Coupe budgétaire à l’UNRWA : l’ONU met en garde contre des « risques dramatiques »
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Coupe budgétaire à l’UNRWA : l’ONU met en garde contre des « risques dramatiques »

Le déficit de l'agence pour les réfugiés palestiniens s'élève à environ 185 millions d'euros

Des Palestiniens collectent des colis d'aide dans un centre de distribution alimentaire des Nations unies, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 janvier 2018 (Crédit : Said Khatib / AFP)
Des Palestiniens collectent des colis d'aide dans un centre de distribution alimentaire des Nations unies, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 janvier 2018 (Crédit : Said Khatib / AFP)

L’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a mis en garde contre les « risques dramatiques » que subiraient ses activités si elle ne recevait pas davantage de fonds après le gel d’une partie du financement américain.

Dans une lettre envoyée ce week-end à son personnel dont l’AFP a vu une copie, l’agence note que les programmes qui pourraient avoir à pâtir de ce manque de fonds sont ceux relatifs à l’emploi, l’aide au logement et le soutien pour les maladies mentales.

La lettre précise en outre que l’UNRWA fera son maximum pour maintenir des programmes d’aide alimentaire, essentiels notamment pour la bande de Gaza sous blocus israélien et égyptien, mais selon une source familière avec ces programmes, ce domaine pourrait aussi être affecté dans les mois à venir.

Dans la lettre, le directeur de l’agence Pierre Krähenbühl dit avoir demandé aux donateurs qui avaient déjà fait des promesses de dons de donner plus afin de « surmonter (…) le déficit », actuellement de 217 millions de dollars (environ 185 millions d’euros).

Pierre Krahenbuhl, chef de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens,(UNRWA) est interviewé à Jérusalem le 19 janvier 2018. (Crédit : AFP/Thomas Coex)

« Je leur dis et je vous le dis maintenant en toute honnêteté : 217 millions de dollars est le déficit le plus élevé que l’UNRWA ait jamais connu dans son histoire », a-t-il indiqué dans la lettre.

« Je ne peux pas cacher les risques dramatiques auxquels feront face nos services si nous ne recevons pas des fonds additionnels très rapidement », a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis, qui contribuaient à eux seuls à 30 % des fonds de l’UNRWA, ont décidé en janvier de geler plus de la moitié de leurs versements, soit 65 millions de dollars (environ 55 millions d’euros). L’administration Trump souhaite un retour à la table des négociations des Palestiniens qui les ignorent depuis la reconnaissance par le président américain de la capitale israélienne le 6 décembre dernier.

M. Krahenbuhl avait alors exprimé son inquiétude et appelé les autres membres de l’ONU à contribuer davantage.

Etablie en 1949, l’UNRWA apporte son aide à des millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, survivants ou descendants de Palestiniens fuyant la première guerre israélo-arabe en 1948 qui a suivi la création de l’Etat d’Israël.

Seuls les réfugiés palestiniens le sont de générations en générations. Beaucoup pensent que cela contribue au conflit israélo-palestinien, notamment la question du droit au retour brandie par les Palestiniens.

Plus de 500 000 enfants étudient dans les écoles de l’UNRWA (54 % de son budget va à l’éducation) qui fournit aussi des soins et une aide sociale. L’agence emploie plus de 20 000 personnes au Proche-Orient, en majorité des Palestiniens.

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