Une survivante de la Shoah regrette une année « volée » par la Covid
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Une survivante de la Shoah regrette une année « volée » par la Covid

"J'ai perdu mon enfance, je n'ai jamais vécu mon adolescence", écrit Toby Levy, 87 ans. "Et maintenant, à mon grand âge, ma vie se trouve raccourcie d'un an"

Capture d'écran de la survivante de la Shoah et éducatrice Toby Levy  (Crédit : YouTube)
Capture d'écran de la survivante de la Shoah et éducatrice Toby Levy (Crédit : YouTube)

JTA — Quand la pandémie de coronavirus a frappé les Etats-Unis, Toby Levy a pensé : « Je suis une miraculée. Je m’en sortirai. Je dois m’en sortir ».

Parce que Levy, comme elle l’explique dans une Opinion publiée dimanche dans le New York Times, est une survivante de la Shoah aujourd’hui âgée de 87 ans. Originaire d’une région située dans ce qui était la Pologne – et qui se trouve dorénavant sur le territoire de l’Ukraine – elle avait survécu au génocide en se cachant dans une cave, puis dans une grange de moins de quatre mètres-carrés pendant la guerre.

« Pendant la guerre, nous ignorions si nous serions encore en vie à la fin de la journée. Je n’avais aucune liberté. Je ne pouvais pas parler à voix forte, je ne pouvais pas rire, je ne pouvais pas pleurer », écrit Levy.

« Je ressens en moi ce qui est ma liberté. Je reste à la fenêtre, je regarde dehors. La toute première chose que je fais, le matin, c’est de regarder dehors et d’observer le monde. Je suis en vie. J’ai de quoi me nourrir, je sors, je vais me promener. Je vais faire des courses. Et je me rappelle d’une chose : personne ne veut me tuer. Je lis. Je cuisine un petit peu. Je fais quelques achats. J’ai appris à me servir d’un ordinateur. Je fais des puzzles ».

Et pourtant, la pandémie de coronavirus s’est abattue, la privant de moments précieux à vivre au crépuscule de son existence.

« J’ai le sentiment, parfois, de passer à côté », continue-t-elle. « Une année entière vient de s’écouler. J’ai perdu mon enfance, je n’ai jamais vécu mon adolescence. Et aujourd’hui, à mon grand âge, ma vie se trouve raccourcie d’un an. Je n’ai pas tant d’années à vivre encore ».

« La manière dont nous avons vécu cette année a signifié que j’ai perdu de nombreuses opportunités d’enseigner, de raconter aux gens l’histoire qui a été la mienne, de les laisser voir qui je suis en réalisant que la Shoah a vraiment touché une personne réelle qui se tient face à eux. Et c’est important », note-t-elle.

Levy, comptable à la retraite, est éducatrice bénévole au Musée du patrimoine juif.

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