COVID-19: Avec 6 861 nouveaux cas, le cabinet pourrait renforcer le confinement
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COVID-19: Avec 6 861 nouveaux cas, le cabinet pourrait renforcer le confinement

Selon Gamzu, le public ne coopère toujours pas pleinement ; les prières en espace clos pourraient stopper ainsi que certains déplacements inter-cités, dit le ministère de la Santé

Les personnels du centre médical Kaplan dans l'unité de coronavirus de l'hôpital, à Rehovot, le 22 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Les personnels du centre médical Kaplan dans l'unité de coronavirus de l'hôpital, à Rehovot, le 22 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le ministère de la Santé a indiqué, mercredi matin, que 6 861 nouveaux cas de coronavirus avaient été diagnostiqués au sein de l’Etat juif mardi – une recrudescence massive atteignant un nombre inégalé d’infections alors que le cabinet dit du coronavirus devait se réunir pour décider d’un éventuel renforcement du confinement.

Le ministère a annoncé que 59 169 tests de dépistage – un chiffre sans précédent – avaient été réalisés mardi avec un taux élevé (11,6 %) de résultats revenus positifs.

Il a par ailleurs fait savoir qu’une défaillance technique empêchait la publication de toutes les données – la dernière actualisation de ces dernières avait été publiée mardi à 10 heures du matin.

Au cours d’un entretien accordé mardi dans la matinée, l’homme fort de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Ronni Gamzu, a estimé que le public ne parvenait pas encore à coopérer pleinement dans la crise sanitaire.

Ronni Gamzu, responsable de la gestion du coronavirus, s’exprime lors d’un briefing du ministère de la Santé le 3 septembre 2020. (Capture d’écran/ministère de la Santé)

« En termes de morbidité, nous constatons 6 700 nouveaux cas vérifiés et, bien sûr, c’est un chiffre qu’il ne faut pas relier au confinement mais à la période qui l’a précédé », a déclaré Gamzu au micro de Radio Jerusalem.

« Il faut noter que nous n’observons pas, sur le terrain, une coopération totale de la part du public – ni de la part des ultra-orthodoxes, ni de la part des Israéliens laïcs. Et nous pouvons observer des violations certaines des directives – et cela exige que nous renforcions ces dernières ».

Des sources proches de Gamzu ont expliqué au site d’information Ynet que les niveaux de dépistage étaient très élevés parce que les Israéliens s’étaient hâtés d’aller se faire tester après la fête de Rosh HaShana.

Avant une réunion du cabinet dit « du coronavirus » consacrée sur les nouvelles limitations qui seront mises en vigueur mercredi à 10 heures 30, le ministre de la Santé, Yoav Kisch avait expliqué qu’il s’attendait à un durcissement net des règles après Yom Kippour, le 28 septembre.

« Les structures d’éducation seront fermées, l’économie sera ralentie à son maximum et réduite aux travaux d’importance vitale, il sera interdit de prier à l’intérieur des synagogues et de se déplacer d’une ville à l’autre pour prendre part à une manifestation. C’est ce qu’il faut, maintenant, pour réduire la morbidité », a dit Kisch à la Douzième chaîne.

Le député du Likud Yoav Kisch préside la réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 12 juillet 2018.(Yonatan Sindel/Flash90)

Le cabinet dit du coronavirus devait réfléchir à un plan venant limiter les manifestations et les services de prière qui a été mis au point par un groupe de travail ministériel composé par des responsables des secteurs du droit et de la santé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a critiqué les mouvements de protestation hebdomadaires organisés à son encontre, évoquant un péril sanitaire, pendant la réunion du cabinet de mardi, au cours de laquelle les ministres ont échoué à trouver un accord sur des mesures de confinement plus strictes qui limiteraient ce type de rassemblement ainsi que les prières publiques.

Si les prières en espace clos ont été réduites et qu’elles pourraient être encore soumises à des règles plus strictes, les manifestations en plein air avaient obtenu le feu vert sous réserve de certaines limitations, amenant certains à mettre en doute le bien-fondé des restrictions.

Les manifestations, qui ont eu lieu plusieurs fois par semaine aux abords de la résidence de Netanyahu à Jérusalem, n’ont pas été limitées malgré le confinement national qui a commencé vendredi. Le procureur-général a établi des règles visant à diviser les manifestants en « capsules » pour assurer la distanciation sociale – une mesure qui ne semble guère avoir été respectée au cours du regroupement de dimanche soir, auquel ont assisté à des milliers de personnes.

Les Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de sa résidence officielle de Jérusalem, le 20 septembre 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ces délibérations sur d’éventuelles directives plus strictes surviennent trois jours après le lancement, par le gouvernement, d’un confinement de trois semaines qui a notamment fermé les portes des écoles et de nombreuses entreprises.

Dans un contexte de craintes portant sur une possible saturation du système de soins par l’augmentation du nombre de malades ayant développé une forme grave de la COVID-19 au cours de ces prochains jours, les médias en hébreu ont rapporté que les nouvelles restrictions actuellement envisagées pourraient consister à réduire encore le nombre de personnes autorisées à se rendre sur leur lieu de travail, la fermeture des synagogues et de nouvelles limitations imposées à la prière publique et la fermeture des marchés – y compris de ceux qui vendent les « quatre épices » qui distinguent la fête de Souccot.

Selon des informations diffusées mardi soir à la télévision, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri et Netanyahu auraient cherché à limiter le droit à manifester dans le cadre des nouvelles mesures – entraînant l’opposition de certains ministres issus de la formation centriste Kakhol lavan.

Au cours de la rencontre de mardi, Netanyahu et Deri ont demandé qu’il y ait qu’une seule norme à respecter pour tous les rassemblements – notamment pour les manifestations et les prières dans les synagogues pendant Yom Kippour. S’il n’y a pas parité dans les règles, ont averti les deux hommes, les Israéliens religieux refuseront de se soumettre à ces dernières.

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn s’est opposé à la proposition, disant qu’il fallait prendre en charge chaque regroupement de manière distincte.

Des Juifs ultra-orthodoxes achètent les « quatre épices » à Modiin Illit, avant la fête juive de Souccot, le 22 septembre 2020 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Sous les restrictions actuelles, les services de prière peuvent avoir lieu en espace clos mais le nombre de personnes autorisées est limité en fonction de la taille de la synagogue et des taux d’infections locaux. Les synagogues doivent offrir quatre mètre-carrés à chaque fidèle – cette règle prenant le pas sur toutes les autres.

Au cours de la réunion consacrée au coronavirus, mardi – qui regroupe un panel de plusieurs ministres chargés de formuler une politique de lutte contre l’épidémie de coronavirus – Gamzu a suggéré l’interdiction de tous les services de prière en espace clos. Deri a averti, en réponse, que la communauté ultra-orthodoxe était « prête à se révolter » face à l’inégalité perçue dans les restrictions relatives au confinement.

Les responsables du ministère de la Santé ont recommandé de renforcer le bouclage du pays et les ministres ont débattu de l’éventuelle imposition immédiate de limitations supplémentaires, certains préférant attendre la semaine prochaine pour attendre de pouvoir tirer les premières leçons de l’impact réel du confinement dans la lutte contre la maladie.

Selon les règles de bouclage actuelles, les citoyens ont l’interdiction de se déplacer à plus d’un kilomètre de leurs habitations – même si les exceptions à cette obligation sont nombreuses.

Les ministres ont aussi évoqué la possibilité de limiter la main-d’oeuvre, dans les entreprises privées, à 50 % et tout en permettant au secteur public de fonctionner conformément au protocole d’urgence.

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