COVID-19 : L’hôpital Hadassah dit être impliqué dans le vaccin russe
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COVID-19 : L’hôpital Hadassah dit être impliqué dans le vaccin russe

Le directeur-général de l'hôpital, Zeev Rotstein, dit que sa clinique à Moscou fait des essais qui "prendront du temps" ; Selon Poutine, le vaccin "a franchi toutes les étapes"

Le professeur Zeev Rotstein, directeur-général de l'hôpital Hadassah, pendant une conférence de presse, le 13 juin 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le professeur Zeev Rotstein, directeur-général de l'hôpital Hadassah, pendant une conférence de presse, le 13 juin 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le centre médical Hadassah, en Israël, est impliqué dans le développement d’un vaccin russe qui, selon Moscou, serait le premier dans le monde à fonctionner contre la COVID-19, selon le directeur-général de l’organisation Hadassah.

Dans un entretien accordé à la station Radio 103FM, le professeur Zeev Rotstein a déclaré que l’hôpital Hadassah de Skolkovo, à Moscou, avait été impliqué dans les essais de sûreté clinique du vaccin.

« Je vais vous dire un secret », a déclaré Rotstein. « L’hôpital Hadassah est impliqué dans la recherche clinique du nouveau vaccin russe. Cela se passe à Moscou, à Skolkovo, à l’hôpital Hadassah qui est là-bas. Avant tout, nous sommes en train de vérifier le degré de sûreté de ce vaccin et ça prendra du temps ».

Alors qu’il lui était demandé pourquoi les autorités russes avaient déclaré que le vaccin fonctionnait alors que les essais sont loin d’être terminés, Rotstein a expliqué que les essais de phase 3 se déroulaient « comme c’est l’usage dans le monde occidental », simultanément avec la finalisation du produit.

Il a noté qu’au-delà des essais, le vaccin avait aussi été administré à un nombre de patients limités via un protocole « d’usage compassionnel » – qui implique normalement des malades dans un état grave ou dont la vie est menacée, et qui reçoivent des traitements expérimentaux avant même que les essais n’aient été terminés. Il n’a pas explicité comment ce protocole pouvait s’appliquer à un vaccin.

« Nous travaillons à Moscou sous le nom de Hadassah mais comme Russes, pas comme Israéliens », a précisé Rotstein. « Ils font un bon boulot. Ils travaillent différemment de nous et nous nous adaptons à eux ».

Le président russe Vladimir Poutine à la résidence d’Etat de Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 11 août 2020 (Crédit : Alexey NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP)

Le président russe Vladimir Poutine avait annoncé lundi que son pays avait terminé ses travaux sur le développement d’un vaccin et qu’il l’avait même administré à l’une de ses filles.

Des responsables russes ont indiqué que la production à grande échelle du vaccin commencerait au mois de septembre et qu’une campagne de vaccination massive pourrait commencer dès octobre.

De nombreux scientifiques ont exprimé leur scepticisme, mettant en doute la décision d’enregistrer le vaccin avant la fin des essais de phase 3 qui durent normalement des mois et impliquent des milliers de personnes. Certains ont suggéré que les chercheurs pouvaient brûler les étapes et subir les pressions des autorités, désireuses d’obtenir un résultat à annoncer.

L’Organisation mondiale de la Santé a pour sa part déclaré que pour que le vaccin obtienne son sceau d’approbation, il faudrait un réexamen rigoureux des données en termes de sécurité.

« Nous sommes en contact étroit avec les autorités sanitaires russes et les discussions sont en cours sur une possible pré-qualification du vaccin par l’OMS », a commenté le porte-parole de cette agence des Nations unies, Tarik Jasarevic, à Genève.

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein pendant une conférence de presse, le 31 mai 2020 (Capture d’écran/Douzième chaîne)

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein a déclaré qu’Israël souhaitait pouvoir discuter avec la Russie au sujet du développement de ce vaccin prêt à l’emploi contre le coronavirus.

Edelstein a déclaré aux journalistes : « Nous avons d’ores et déjà organisé des discussions sur ce centre de recherche en Russie et sur le développement d’un vaccin. Si nous sommes convaincus que le produit est bon, alors nous tenterons d’entrer dans des négociations ».

Le ministère de la Santé de Moscou a expliqué que le vaccin était capable d’offrir une immunité contre la COVID-19 pour une période qui pourrait atteindre les deux ans.

« Je sais qu’il a prouvé son efficacité et qu’il fournit une immunité stable et je voudrais répéter encore une fois qu’il a réussi tous les tests nécessaires », a déclaré Poutine, soulignant que la vaccination serait effectuée sur le principe du volontariat.

« Nous devons être reconnaissants envers ceux qui ont permis cette première réalisation qui est très importante pour notre pays et pour le monde entier », a-t-il ajouté.

La Russie s’était lancée avec force dans la course au développement rapide d’un vaccin contre le coronavirus et avait dit, au début du mois, espérer pouvoir lancer une production de masse en quelques semaines et pouvoir fournir « plusieurs millions » de doses par mois d’ici l’année prochaine.

C’est le tout premier pays à enregistrer un vaccin contre le coronavirus.

Lorsque la pandémie avait frappé la Russie, Poutine avait ordonné aux responsables de l’Etat de raccourcir la période des essais cliniques pour de potentiels vaccins anti-COVID-19.

Devenir le premier pays dans le monde à développer un vaccin a été une affaire de prestige national pour le Kremlin, qui tente d’asseoir l’image de la Russie en tant que puissance mondiale. Les chaînes de télévision publiques et les autres médias ont fait l’éloge des scientifiques ayant travaillé sur le vaccin et ont présenté ce dernier en disant qu’il excitait l’envie des autres nations.

Les experts ont pour leur part averti qu’en cas de tests inappropriés et d’essais trop précipités, les vaccins pouvaient avoir des conséquences de nombreuses manières – qu’il s’agisse d’un impact négatif sur la santé ou de la création d’un faux sentiment de sécurité, jusqu’à la remise en cause de la confiance à porter aux vaccins.

L’AFP a contribué à cet article.

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