Covid-19: l’OMS réitère son opposition aux doses de rappel
Rechercher

Covid-19: l’OMS réitère son opposition aux doses de rappel

L'OMS a demandé une nouvelle fois que les fioles soient envoyées dans les pays pauvres qui n'ont pu immuniser qu'une infime partie de leur population

Une femme reçoit une troisième dose du vaccin contre le COVID-19, dans un centre de vaccination Meuhedet à Jérusalem, le 24 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Une femme reçoit une troisième dose du vaccin contre le COVID-19, dans un centre de vaccination Meuhedet à Jérusalem, le 24 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’OMS a demandé une nouvelle fois mercredi que les personnes vaccinées contre le Covid-19 ne reçoivent pas de doses de rappel afin que les fioles soient envoyées dans les pays pauvres qui n’ont pu immuniser qu’une infime partie de leur population.

« Pour l’instant, nous ne souhaitons pas voir une utilisation généralisée des doses de rappel pour les personnes en bonne santé qui sont entièrement vaccinées », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

« Je ne resterai pas silencieux lorsque les entreprises et les pays qui contrôlent l’approvisionnement mondial en vaccins pensent que les pauvres du monde doivent se contenter des restes », a-t-il lancé, irrité.

Début août, le patron de l’OMS avait voulu décréter un moratoire sur les doses de rappel jusqu’à fin septembre, mais plusieurs pays riches lui ont publiquement opposé une fin de non-recevoir et lancé leur campagne de rappel de vaccination, dite de troisième dose.

Mercredi, le Dr Tedros a malgré tout appelé « à une prolongation du moratoire au moins jusqu’à la fin de l’année 2021 pour permettre à chaque pays de vacciner au moins 40 % de sa population ».

Les Etats-Unis ont de nouveau rejeté mercredi l’appel de l’OMS, pointant la « responsabilité » de Joe Biden de « protéger la population des Etats-Unis » et pointant qu’il s’agissait d’une « fausse alternative ».

« Nous faisons les deux (lancer la campagne de rappel et livrer des doses aux pays pauvres, ndlr), nous pensons pouvoir faire les deux et nous continuerons de faire les deux », a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

L’OMS n’a de cesse de dénoncer les difficultés d’accès aux vaccins dans les pays pauvres.

« Les objectifs mondiaux de l’OMS restent d’aider chaque pays à vacciner au moins 10% de sa population d’ici la fin du mois, au moins 40% d’ici la fin de l’année et 70% de la population mondiale d’ici le milieu de l’année prochaine », a détaillé le Dr Tedros.

Il a également indiqué avoir participé à la dernière réunion des ministres de la Santé du G20 les 5 et 6 septembre à Rome: « Ils m’ont assuré qu’ils feraient tout pour apporter les vaccins nécessaires pour atteindre l’objectif de 40% à la fin de cette année. »

Le patron de l’OMS s’est par ailleurs dit « consterné » par les déclarations de l’industrie pharmaceutique qui a indiqué mardi que la production de vaccins contre le Covid serait bientôt plus que suffisante pour assurer la vaccination pour tous.

« En réalité, les fabricants ont depuis longtemps la capacité de vacciner non seulement leurs propres groupes prioritaires, mais de soutenir simultanément la vaccination de ces mêmes groupes dans tous les pays », a avancé le Dr Tedros.

« Nous avons les solutions pour arrêter la transmission (du virus) et sauver des vies. Mais ces solutions ne sont pas bien utilisées ni bien partagées », a-t-il insisté.

Il a déploré que les pays riches n’aient donné que 15% du milliard de doses promises. « Nous ne voulons plus de promesses. Nous voulons juste les vaccins! », a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...