Rechercher

COVID-19 : Deux anticorps identifiés pourraient combattre toutes les souches connues

Des chercheurs israéliens ont trouvé des anticorps si puissants qu'ils pourraient éliminer la nécessité de procéder à l'administration des vaccins de rappel

Photo d'illustration : Une femme reçoit un traitement par injection d'anticorps au Upper Tanana Health Center, à Tok, en Alaska, le 22 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Rick Bowmer)
Photo d'illustration : Une femme reçoit un traitement par injection d'anticorps au Upper Tanana Health Center, à Tok, en Alaska, le 22 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Rick Bowmer)

Des scientifiques israéliens ont indiqué avoir identifié des anticorps si puissants dans leur capacité de neutraliser le coronavirus qu’ils pourraient éliminer la nécessité de l’injection de vaccins de rappel.

Une équipe de chercheurs de l’université de Tel Aviv a étudié de nombreux anticorps et elle en a trouvé deux, en particulier, qui sont en mesure de neutraliser toutes les sources connues du coronavirus – Delta et Omicron y-compris. Ces expériences ont eu lieu en laboratoire.

Des traitements basés sur des injections d’anticorps sont d’ores et déjà utilisés pour soigner certains malades atteints par le coronavirus et la docteure Natalia Freund, microbiologiste qui a dirigé cette nouvelle étude, a déclaré que les anticorps identifiés pourraient être utilisés pour des injections particulièrement efficaces.

Sur la base de leurs performances en laboratoire, ils pourraient offrir la protection supplémentaire qui est aujourd’hui apportée par les rappels de vaccin, a-t-elle ajouté, notant que cela pourrait rendre ces rappels non-nécessaires parmi les personnes déjà immunisées.

« L’infection à la COVID-19 peut entraîner une maladie grave et nous savons qu’apporter des anticorps dans les premiers jours qui suivent l’infection peut stopper la propagation du virus », a dit Freund.

« Il est donc possible qu’en utilisant un traitement par anticorps efficace, il ne soit plus nécessaire d’injecter des vaccins de rappel à la population toute entière à chaque fois qu’un variant fait son apparition », a-t-elle ajouté.

Selon Freund, au niveau technique, la raison de l’efficacité de ces deux anticorps semble être qu’ils se fixent plus que les autres sur une partie différente de la protéine Spike.

Photo d’illustration : une unité de prise en charge du coronavirus à l’hôpital Barzilai, à Ashkelon, en Israël, le 26 août 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

La dernière recherche de Freund, qui vient d’être acceptée par un comité de lecture et qui a été publiée dans le journal Communications Biology, provient d’une enquête qui a été menée dès le mois d’octobre 2020 dans son laboratoire.

Avec l’aide de deux doctorants, Michael Mor et Ruofan Lee, elle a séquencé tous les lymphocytes B du système immunitaire dans du sang prélevé chez des personnes qui avaient guéri de la souche originale de la COVID-19 en Israël et elle a isolé neuf anticorps qui avaient été produits par les patients.

Aujourd’hui, les deux meilleurs anticorps ont été testés contre de nombreux variants – et ils se sont avérés être efficaces.

« Selon nos conclusions, l’efficacité du premier anticorps, TAU-1109, dans la neutralisation du variant Omicron est de 92% et elle est de 90% dans la neutralisation du variant Delta », a-t-elle expliqué.

« Le deuxième anticorps, TAU-2310, neutralise le variant Omicron avec une efficacité de 84% et le variant Delta avec une efficacité de 97% », a-t-elle ajouté.

Ces anticorps s’appellent TAU parce qu’ils ont été identifiés à l’université de Tel Aviv.

Pour garantir que son travail en laboratoire a été effectué correctement, Freund a envoyé les anticorps à l’université de Californie San Diego pour examiner leurs performances face à des virus vivants dans des cultures en laboratoire, et à l’université Bar-Ilan en Galilée où ils ont également été examinés. Les deux institutions ont appuyé ses conclusions.

Natalia Freund de l’université de Tel Aviv. (Autorisation : université de Tel Aviv)

Freund a indiqué que les anticorps apportaient clairement une protection forte car ils empêchent l’infection tout de suite après une guérison – mais qu’ils perdent ensuite de leur puissance, ce qui réduit l’immunité. Selon elle, il est logique en conséquence d’investir dans des anticorps qui seraient artificiellement stimulés – et c’est très exactement ce qu’elle veut faire avec les anticorps qu’elle a pu identifier.

« Pour des raisons que nous ne comprenons pas encore clairement, le niveau des anticorps contre la COVID-19 décline de manière significative après trois mois », dit-elle. « C’est la raison pour laquelle nous voyons des personnes qui s’infectent encore et encore, même après avoir été vaccinées à trois reprises ».

« L’infection à la COVID-19 peut entraîner une maladie grave et nous savons qu’apporter des anticorps dans les premiers jours qui suivent l’infection peut stopper la propagation du virus. Il est donc possible qu’en utilisant un traitement aux anticorps efficace, il ne soit plus nécessaire de procéder à un vaccin de rappel auprès de la population toute entière, à chaque fois que se présente un nouveau variant ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...