COVID-19: Des LED moins chères peuvent désinfecter les surfaces – chercheurs
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COVID-19: Des LED moins chères peuvent désinfecter les surfaces – chercheurs

Une équipe de l'université de Tel Aviv travaille sur des surfaces auto-nettoyantes, notamment sur un clavier d'ordinateur qui tue les germes quand le capot est fermé

La technologie de désinfection aux ultra-violets utilisée pour nettoyer un laboratoire. (Crédit : LeafenLin via iStock by Getty Images)
La technologie de désinfection aux ultra-violets utilisée pour nettoyer un laboratoire. (Crédit : LeafenLin via iStock by Getty Images)

Les chercheurs israéliens ont trouvé un moyen de diminuer de manière significative les coûts des rayons ultra-violets qui tuent la COVID-19. Ils travaillent actuellement à élaborer des surfaces intégrées auto-nettoyantes.

« Nous avons découvert qu’il est plus facile que ce que nous imaginions de prime abord de désinfecter les surfaces du coronavirus en utilisant les rayons ultra-violets, et nous travaillons d’ores et déjà sur des applications découlant des conclusions que nous avons pu tirer », commente Hadas Mamane, qui dirige le programme de génie environnemental de l’université de Tel Aviv, au Times of Israel.

Alors que le monde lutte pour désinfecter les surfaces et les endroits publics, l’intérêt pour les rayons ultra-violets – qui sont utilisés depuis longtemps pour combattre les bactéries et les virus – est croissant. Ils ne sont pas encore largement utilisés dans la lutte contre la COVID-19 mais ils ont été déployés, notamment dans les transports, par le biais de robots qui émettent de la lumière.

Pour sa part, l’équipe de Mamane a fait une avancée qui, espère-t-elle, permettra d’accélérer ses études, en trouvant que l’effet recherché pouvait être obtenu par des LED présentant une longueur d’onde plus élevée – ou « moins énergétique » – qu’elle n’avait initialement présumé.

Un petit garçon portant le masque passe en vélo près d’un employé désinfectant un banc pendant un confinement national pour lutter contre la propagation du coronavirus à Madrid, le 28 avril 2020. (Crédit : Gabriel BOUYS/AFP)

Les recherches de l’équipe ont été publiées dans le Journal of Photochemistry and Photobiology B: Biology, qui est pair-reviewed. La principale conclusion est que les ampoules LED émettant une longueur d’onde de 285 nanomètres sont presque aussi efficaces en termes de désinfection que celle montrant une longueur d’onde de 265 nanomètres. Il faut moins de trente secondes pour détruire alors plus de 99,9 % du coronavirus.

Un résultat significatif dans la mesure où le coût des ampoules LED de 285 nanomètres est 30 % moins cher que celles de 265 nanomètres, note Mamane. Elle prédit que le nettoyage ultra-violet deviendra ainsi plus commun dans les systèmes de ventilation et dans les climatisations et qu’il pourra donc être une solution largement utilisée dans les transports publics, entre autres usages.

Hadas Mamane, à la tête du programme de génie environnemental de l’université de Tel Aviv. (Autorisation : Université de Tel Aviv)

« Il y a des applications sur lesquelles nous travaillons nous-mêmes et dont nous espérons qu’elles apporteront une contribution à la lutte contre la COVID-19 », ajoute-t-elle.

« Nous développons des surfaces avec des LED intégrées, d’une manière qui permet à la lumière de briller et à la désinfection d’avoir lieu même quand elles ne sont pas utilisées », poursuit-elle, donnant l’exemple d’un clavier d’ordinateur nettoyé à l’aide de rayons ultra-violets quand le capot de l’ordinateur est fermé.

Ces LED – si elles sont moins puissantes que celles actuellement utilisées pour la désinfection – pourraient être dangereuses pour les êtres humains et elles ne doivent donc être activées que lorsque ces derniers se trouvent à distance de la surface à désinfecter, souligne-t-elle.

Mamane explique que « le fait que les UV tuent le virus n’est pas une nouveauté, c’est bien connu. Mais ce que nous avons fait, c’est la toute première étude consacrée à la longueur d’onde nécessaire, aussi connue sous le nom de fréquence, pour contrôler exactement le niveau d’énergie requis pour tuer le coronavirus. Nous espérons que notre conclusion – qui est que des ampoules LED moins énergétiques que ce qu’on pouvait initialement penser peuvent aussi tuer le virus – permettra de déployer davantage l’usage de cette technologie ».

Les rayons ultra-violets administrés « à l’intérieur du corps » avaient été évoqués par le président américain Donald Trump au mois d’avril pour guérir le coronavirus, une déclaration restée célèbre.

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