un homme ayant contracté le virus au cours de vacances en Italie.

Selon l’armée, après avoir été infectée par le virus, la soldate s’était rendu dans une clinique située au quartier général de l’armée (la Kirya à Tel Aviv), les 26 et 27 février, pour une raison sans lien. Elle avait également passé du temps auprès de son unité, le 27 février.

Un Israélien muni d’un masque vote dans une tente prévue pour les citoyens en quarantaine en raison du coronavirus, à Jérusalem, le 2 mars 2020. (Crédit : GALI TIBBON / AFP)

Suite à ses visites à la clinique et au sein de son unité, au moins 71 soldats – notamment deux du secteur de la clinique – ont reçu pour instruction de se mettre en quarantaine.

Au total, douze Israéliens ont été testés positifs à la maladie, selon le ministère de la Santé. Aucun décès n’a été rapporté jusqu’ici (mercredi matin).

Israël a pris des mesures drastiques pour empêcher une épidémie, interdisant l’entrée aux étrangers se trouvant en Chine, à Hong-Kong, à Macao, en Thaïlande, à Singapour, en Corée du sud, au Japon et en Italie dans les quatorze jours précédant l’arrivée – et obligeant tous les Israéliens s’étant récemment retrouvés dans ces zones à se mettre en quarantaine pendant 14 jours.

Dans une déclaration inédite, mercredi dernier, le ministère de la Santé a vivement recommandé aux Israéliens de réfléchir sérieusement à ne pas voyager à l’étranger.

Israël est le premier pays à vivement recommander à ses citoyens de s’abstenir de partir à l’étranger en raison de l’épidémie qui est apparue en Chine, au mois de décembre, et qui a depuis infecté plus de 92 000 personnes dans le monde et fait plus de 3 000 morts – presque tous en Chine.

Le ministère de la Santé a soulevé de nombreuses critiques, certains disant que ces mesures ne font qu’entraîner une panique non-nécessaire et causent des dégâts économiques et diplomatiques.

Les responsables du ministère ont indiqué préférer opter pour une politique stricte, plutôt que d’avoir à le regretter plus tard.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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