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COVID et maladie psychiatrique : la double peine en termes de risque – Étude

Une vaste étude offre une image sombre du danger accru encouru pour les adultes ayant des antécédents psychiques ayant nécessité une hospitalisation

Photo d'illustration : Un hôpital psychiatrique en France pendant la pandémie. (Crédit : AP Photo/ Thibault Camus)
Photo d'illustration : Un hôpital psychiatrique en France pendant la pandémie. (Crédit : AP Photo/ Thibault Camus)

Les adultes présentant de graves antécédents en termes de maladie psychique risquent deux fois plus de mourir de la COVID-19 que les autres s’ils sont contaminés par le coronavirus, selon la plus importante étude consacrée à l’analyse du rapport entre le virus et la psychiatrie. Cette étude a été menée en Israël.

Cette recherche qui vient tout juste d’être publiée dans le journal à comité de lecture Molecular Psychology s’est basée sur les dossiers médicaux anonymisés de 125 273 Israéliens âgés de plus de 18 ans, qui ont en commun d’avoir été hospitalisés dans une unité psychiatrique.

Des années après leur hospitalisation, ils risquent encore plus que les autres de subir des conséquences graves du coronavirus, indique l’étude.

Ils ont deux fois plus de risque de décéder des suites de la maladie et le risque d’hospitalisation est également, pour eux, multiplié par deux.

« Cette étude a des implications graves en matière de sécurité publique, et elle montre que les médecins doivent accorder une attention toute particulière aux personnes ayant des antécédents psychiatriques lorsqu’elles sont testées positives », commente auprès du Times of Israel le professeur Mark Weiser, directeur de la division psychiatrique à l’hôpital Sheba, qui a dirigé les recherches pour l’étude.

Aucun autre pays n’a fait d’étude nationale examinant la COVID au regard du cas très précis des personnes ayant été atteintes par des maladies psychiques.

Photo d’illustration. Une psychiatre rencontre un malade pendant la pandémie. (Crédit : iStock via Getty Images)

Weiser a déclaré que les résultats concernaient toutefois les populations du monde entier et qu’ils mettaient en exergue la nécessité, pour les autorités, de réduire l’impact du virus sur ce groupe très particulier d’individus.

Il pense que ce risque accru est entraîné en partie par des facteurs qui, en termes de mode de vie, accompagnent souvent des antécédents psychiatriques – obésité, tabac, incapacité à se faire suivre au niveau médical ou absence d’activité physique, entre autres.

Le docteur Mark Weiser, professeur de psychiatrie à l’école Sackler de médecine de Tel Aviv et chef du service psychiatrie à l’hôpital Sheba. (Autorisation)

Mais des facteurs spécifiques liés à la COVID-19 tiennent aussi un rôle, souligne-t-il. Le taux de vaccination chez les Israéliens présentant des antécédents psychiatriques graves est de 25 % inférieur à celui de la population israélienne en général.

« Nos conclusions suggèrent qu’il faut que des mesures de santé publiques spéciales soient mises en place pour entrer en contact avec ces patients et les faire vacciner, un grand nombre d’entre eux ne venant pas se faire immuniser d’eux-mêmes », ajoute-t-il.

Weiser et ses collègues ont écrit dans l’étude que « des efforts de sensibilisation doivent être réalisés en matière de vaccination en direction des individus présentant des antécédents d’hospitalisation pour un trouble psychiatrique, et en particulier en direction des hommes âgés souffrant de schizophrénie, une catégorie peu susceptible de se faire vacciner qui présente néanmoins un risque élevé de mortalité. »

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