COVID : l’avancée de Pfizer est de bon augure pour le vaccin israélien – Experts
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COVID : l’avancée de Pfizer est de bon augure pour le vaccin israélien – Experts

Les virologues israéliens sont encouragés par le fait que l'expérimentation américaine utilise une technologie similaire à la leur, ciblant la même protéine

Une technicienne de laboratoire traite des échantillons sanguins dans la recherche de vaccins contre la COVID-19 à Miami, en Floride, le 2 septembre 2020. (Crédit : AP/Taimy Alvarez)
Une technicienne de laboratoire traite des échantillons sanguins dans la recherche de vaccins contre la COVID-19 à Miami, en Floride, le 2 septembre 2020. (Crédit : AP/Taimy Alvarez)

L’excitation suscitée par les résultats du test du vaccin de Pfizer entraîne également des espoirs particuliers du côté du vaccin israélien, ces deux modes d’immunisation ciblant la même protéine dans le SARS-CoV-2.

Pfizer a annoncé, lundi, que d’après ses premières conclusions, les injections pourraient être à 90 % efficaces pour prévenir la COVID-19, citant des analyses intermédiaires livrées par un bureau de contrôle indépendant.

Pour leur part, les essais pour le tout premier vaccin israélien, qui a été développé par un institut de l’État, sont tout juste en cours, les premiers patients ayant reçu une injection la semaine dernière. Les experts disent que comme un grand nombre des vaccins qui ont été développés – et notamment celui de Pfizer – les travaux israéliens visent, eux aussi, la protéine spicule.

« Cela nous donne des raisons d’être optimistes pour le vaccin israélien », explique Ran Taube, virologue à l’université Ben-Gurion du Néguev, au Times of Israel. « Cela nous indique que nous avons adopté la bonne approche ».

Cyrille Cohen, immunologiste à l’université Bar-Ilan et membre de la commission de conseil qui, au sein du ministère de la Santé, est chargée du coronavirus, déclare pour sa part que « c’est un vote de confiance en faveur du vaccin israélien. Et c’est une bonne nouvelle dans la mesure où le vaccin développé par Moderna, qu’Israël est bien placé pour recevoir et qui est aussi au milieu de sa phase d’essai, prend pour cible la même protéine ».

Le siège de Pfizer Inc. à New York City, le 22 juillet 2020. (Crédit : Jeenah Moon / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

« Il y a des manières différentes d’exposer nos défenses à la protéine spicule, qui est considérée comme le principal antigène, et nous les explorons. Je suis encouragé par ces résultats parce qu’ils impliquent que nous pourrons, de toute évidence, mettre au point un vaccin sûr et efficace », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé, au mois de mai, que l’État juif avait signé un accord avec Moderna pour son vaccin, et les responsables ont confirmé lundi qu’Israël était également en pourparlers avec Pfizer pour acquérir le vaccin qu’il développe actuellement avec son partenaire allemand BioNTech.

Netanyahu a salué les résultats prometteurs de Pfizer en évoquant « un développement important ! ».

« Je travaille avec beaucoup d’enthousiasme avec les dirigeants du monde entier pour amener ce vaccin en Israël », a-t-il écrit sur Facebook. « Je vois enfin la lumière au bout du tunnel. Et ce n’est pas quelque chose qui arrivera d’ici des années mais plutôt d’ici quelques mois ».

L’annonce faite lundi par Pfizer ne signifie pas pour autant qu’un vaccin est imminent : l’analyse intermédiaire, réalisée par un bureau de contrôle de données indépendant, s’est penchée sur 94 infections confirmées dans une étude qui a porté sur 44 000 personnes aux Etats-Unis et dans cinq autres pays.

Hala Litwin, infirmière du centre médical de Sheba, injecte un vaccin expérimental contre le coronavirus au premier sujet humain testé en Israël, Segev Harel, le 1er novembre 2020. (Crédit :Ministère de la Défense)

Les autorités ont souligné qu’il était improbable qu’un vaccin soit disponible avant la fin de l’année, disant également que son approvisionnement initial sera limité.

Les essais réalisés par Pfizer et BioNTech font partie des essais en cours et à un stade avancé de dix vaccins candidats dans le monde entier – quatre d’entre eux font l’objet d’importantes études aux Etats-Unis.

Les experts israéliens qui se sont entretenus avec le Times of Israel ont souligné que si les vaccins avaient en commun la même cible – la protéine spicule – les technologies exactes qu’ils utilisaient variaient et que leur réussite ne pourrait pas être déterminée par le succès de Pfizer – dont l’information est encore préliminaire.

Le vaccin Pfizer injecte le codage d’information génétique de la protéine. Celui développé en Israël, pour sa part, se base sur le virus de la stomatite vésiculaire (VSV), un arbovirus qui se transmet aux animaux et qui a déjà été utilisé dans un vaccin anti-Ebola qui a récemment été rendu public.

Il vise à altérer la composition protéinique du VSV, en remplaçant la glycoprotéine du VSV par la protéine spicule du SARS-CoV-2.

« C’est important de comprendre que l’approche adoptée par le vaccin israélien est différente de celle de Pfizer, mais cela donne toutefois des raisons d’être optimiste », a dit Taube.

L’AFP a contribué à cet article.

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