Covid-19 : 37 % des décès enregistrés dans deux bastions ultra-orthodoxes
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Covid-19 : 37 % des décès enregistrés dans deux bastions ultra-orthodoxes

Jérusalem et Bnei Brak, deux foyers de la communauté haredi, ont été frappés de manière disproportionnée par le Covid-19 - mais l'ampleur de l'impact n'avait pas été révélé

Des hommes ultra-orthodoxes portent des visières de protection comme mesure prise contre le coronavirus, lors d'une étude en plein air à Jérusalem, le 4 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des hommes ultra-orthodoxes portent des visières de protection comme mesure prise contre le coronavirus, lors d'une étude en plein air à Jérusalem, le 4 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Jérusalem et Bnei Brak, deux bastions de la population ultra-orthodoxe israélienne, concentrent 37 % des décès enregistrés des suites du coronavirus dans le pays, selon des chiffres officiels.

« Nous pensions que les choses s’étaient mal passées pour la communauté haredi, mais pas à ce point-là », commente Tehila Kalagy, une spécialiste qui étudie la politique sanitaire chez les ultra-orthodoxes, auprès du Times of Israel. Elle a qualifié ces chiffres de « très surprenants ».

« On constate vraiment combien la communauté haredi en Israël, comme dans la Diaspora, a été grandement affectée par le coronavirus », poursuit Tehila Kalagy, professeure au département de politique publique et d’administration à l’université Ben-Gurion du Néguev.

Comme de nombreux analystes, elle estime que les ultra-orthodoxes, au sein de l’État juif, ont été particulièrement touchés parce qu’ils ont tardé à adopter les mesures de distanciation sociale et parce que les individus ont tendance à vivre dans des familles vastes et dans des communautés resserrées – deux facteurs qui permettent une propagation rapide du virus.

L’experte en santé de l’université Ben-Gurion du Negev Tehila Kalagy (Crédit : Dani Machlis/Université Ben-Gurion)

Le nombre de décès enregistrés en Israël s’élevait à 248 au moment de l’écriture de cet article, et les statistiques qui viennent d’être diffusées par le ministère de la Santé ont recensé toutes les victimes à l’exception de onze – les plus récentes.

Ces données ne donnent pas d’informations sur l’affiliation religieuse des défunts, mais ils reflètent le fait que ces deux bastions de la communauté haredi, où les taux d’infection se sont révélés élevés, ont effectivement particulièrement souffert de l’impact de la pandémie.

La majorité des villes figurant dans le top 10 du nombre d’infections par habitant accueillent d’importantes communautés ultra-orthodoxes. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, quatre sur sept des villes affichant les plus fort taux d’infection sont fortement haredim, avec parmi elles : Bnei Brak, Modiin Illit, Elad, et Beitar Illit.

Jérusalem, où la majorité des cas ont émergé dans les quartiers ultra-orthodoxes, arrive en tête du classement, et Beit Shemesh, avec une grande pluralité de résidents ultra-orthodoxes, occupe la quatrième place.

Dans les statistiques portant sur le nombre de décès, les résidents de Bnei Brak comptent pour environ un décès sur sept – avec un total de 33 personnes. Cette ville largement haredi était devenue un point particulièrement sensible en termes de propagation du Covid-19 et avait subi une fermeture et un confinement imposés par l’État pendant deux semaines au mois d’avril.

Jérusalem, où les quartiers ultra-orthodoxes avaient aussi été fermés, compte 54 morts – soit environ 23 % des décès, selon les statistiques.

Paysach Freedman, un rabbin haredi de Jérusalem qui a mis en place un numéro d’urgence dédié, indique que la réalité dans la communauté a été dure. Il suggère toutefois de regarder les choses toutes proportions gardées.

« On n’a pas le sentiment d’un malheur, avec des personnes qui mourraient à chaque coin de rue », indique-t-il, tout en soulignant que les défunts ne représentent qu’une partie minuscule de la communauté ultra-orthodoxe israélienne.

Des Juifs ultra-orthodoxes et des enfants portant des masques de protection dans une rue de la ville israélienne ultra-orthodoxe de Bnei Brak, près de Tel Aviv, le 2 avril 2020. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Les chiffres du ministère de la Santé énumèrent seulement explicitement le nombre de morts enregistré à Jérusalem, à Bnei Brak et à Bat Yam, ville côtière située à proximité de Tel Aviv qui a enregistré 17 décès – soit 7 % des morts. D’autres victimes ne sont identifiées que comme résidentes d’une « localité ayant enregistré moins de 15 décès ».

Ces statistiques représentent le bilan officiel en Israël et n’incluent que les décès survenus dans les hôpitaux ou dans les structures de vie médicalisées. Elles ne mentionnent pas les éventuelles victimes s’étant éteintes chez elles ou ailleurs.

Les hommes décédés des suites du Covid-19 sont plus nombreux que les femmes, soit 124 contre 113. Ce qui semble en accord avec les statistiques réalisées en Asie et en Europe, où une proportion légèrement supérieure d’hommes a succombé à la maladie. La plus jeune victime israélienne était âgée de 30 ans, et la plus vieille de 100 ans. La moyenne d’âge des personnes décédées s’élève à 81,3 ans.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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