COVID : Comment un appel à la prière a permis de sauver un Juif britannique
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COVID : Comment un appel à la prière a permis de sauver un Juif britannique

Eli Seliger, père de 7 enfants, a été hospitalisé au début de la pandémie ; une assistance permanente l'a aidé à se rétablir après un coma de deux mois

Eli Seliger regarde un bébé à Londres, en avril 2021. (Crédit : Avec l'aimable autorisation d'Eli Seliger/ via JTA)
Eli Seliger regarde un bébé à Londres, en avril 2021. (Crédit : Avec l'aimable autorisation d'Eli Seliger/ via JTA)

JTA – S’endormir un jour, et se réveiller soudainement dans un monde bouleversé par la COVID-19. Eli Seliger, Juif orthodoxe de Londres, père de sept enfants, en a fait l’étrange expérience.

En mars 2020, avant que la pandémie ne commence à prendre de l’ampleur au Royaume-Uni – où plus de 128 000 personnes sont mortes –, la maladie l’a plongé dans un coma de deux mois, dont il a failli ne pas sortir.

Quand il s’est réveillé deux mois plus tard, le 27 mai, Seliger ne pouvait plus bouger ses jambes. Il se souvient avoir été « en souffrance, épuisé et aussi effrayé », d’apprendre que le monde était en train de se remodeler radicalement autour du virus qui l’avait touché.

« Les gens portaient des masques, les gens étaient isolés. Ma famille ne pouvait pas me voir, le monde était méconnaissable », a déclaré Seliger, 54 ans, qui dirige la branche britannique de l’organisation caritative Zichron Menachem, qui vient en aide aux enfants atteints de cancer.

Mais il avait des problèmes plus immédiats à régler que de comprendre comment la pandémie avait changé le monde. Seliger a parcouru un long chemin pour se remettre des nombreuses complications qui ont failli le tuer.

Il a survécu à une pneumonie, une insuffisance rénale et un trouble nerveux pendant son coma, et a également perdu 20 kilos. Seliger a été le premier adulte du pays à recevoir un diagnostic d’EMAD, une inflammation cérébrale similaire à la sclérose en plaques qui touche généralement les enfants.

Seliger a déclaré avoir été motivé à persévérer dans un processus de réhabilitation épuisant de 14 semaines de séances de thérapie physique pour trois raisons : le mariage imminent de sa fille, auquel il s’était juré d’assister ; les expressions de soutien de sa communauté élargie ; et la trajectoire de la pandémie.

Illustration : Un homme juif se promenant dans le quartier de Golders Green à Londres, qui abrite une importante population juive, le 23 septembre 2015. (Crédit : Tony Margiocchi/Barcroft Media via Getty Images)

« Le simple fait d’apprendre ce qui s’était passé m’a empli de détermination pour un retour à la normale », a-t-il déclaré.

Seliger, originaire d’Afrique du Sud et vivant au Royaume-Uni depuis 1987, a rejeté les conseils de ses physiothérapeutes qui lui ont conseillé d’installer des rampes et d’autres aides à son domicile pour alléger l’effort requis par des activités telles que monter les escaliers ou se tenir debout dans la douche.

« Dès que l’on prend ce genre de précautions, il est plus difficile de revenir à la normale », a-t-il déclaré.

Le fait d’entendre ce qui s’est passé m’a empli de détermination pour un retour à la normale

De plus, Seliger avait un calendrier serré pour guérir. Il s’était juré, non seulement d’assister au mariage de sa fille Sally en août, mais aussi de l’accompagner jusqu’à la houppa.

« J’ai eu besoin d’une canne, mais je l’ai accompagnée », a-t-il déclaré.

L’histoire de Seliger a fait les gros titres des médias britanniques quand il est sorti du coma – notamment dans le Sun, l’un des plus grands tabloïds du pays.

Il pense qu’il ne serait pas en vie aujourd’hui sans la prière.

Seliger n’aurait probablement pas été hospitalisé à temps pour lui permettre de survivre si son fils de 12 ans, Yonah, n’avait pas demandé à ses amis et à ses proches de prier pour la santé de son père. Avant d’être transporté d’urgence à l’hôpital, Seliger souffrait de toux depuis environ une semaine.

« J’ai dit à mon fils Yonah en passant, pas très sérieusement, qu’il devrait peut-être réciter des psaumes pour que je guérisse », a-t-il déclaré.

Yonah a pris la demande au sérieux et a envoyé un SMS demandant des prières pour son père. L’un des destinataires, un parent éloigné, s’est rendu tard dans la nuit chez les Seliger pour prendre de ses nouvelles, alors qu’il ne respirait plus correctement et que sa saturation en oxygène était de 88 %, soit sept points de moins que la normale. Alarmé, le visiteur a fait en sorte que Seliger soit immédiatement hospitalisé.

L’état de Seliger s’est détérioré rapidement quelques heures plus tard. Les médecins l’ont alors plongé dans un coma artificiel.

L’appel de Yonah pour que les gens récitent des Tehillim pour moi m’a, avant tout, sauvé la vie

« L’appel de Yonah pour que les gens disent des Tehillim pour moi m’a, avant tout, sauvé la vie », a déclaré Seliger.

Mais Seliger doit aussi la vie à la foi d’une autre manière, dit-il.

« Elle m’a donné la force de continuer, elle a donné à ma famille la force de continuer à espérer et m’a renforcé de cette façon », a-t-il dit.

Il n’est pas le seul à être de cet avis.

Si beaucoup a été écrit sur la façon dont les communautés juives orthodoxes ont été particulièrement vulnérables face à la COVID-19 – en raison de contacts sociaux étroits et de larges familles –, « on oublie souvent que ces mêmes caractéristiques ont également été des forces, sauvant des vies par une intervention directe, et donnant aux patients, indirectement, la force de s’en sortir, en leur donnant le sentiment d’être soutenus », a déclaré Shneor Glitsenstein, un rabbin Habad de Golders Green, le quartier londonien fortement orthodoxe de Seliger, qui a suivi son rétablissement.

Illustration : Des femmes juives à Golders Green, à Londres. (Crédit : CC BY/Satguru via Flickr.com)

Alors que Seliger se trouvait dans le coma, les membres de sa communauté locale ont mis en place des groupes de prière pour lui à chaque heure de la journée. L’un de ces marathons de prière a duré 36 heures, alors que la femme de Seliger, Leah, venait d’être avertie qu’il pouvait bientôt mourir.

« C’est ce sentiment de sécurité, le fait de savoir que votre communauté vous soutient, que quelqu’un vous livrera de la nourriture casher, que quelqu’un prendra soin de vous, qui donne aux gens un sens à leur vie dans les situations les plus difficiles », a déclaré Glitsenstein, qui a également prié pour Seliger. « C’est une étreinte spirituelle qu’il est difficile d’expliquer avec des mots, mais qui a un impact spectaculaire sur la santé. »

Le Board of Deputies of British Jew a enregistré au moins 900 funérailles de victimes juives du coronavirus, mais le nombre total de victimes juives se compte en milliers. Les Juifs, qui sont environ 250 000 au Royaume-Uni, ont d’abord été surreprésentés en termes de décès, mais leur part semble s’être équilibrée à mesure que la pandémie se propageait dans la société britannique.

Les voisins du quartier fortement juif, où Seliger vit avec sa famille, n’ont pas eu besoin des médias pour être informés de son rétablissement. Ils recevaient des nouvelles quotidiennes par le biais de messages sur leur téléphone portable, a déclaré M. Glitsenstein, qui vit également près des Seliger.

« Le jour de son retour, c’était la fête. Les gens l’attendaient dans la rue », a déclaré Glitsenstein. « Tout comme ils lui avaient donné, à lui et à sa famille, la force de continuer, son retour leur a redonné cette force. »

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